A Pilgrim Guide to the Camino de Santiago/A practical and mystical manual for the Modern Day Pilgrim – John Brierley

Lors de mon avant-dernier camino en 2015, j’ai vu beaucoup, en fait, presque tous, d’anglophones avec ce guide entre les mains. J’avais eu l’occasion de le feuilleter et je l’avais trouvé supérieur à celui en espagnol que j’avais acheté précédemment. J’en ai donc fait l’achat en vue de partir en septembre 2016.

Résumé : Bon, il s’agit d’un guide donc on peut pas vraiment parler de résumé. Mais voici donc son contenu et ses promesses :
– 33 cartes d’étapes journalières
– toutes les auberges de pèlerins et autres logements
– plus de 200 photos en couleurs
– 15 plans détaillés de villes
– aperçu d’itinéraires
– histoire et légende

Mon avis : Comme dans la plupart des guides de ce genre, les premières pages sont en général consacrées à l’histoire du Camino et aux différents conseils concernant la préparation (petite différence ici : il s’agit autant de la préparation physique que mentale ou psychologique voire spirituelle), le matériel à emporter et des petites astuces. Petit clin d’œil sympa : ces pages n’étant plus d’aucune utilité une fois en route, elles sont munies de pointillés le long de la tranche, histoire de s’en séparer et d’alléger le livre avant de se mettre en route.

Le point qui m’a convaincu de l’acheter, c’est qu’en plus des schémas d’étapes/cartes succinctes de chaque étape, il contient les plans de plusieurs villes traversées par le chemin. Après usage sur place, pour mon sens de l’orientation et de la lecture de carte, c’est clairement insuffisant. Ça ne m’a pas empêché de tourner pendant près d’une heure dans les alentours de la Cathédrale de Burgos pour retrouver le Camino et enfin commencer ma première étape.

Il propose cependant une bonne description des étapes, ce qui peut permettre, quand le parcours le permet, d’avoir une bonne idée de la distance parcourue jusque là et qu’il reste à parcourir. De même, les descriptions d’auberges sont sans doute assez succinctes à mon goût mais c’est quand même grâce à ce guide que je suis arrivée à l’auberge Ada de Reliegos del Camino, l’une des plus agréables où j’ai passé la nuit cette année.

Petite particularité aussi : pour chaque étape, il y a un bref résumé du chemin en pratique, suivie d’un encart « le chemin mystique » et de « réflexions personnelles » de l’auteur. On est donc bien au-delà d’un simple guide pratique. Par contre, je dois avouer que si ça m’a surprise et intriguée au départ, je les ai rarement lus, notamment car la partie mystique était un peu trop religieuse pour moi qui suis athée. Mais c’est très certainement un petit plus pour certains.

En bref, il s’agit donc d’un bon guide pour se lancer sur le camino francés, plutôt complet et réédité et mis à jour régulièrement, ce qui n’est pas négligeable.

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Mon « camino » 2016

Plus de trois mois après mon retour de cette semaine sur le camino, il était temps de faire le bilan de l’épisode 2016.

Alors, la première chose à laquelle je pense, c’est à la difficulté ressentie cette année. La chaleur (quoique ça allait encore) et mes pieds qui ont beaucoup souffert alors que j’avais enfilé les mêmes chaussures que l’année dernière.

Et puis, il y a aussi cette difficulté que je m’étais imposée moi-même : celle d’arriver à León en huit jours, avec une moyenne de 25-27 km par jour, alors que je ne m’étais pas entraînée. Et dès le deuxième jour, mes pieds ont refusé cette cadence. Si je m’étais fixée cet objectif cette année, c’est que l’année passée, j’avais appris que toutes les étapes du camino ne sont pas bien desservies par les transports en commun. Et donc, quand on a un billet d’avion avec une date de retour bien précise, il faut quand même veiller à s’arranger pour terminer ce périple dans une ville qui permet de rejoindre l’aéroport facilement et plus ou moins rapidement. D’où le choix d’une grande ville comme objectif. Je retiendrai donc de cette année que rien ne sert de courir et de se fixer des objectifs trop ambitieux, il faut savoir écouter son corps et trouver son propre rythme.

