[El camino] Villafranca Montes de Oca-Atapuerca

Troisième jour. Celui que je redoutais car la dernière fois, c’est le jour où j’ai craqué à l’arrivée. Et là, ce que je craignais le plus, c’était le temps. La pluie s’invitait dans la péninsule après plusieurs semaines de plein soleil. Bref, m’attendant à une dure journée, je ne suis pas partie seule ce jour-là, j’ai démarré avec Brigitte et Olivier et je ne les ai plus quittés.

Et ce fut, comme prévu, un vrai cauchemard. Il n’a presque pas cessé de pleuvoir. Au bout d’une heure et demie-deux heures, j’étais trempée malgré ma veste de pluie et très vite, l’eau s’est invitée dans mes chaussures aussi. Niveau étape, c’est dommage que le temps ne nous ait pas permis d’en profiter, car on changeait de décor. Au revoir les champs, place à la forêt. Niveau relief, une belle montée, répartie sur les trois premiers kilomètres, voilà la difficulté de la journée. Et le pire, c’est que le premier village, San Juan de Ortega, se trouvait à 13 kilomètres, rien, pas l’ombre d’un abri, d’un endroit où se réchauffer avant.

C’était tellement l’horreur que je fixais les pieds de Brigitte devant moi et c’est à peu près tout…

De temps en temps, la pluie nous laissait quelques minutes de répit, en s’arrêtant brièvement ou en diminuant d’intensité jusqu’à ne plus être qu’une fine bruine. Ces moments touchaient presque à l’euphorie, teintée de soulagement. C’est aussi ceux pendant lesquels Brigitte entonnait la chanson du chemin, que j’ai découvert ce jour-là. Et mine de rien, ça aide à avancer.

Je n’ai jamais autant savouré un cola-cao, à moins que ce ne fut  un cafe con leche, que celui que j’ai pris à San Juan de Ortega. Ce fut aussi l’occasion de mesurer les dégâts : après deux heures et demie de marche sous la pluie, j’étais trempée comme si j’avais pris une douche habillée. Mon petit sac avait complètement percé : ma credencial était à la limite de rendre l’âme et deux cachets avait disparu, la pochette de mon gsm, noyée, mais celui-ci était intact. Bref, j’ai placé tout ceci dans des petits sacs plastiques bien fermés avant de reprendre la route.

Quatre kilomètres plus loin, nous sommes arrivés à Agés et quatre kilomètres plus loin à Atapuerca. C’est là que je me suis arrêtée après avoir salué mes compagnons de la journée. Sans eux, j’aurais vraiment eu beaucoup de mal à supporter cette journée. Arrivée trop tôt, l’auberge n’ouvrant qu’à 13.00, je suis allée prendre un café au restaurant en face, histoire de m’abriter.

L’auberge, privée, et se trouvant juste sur le chemin était plutôt neuve et agréable. Mais la météo du jour l’a rendue un peu inhospitalière : humide et fraîche. Par contre, je n’ai jamais autant apprécié une bonne douche chaude que ce jour-là ! Une fois changée, j’ai entrepris de faire une petite lessive à la main (en plus d’être trempés, chaussettes et pantalon étaient légèrement maculés de boue) et de tout mettre au sèche-linge. Sans résultat. Mes vêtements, après une heure dans le tambour, sont sortis chauds mais humides.

Plus la journée avançait, plus je désespérais d’arriver à faire sécher mes vêtements et mes chaussures, pourtant bourrées de papier journal que j’ai renouvelé plusieurs fois, d’ici le lendemain. Et franchement, la seule idée de me remettre à marcher sous la pluie avec ma veste, mes vêtements et mes chaussures encore mouillés me donnait envie de pleurer…

En fin d’après-midi, une éclaircie (au figuré). À la boulangerie-café-épicerie du village, après quelques menus achats, j’ai pris un café avec Susannah. Qui, dans l’impossibilité de faire appel au service de transport de sac à dos (pour 5€, il est possible de faire transporter son sac à l’étape suivante en taxi), envisageait de sauter l’étape du lendemain et de prendre, à son tour, le taxi. Me voyant un peu dans un cul de sac, je me suis dit que je venais de trouver la solution à mon problème. Je saute une étape, prends une nuit d’hôtel, sèche mes affaires et passe enfin une bonne nuit de sommeil (sans ronflements et réveil intempestifs à 5h du matin), de quoi recharger les batteries et tenir jusqu’à la fin de la semaine ! D’autant plus que les prévisions météo s’amélioraient légèrement à partir du surlendemain seulement !

Rassérénée, je suis rentrée à l’auberge et suis allée souper au restaurant d’en face. Menu superbe : crème de poireaux et pommes de terre, poulet thaï et yaourt aux fraises. Top ! Une polonaise, installée à la même auberge, s’est jointe à moi vers la fin de mon souper et nous avons pris le temps de papoter. Et puis, au moment de payer, la mauvaise blague : pas de connexion pour le bancontact. Zéro. Gros problème vu que je n’avais plus assez de liquidité pour payer mon repas et le taxi du lendemain. Mais le patron (enfin, j’imagine) m’a proposé une solution : il m’a donné le numéro de compte en me demandant de simplement faire le versement une fois rentrée. Sans rien me demander de plus, pas de nom, d’adresse, rien. Cela fait partie des belles surprises du chemin !

De retour dans ma chambre, j’ai lu un peu et puis, zou, au dodo !

Ah, et vu le temps exécrable toute la journée, le bilan fut nul, zéro photos !

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