De la pudeur en amitié

C’est étrange. Avec mes amis belges, même ceux et celles que je connais depuis longtemps, il y a une certaine pudeur, une certaine retenue. Même si ça fait des années et des années que l’on se connaît, il y a des mots, des émotions qu’on ne dit pas (sauf dans les « grandes occasions »).

Et là où je me rends compte du contraste, c’est quand je pense à mes amis espagnols et portugais, rencontrés depuis 6 mois. Je pars pour une semaine de vacances, et à mon retour j’ai un message qui m’attend. Cuando vuelvas ? Te echamos de menos. (Tu rentres quand ? Tu nous manques). Pareil avec mon amie bilbayenne, rentrée en Espagne il y a quelques mois. Il n’est pas rare qu’elle termine ses mails d’un Te quiero ou Te echo de menos.

Alors, je sais, pour l’avoir vécu, que les liens qui se tissent quand on est à l’étranger, comme c’est leur cas, semblent parfois plus fort, mais est-ce juste cela ? Mes amis belges sont-ils plus réservés ? plus pudiques ? Est-ce un trait personnel ou culturel ? La réponse doit tenir à un mélange de tout ça (et peut-être plus encore).

Et vous ? ça se passe comment avec vos amis ? Grandes démonstrations ou voile de pudeur ?

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11 thoughts on “De la pudeur en amitié

  1. Je pense que c’est culturel! Pour être des deux côtés (espagnol-belge), je peux être spectateur et acteur et en ce qui me concerne, par exemple, j’ai, pas mal cette réserve (mais moins que les vrais Belges) dont tu parles parce que j’ai grandi ici mais j’ai soif d’être avec les gens de ces cultures où on ose plus exprimer son ressenti.

    • Oui, oui, j’ai bien compris ! C’est vrai que quand on se retrouve un peu au milieu des deux, on ne sait pas toujours non plus sur quel pied danser. Si j’ai parfois envie d’importer certaines habitudes que j’ai avec mes amis espagnols aux amis belges, j’ai toujours peur que ce soit mal pris. C’est pas évident avec tout le monde, j’ai des amis qui ne supportent pas le moindre contact physique.

  2. D’accord avec Lialia, c’est culturel. Moi qui suis française, je garde pas mal cette réserve, autant en amitié qu’en amour d’ailleurs. Je crois qu’on a perdu le truc pour dire aux gens qu’on les aime et qu’ils comptent pour nous. Cela dit, on leur montre autrement que par les mots, ça compte aussi au final !

    • Oui, bien sûr que les actes et les gestes du quotidien compte aussi, voire plus. Les mots, c’est parfois facile ou vide de sens. Mais le fait de ne pas y être si habituée, ça touche aussi et puis, ça surprend un peu…

  3. Je dirais culturel également mais ça dépend des régions et de l’éducation que l’on a reçu, donc à la culture j’y ajouterais peut être les valeurs. Je suis de sud de la France et chez moi il n’est pas rare qu’entre amis on se dise ce que l’on pense vraiment, que l’on se prenne dans les bras, que l’on se dise je t’aime. Et puis je pense que c’est aussi la personne que l’on a face à nous, j’ai une amie belge donc je sais très bien de quoi tu parles concernant la retenue et la pudeur mais quand je la prend dans mes bras pour lui dire qu’elle va me manquait ou qu’elle m’a manquait et que je l’aime comme ma petite soeur elle ne peut s’empêcher de venir dans mon sens et elle s’extériorise elle aussi, certes, beaucoup moins que moi mais elle le fait. Je sais que les mots viendront toujours de ma part en première mais parfois elle me surprend, elle prend un air détaché, beaucoup de temps entre chaque mots pour voir ma réaction et m’exclame ses sentiments, comme par exemple que je fais partie de sa famille, que je suis sa soeur ou qu’elle pense souvent à moi. Dans ces moments là, elle lance toujours la phrase comme si on demandait le sel à table, sans sourire, sans expressions sur le visage, il n’y a que ses yeux qui parles. Mais ça a son charme 🙂

    Je pense que ce n’est pas qu’une question de culture, même si ça y fait beaucoup. Si tu surprends tes amis, que tu enlèves toi même cette barrière tu leur donne la possibilité de s’exprimer sans pudeur, sans avoir peur de paraitre idiots s’ils t’expriment leur joie d’être avec toi, de te connaitre ou de simplement t’avoir comme amie. 🙂

    • Oui, si il y a sans doute une bonne part qui est dû à la culture, après, comme tu le dis, ça dépend aussi de l’éducation, du caractère et de la personne qu’on a en face de soi ! C’est vrai que je ne suis pas non plus de celle qui fera le premier pas, c’est pas toujours évident de sentir quand, avec qui ce sera bien accueilli, bien compris et quand ça risque de devenir un moment de gêne.
      En tout cas, très jolie et très juste conclusion… Il ne me reste plus qu’à faire quelques efforts ! 😉

  4. Je pense que tes amis belges se sont habitués à toi. Tandis que tes amis espagnols profitent à fond de ces quelques jours que tu leur offres de temps en temps… Et comme le dis Heidi, il faut qu’un malheur s’abatte pour que les gens s’expriment…

    • Peut-être… Maintenant, plus récemment, j’ai quelques amis portugais et espagnols à Bruxelles, qui sont là pour un certain temps sans savoir vraiment jusque quand, et je ne pense pas qu’il s’agisse juste d’un « profitons-en tant qu’on est là »…

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