Plus j’avance dans le camino, et plus je croise des gens qui le font en une seule fois. Résultat, comme ils ont déjà deux-trois semaines de marche dans les jambes, ils font souvent 20 à 30 km par jour. Objectif que je ne peux atteindre et dont je devrais me détacher la prochaine fois. Ce qui signifie qu’il faudra donc accepter des rencontres plus fugaces, vu que la différence de rythme fera que je ne retrouverai pas les gens d’un jour à l’autre. C’est peut-être aussi l’une des difficultés, vu que je le fais seule, de me retrouver chaque soir avec des gens différents. C’est en tout cas bien différent que de partager chaque soir son repas avec des têtes plus ou moins connues, avec qui l’on peut créer des liens (ou pas).

La dernière page (pour le moment) de ma credencial

La dernière page (pour le moment) de ma credencial

Une chose que j’ai apprise cette année, c’est l’importance du choix du lieu où l’on va passer la nuit et/ou souper. Il y a autant d’auberges et d’ambiances différentes que de pèlerins. De celle un peu commerciale avec un dortoir gigantesque et la nuit à 5€ mais où tout le reste à côté est payant, à celle familiale où ça vit réellement, avec ou sans pèlerins. Si l’année passée, j’avais bien préparé cet aspect de mon périple, cette année ce ne fut pas le cas et j’ai vu un peu la différence. J’ai dormi dans des endroits absolument fantastiques, avec des gens merveilleux et puis j’ai aussi connu des endroits où tu passes juste une nuit sans en garder un souvenir quelconque.

Bon, après ces points plus ou moins négatifs, passons au positif. Cette année, j’ai réussi le challenge du sac à dos, c’est-à-dire qu’il pesait moins de 10kg (poids maximal conseillé, même si idéalement, il ne devrait pas peser plus d’un dixième du poids de celui qui le porte). Rien ne m’a manqué finalement (à part les comp**d que j’espérais trouver facilement si besoin), j’ai juste mieux gérer la partie fringues et chaussures.

Malgré certaines auberges moins agréables, j’ai quand même eu droit à des endroits qui valent la peine de s’y arrêter : le convento de San Antón, une expérience inoubliable, l’auberge végétarienne de Reliegos del Camino et sa salle de méditation/yoga ou encore l’ambiance familiale de celle de San Nicolás del Camino. Ce furent aussi les endroits où le partage de moments et les rencontres ont été les plus intéressants.

Globalement, si cette année, l’expérience a été difficile, je crois que je repartirais sur le camino. Peut-être pas en 2017, j’ai d’autres projets, mais certainement en 2018 !

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[El camino] Arcahueja – León

Though we travel the world over to find the beautiful, we must carry it with us or we find it not

Moral : La nuit fut courte, mais le moral est bon.

Physique : Mes pieds vont nettement mieux, quelques courbatures.

Réveil plus que matinal pour cette dernière matinée et les huit kilomètres qui me séparent encore de mon objectif. Il faut dire que l’ensemble de ma chambrée a sauté hors du lit vers 5h du matin et j’ai suivi le mouvement avec une bonne demi-heure de décalage. Le petit déj’ n’était franchement pas terrible : deux tranches de pain de mie et un croissant industriel, de ceux qui ne ressemblent que de très loin à un croissant, par personne. Bof bof. J’ai donc abandonné le croissant sur la table.

C’est vers 6h15 que je me suis mise en route. Lampe frontale obligatoire, vu qu’ici le soleil ne se lève que vers 8h. Et comment dire, ce ne fut pas la meilleure idée que j’ai eue… Parce que mes compagnons de chambrée ayant pris pas mal d’avance, je me suis retrouvée absolument seule, au milieu des champs, avec pour seule source de lumière ma lampe frontale. Mise à part les trois jeunes filles de l’Est qui ont été derrière moi pendant la première heure, ce fut deux heures de solitude totale. Ça ferait presque un pitch de film d’horreur. Bref, ce fut un peu angoissant par moment.

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L’entrée dans le centre historique de León, un peu avant 8h, via la puerta moneda et la muraille romaine qui ceignait la ville.

Sans compter les quelques intersections sans indications, j’ai cru à plusieurs reprises avoir fait fausse route, jusqu’à ce qu’une petite flèche jaune me rassure.

