Malaise familial

Je vous en avais vaguement parlé à travers ce post-là, mais depuis quelques mois, l’une de mes sœurs a rompu tout contact avec mes grand-parents suite à un épisode traumatisant vécu lorsqu’elle était enfant et qu’ils nient totalement aujourd’hui, et ma mère est très en froid avec eux suite à cette histoire. Tant qu’ils ne répondent pas à ses questions, tant qu’ils ne veulent pas reconnaître les faits, elle ne veut pas entendre parler d’eux.

Bref. Moi et mes deux autres sœurs, ça nous met donc dans une position un peu délicate. Au début d’ailleurs, mes grand-parents m’appelaient, moi, me faisant croire qu’ils savaient quelque chose, pour prendre des nouvelles de mes sœurs, vu que ma mère ne racontait plus rien. Ma mère leur a alors mis les points sur les i, et depuis, si ils m’appellent encore, ils posent moins de questions sur mes sœurs.

Si l’envie d’en parler un peu me trotte dans la tête depuis lors, le besoin de coucher ça par écrit m’est venu suite au coup de fil de lundi. Un message de mon grand-père sur mon répondeur. Où il disait ne pas aller bien du tout. Et là, tu te sens tiraillée. Entre une certaine loyauté due à ma sœur et rage quand même aussi par rapport à ce qu’ils lui ont fait ou du moins laisser faire, et la relation que je peux avoir avec mes grand-parents. En tant qu’aînée de leurs petits-enfants, il faut bien avouer que j’ai quand même bénéficié d’un léger traitement de faveur par rapport à mes sœurs. Par rapport à mes cousins, je ne pense pas, je crois même que ce serait plutôt l’inverse.

Et puis, comme dirait mon autre sœur, à nous, ils ne nous ont rien fait et ils ne seront pas là éternellement… Et j’avoue que cette petite phrase m’a trotté dans la tête après le coup de fil du lundi. Même si je sais qu’avec mon grand-père hypocondriaque, je ne l’entendrais jamais dire qu’il va bien. Jamais. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas et c’est saoulant à la longue de l’entendre toujours se plaindre de quelque chose (surtout qu’il passe ses journées dans le fauteuil sans bouger et que ma grand-mère courre dans tous les sens toute la journée).

Bref, un mélange de culpabilité, diffus, entre les deux parties au conflit. Une situation pour le moins inconfortable, coincée entre les deux et une difficulté à trancher. Ma sœur, elle, semble savoir quelle position adopter et veut passer les voir à Noël, ce qu’elle fera seule ou éventuellement avec moi (j’ai encore le temps de me décider), car si la situation ne se règle pas, je doute que ma mère aille les voir à cette occasion.

Du côté de ma mère, si les relations avec ses parents ont toujours été teintées de l’inégalité de traitement entre elle et sa sœur, encore aujourd’hui d’ailleurs, là, le souvenir de ce traumatisme qui est remonté à la surface de la mémoire de ma sœur, a été la goutte qui a fait débordé le vase. Sans oublier leur réaction quand ma mère réclame des réponses qu’elle est en droit d’avoir et leur refus de répondre et de faire passer ma mère pour la mauvaise dans cette histoire.

Petite réflexion à part, quand je vois d’ailleurs comment elle réagit, comment elle est encore aujourd’hui touchée et blessée par tout ça, je me dis que mes parents ont quand même été formidables avec nous. Je crois que sur bien des points, nous n’aurions pu rêver de meilleurs parents. Même si ils ont leurs défauts et commis des erreurs peut-être.

Pour en revenir à mon grand-père, si son coup de fil de lundi m’avait inquiétée, celui du vendredi où il me disait que finalement tout allait bien m’a nettement soulagée. Et quand en plus ma mère me dit qu’il l’avait appelée ce même jour et qu’elle l’avait remballé en lui demandant à nouveau des réponses, qu’il n’a pas appelé mon autre sœur, il y a quand même de quoi se poser des questions sur cet appel.

Bref, je ne sais pas, je ne sais plus. Quoi faire, quoi dire, comment me positionner. Et rester en dehors, ça reste quand même difficile, à partir du moment où mes grand-parents ont l’air de ne plus s’intéresser non plus à ma sœur, à ne plus poser de questions à son sujet.

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4 thoughts on “Malaise familial

  1. les relations familiales sont je pense dans toutes les familles complexes, peut être à des niveaux différents.
    Ton choix t’appartient et nul n’a le droit de te juger. L’essentiel est que tu n’es pas de regret, des remords on en a tous.

  2. Pas facile quand on est entre deux feux de se positionner…
    D’après ce que tu écris, ça semble normal qu’ils ne demande plus de nouvelles de ta sœur, s’ils qe font rembarrer à chaque fois qu’ils posent la question !
    Après, c’est à toi de voir qu’elle relation tu veux avec eux. Tu n’as pas à te préoccuper des jugements des uns et des autres. Si toi tu les aimes et que tu t’es toujours bien entendue avec eux, pourquoi couper les ponts ?

  3. Je suis mal placée pour te conseiller suite aux derniers événements familiaux que j’ai vécu… Je comprends parfaitement ton tiraillement… Fais ce dont tu sembles juste. Ne prend pas le parti d’un tel pour faire plaisir.

  4. Ping : Le coup de fil du vendredi | Et cr0quer la vie...

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