Le temps de rêver est bien court – Bertrand Longuespé

Ce livre, je l’ai choisi, comme quelques autres, dans une longue liste d’ouvrages proposés dans le cadre du Masse Critique de Babelio. Après tirage au sort, c’est celui-là que j’ai reçu chez moi, peut-être pas mon premier choix, mais un beau roman, ça c’est sûr…

Résumé : Appelé pendant la guerre d’Algérie, Edgar Grion y fait son service comme sous-lieutenant. Lors de ses permissions, il se lie d’amitié avec la famille Lénan, des propriétaires terriens du sud d’Alger dont il partage le quotidien, mais pas les opinions. Membre du Parti communiste, il essaye tant bien que mal de garder sa liberté de jugement et d’action dans ce conflit où le manichéisme fait loi.
Libéré de l’armée, il rentre chez lui, en Bretagne, où il renoue avec sa sœur aînée, qui porte la honte d’une famille ayant collaboré avec les Allemands. Alors que l’Algérie brûle et que les Lénan sont pris dans l’engrenage de la violence, Edgar réalise qu’il aime leur fille Fanny, qu’il a connue encore adolescente. Il décide de repartir à Alger, sans savoir que les autorités militaires sont à sa recherche.
Un roman sur cette énigme qu’est « la prise de possession de l’homme par l’histoire », où l’on croise Germaine Tillion et Mouloud Feraoun et où la guerre d’Algérie ramène par des chemins inattendus à des chapitres oubliés de la seconde guerre mondial (Babelio)
Mon avis : J’ai aimé le ton juste, un certain recul face au conflit où il n’y a ni bons ni méchants, juste la violence, la cruauté parfois, dans les deux camps.
Edgar arrive de la métropole et dans le conflit naissant, on le sent pencher vers les Algériens. Cas de conscience face à ce que l’armée lui demande, exige de lui, partagé entre le refus des ordres qui signifierait une trahison ou obéir et fermer les yeux.
Au début, il ne comprend pas non plus la vision des colons, attachés à cette terre qu’ils ont fait leur mais peu à peu, à travers les relations d’amitié et d’amour qu’ils tissent avec la famille Lénan, sa position se fait moins tranchée…
Un beau roman, loin du manichéisme que l’on retrouve souvent lorsque il y a plongée dans un conflit. Il reflète bien ce tiraillement entre l’humanité, les valeurs et le sentiment de devoir et la spirale de violence et de loi du talion qui s’instaure dans ce genre de situation. Aucune leçon de morale, juste des hommes qui cherchent leur place et prennent position dans une situation d’extrême violence.
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