Je suis entrée dans Léon un peu avant 8h et le centre ville m’a semblé loin, mais loin. J’ai pris le temps de faire quelques photos et un petit déj en attendant l’ouverture des portes de la Cathédrale pour le cachet. Par contre, je n’ai pas vraiment visité, mais bon, je reviendrai ! Vu la mauvaise surprise de mon arrivée et avec ce bus, que je voulais prendre, complet, cette fois, j’avais pris les devants et pris un billet pour le León-Madrid de 10h30 et j’étais un peu talonnée par le stress. D’autant que la distance centre-ville – gare routière semblait assez conséquente dans mon guide (en fait, j’ai mis moins de 10 minutes… en taxi).

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La Cathédrale de León

Donc, vers 10h30, bien installée dans un bus supra (plus de place, boissons et collations comprises), les trois heures de voyage sont passées hyper vite. Il faut dire aussi que dans les bus espagnols, chacun a maintenant un petit écran intégré dans l’appuie-tête du siège de devant avec un choix de films et séries à visionner. Autant dire que j’en ai profité avant de passer quelques heures chez une amie avant de reprendre l’avion le lendemain.

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[El Camino] Reliegos- Arcahueja

Your life is made up of the memories that you choose to make, so, go make a memory !

Moral : bon

Physique : bien reposée, état stationnaire pour les pieds.

Auberge : La torre, privée.

Je n’aurais clairement pas dû boire autant de thé (quatre tasses !) hier après-midi. Résultat, je me suis réveillée trois fois cette nuit pour aller aux toilettes.

Le réveil fut plus matinal que la veille, évidemment et j’ai pris un petit déjeuner copieux vers 7h , tostadas et yaourt, avec les français et la japonaise.

La journée fut plutôt agréable, notamment parce que j’ai bien choisi les endroits où je me suis arrêtée pour faire une pause et boire un cola-cao.

À Mansilla de las Mulas, premier arrêt de la matinée, j’ai eu droit à un chupito de jus d’orange pour accompagner mon cola-cao. Ce fut encore mieux lors de ma deuxième pause, à Puente Villarente. Je me suis arrêtée dans une panadería qui fait aussi salon de thé, El horno de Eladia, et alors que je me demandais ce que j’allais commander à grignoter avec mon cola-cao, celui-ci m’a été servi accompagné d’un morceau de gâteau. Vraiment, la journée commençait sous de bons auspices.

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La passerelle à traverser pour entrer dans Puente Villarente…

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…et le pont, parallèle à celle-ci, qui enjambe le rio Porma et où passent les voitures

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Le morceau de gâteau qui m’a été offert pour accompagner mon verre de Cola Cao à El Horno de Eladia

Et puis, alors que je n’étais plus qu’à 4 km de ma destination du jour, ceux-ci m’ont semblé très très long. D’autant qu’à l’entrée du village d’Arcahueja, il y a une immense côte (c’est peut-être un poil exagéré, mais à ce moment de la journée, c’est l’impression qu’elle donnait)

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C’est par là !

L’auberge où je me suis arrêtée est un peu basique. Enfin, c’est moi qui ai pris l’option basique et économique du dortoir de dix personnes avec lits superposés, le classique sur le chemin. Des chambres privées sont aussi disponibles, mais après tout ce que j’avais déjà dépense en taxi depuis le début du voyage et sachant que c’est ma dernière nuit, je ne l’ai même pas envisagée.

Par contre, la tortilla au jambon et au fromage que j’ai dévoré pour le diner était juste délicieuse. Un vrai régal. On verra pour le souper…

Dernière journée demain et pourtant, je tenais à faire une lessive. Histoire d’avoir des vêtements propres pour demain et après-demain à Madrid. Et comme l’année passée à Atapuerca, malgré deux passages au séchoir, pas moyen d’arriver à sécher mes vêtements. Ils sont sortis chauds, mais humides. Je les ai donc étendus dehors une paire d’heure, avant que la pluie ne se présente.

J’ai passé l’après-midi dans le café de l’auberge, encore une fois, mais ce fut moins animé qu’il y a deux jours. J’ai ensuite rejoint mes compagnons de chambrée dans le réfectoire et vu que nous étions peu nombreux, j’ai changé de place. L’hospitalero m’avait assignée un lit en haut et franchement, je ne m’y sentais pas à l’aise du tout. Vu les lits disponibles cette nuit, je suis donc redescendue vite fait.

Dans la partie auberge, nous ne sommes donc que 7 : trois jeunes filles de Tchéquie et Slovaquie et trois hommes plus âgés. Pas de grandes amitiés en vue donc, mais la soirée fut divertissante. Le souper par contre, n’était franchement pas terrible, tant en qualité qu’en quantité. Heureusement, que j’étais en relative bonne compagnie !

Comme toujours, après le souper, tout le monde rejoint la chambre et l’extinction des feux ne tarde pas. Demain, j’entrerai dans León…

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[El Camino] San Nicolás del Real Camino – Reliegos

Bizarre travel plans are dancing lessons from God

Moral : bien bien meilleur.

Physique : j’ai passé la meilleure nuit que j’ai connue sur le chemin ! J’ai par contre toujours mal aux pieds mais ça s’améliore !

Auberge : Ada, privée, végétarienne.

Comme prévu, ce fut donc la meilleure nuit que j’ai passée ! C’était prévisible vu que nous n’étions que trois pèlerins dans l’auberge et deux à partager cette chambre. Bref, à part un rapide réveil à 5h du matin et à 6h quand Chris s’est levée, j’ai ensuite dormi jusque 7h30 ! Pas de réveil programmé, je pensais me lever comme « d’habitude » vers 6h-6h30, ou au plus tard 7h, vu que de toute façon, le petit déj’ n’était servi qu’à partir de 7h30. Après le « Oh, mon dieu, déjà ! « , je me suis préparée en vitesse avant de descendre déjeuner. Résultat, je n’ai commencé cette journée que vers 8h30…

Encore une fois, les paysages sont assez semblables et l’étape m’a paru assez longue. D’autant plus que je me suis trompée de chemin et que j’ai bien dû faire 2 à 3 km en plus des 17 prévus aujourd’hui. C’était avant Sahagún, à hauteur d’un pont. Il y avait trois flèches qui indiquaient de tourner à droite, une avant le pont, une autre au milieu et la dernière après le pont. Sauf que je n’ai vu que la première et suivi le brésilien devant moi, qui m’a donc induite en erreur…

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Avant d’entrer dans Sahagún, centre géographique du Camino

Une fois de plus, les derniers kilomètres m’ont paru interminables. Et puis, arrivée à Bercianos, la destination prévue du jour, j’ai eu une très mauvaise surprise… L’auberge privée, qui compte une dizaine de lits, était complète et la municipale, fermée pour cause de punaises des lits. Résultat : pas d’autre option que de marcher jusqu’au village suivant, Burgos El Ranero, à 7km. Mais ça, c’était juste impossible pour moi. Et puis, comme dans l’étape du lendemain, il y avait un tronçon de 10km que je pensais déjà sauter avec l’aide d’un taxi, j’ai carrément zapper les deux. Le temps de diner dans un bar à Bercianos et d’appeler un taxi et zou, j’ai fait un bond de 17km. C’est un peu râlant encore une fois, mais là, physiquement je n’aurais pas pu… Adieu les bonnes résolutions de la veille, donc. En attendant le taxi, j’ai feuilleté mon guide et porté mon choix sur l’auberge végétarienne de Reliegos, Ada.

Le hasard ou le chemin font sans doute bien les choses. Sans ce coup du sort, je ne me serais probablement pas arrêtée à Reliegos et je serais passée à côté de cet havre de paix qu’est l’auberge Ada. Repas végétarien, salle de yoga-méditation, installations récentes et thé à volonté dans le séjour avec de la musique relax en fond sonore, ce fut une véritable bulle de sérénité avant de repartir.

Si les gens sont arrivés au compte-gouttes tout l’après-midi, nous sommes finalement une petite dizaine à y passer la nuit et seulement six à avoir décidé de manger là. Autour de la table donc, un couple de français, Chris la canadienne de la veille, une turque et une japonaise. Dépaysement total donc. La soirée sera donc sous le signe de l’échange et chacun aura sa petite anecdote sur le chemin, de ces histoires qui vous laissent un sourire sur les lèvres…

Le menu était lui aussi à la hauteur : salade de crudités du village, soupe de courgettes et gratin de légumes. Copieux et délicieux, ça fait plaisir. Bref, ces deux dernières journées m’ont fait beaucoup de bien et sont l’essence de ce que je recherche sur le chemin…

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[El camino] Calzadilla de la Cueza – San Nicolás del Real Camino

May the torch of your soul light the flame in others until the end of our infinite days and know that our paths will cross exactly when they need to, not a mile too early or a second too late

Moral : bien meilleur

Physique : toujours mal aux pieds, même si ça va de mieux en mieux

Auberge : Laganares, privée.

Ce matin, au petit-déjeuner, encore des bollos industriels. Qu’est-ce que j’en ai marre ! Plus ça va et plus j’en rêve, de ces tostadas le matin !

Aujourd’hui, on sent clairement que les températures ont baissé. Plus de dix degrés en moins, on est passé en une journée de 30°C à 17°C maximum. Pas de quoi trop se plaindre néanmoins, c’est plus agréable pour marcher mais moins efficace pour le bronzage. Enfin, tant que j’arrive à destination avant que la pluie ne tombe, j’aurais gagné ma journée !

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Lever de soleil du côté de Ledigos

La marche a été relativement facile aujourd’hui. Un premier tronçon de 6 km pour arriver au premier village et puis un village tous les 3 km. Même si je ne m’arrête pas à chaque fois, ça rompt au moins la monotonie de certains tronçons. Ce petit changement n’a l’air de rien, mais ça fait du bien.

En chemin, je discute aujourd’hui avec deux catalanes qui m’ont conseillé, afin d’épargner mes pieds, de sauter le tronçon « Sahagún – Puente Villarente » en prenant le bus. C’est ce qu’elles ont prévu de faire, à l’instar de pas mal de pèlerins parait-il.  Même s’il s’agit d’une distance importante (24 km), l’idée me chatouille. Reste que ça ne sera pas si simple, vu qu’il n’y a qu’un bus tous les deux jours… Enfin, un pas après l’autre, un jour à la fois, on verra.

Rien de bien particulier sur le trajet aujourd’hui. Le soleil a à peine réussi à franchir la couche nuageuse et le vent est monté en fin de matinée. Clairement, on sent que l’averse se rapproche. Heureusement, je suis arrivée à destination à temps.

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La meseta, entre Terradillos de los Templarios et San Nicolás del Real Camino

Quelle bonne idée j’ai eue de m’arrêter ici, à San Nicolás del Real Camino ! Par chance, et à cause de la pluie très certainement, nous ne sommes que trois à dormir ici cette nuit. Résultat, je partage une chambre de 4 avec Chris, une canadienne et Guillermo, un espagnol, a droit à une chambre pour lui tout seul.

Et puis, que dire de cet après-midi ? Le rez-de-chaussée de l’auberge fait office de bar du village et de restaurant pour les pèlerins. L’ensemble est tenu par une famille, les parents et la fille ainsi que le fils en été. Tout l’après-midi, le village a défilé et l’ambiance était très agréable. J’ai écouté les conversations avec beaucoup de plaisir, m’y mêlant de temps en temps. J’ai pas mal ri aussi, vraiment, je m’y suis sentie super à l’aise.

Le souper m’a semblé carrément divin après les deux précédents. Enfin, de la vraie cuisine casera. Tout à fait à la hauteur de mes attentes, voire plus. Une sopa de verduras, suivie d’albondigas con patatas fritas et un yaourt en dessert (sans oublier les morceaux de melon que m’a gentiment passé Chris). C’était peut-être simple mais c’était vraiment bon. Et puis, j’ai passé cette soirée en très bonne compagnie et j’ai un peu joué l’interprète entre mes deux compagnons de la soirée, jonglant entre l’anglais et l’espagnol.

Et puis, José, l’hospitalero, m’a rappelé un principe essentiel : le camino n’est pas dur, c’est nous, les pèlerins, qui le rendons difficile. À quoi bon s’imposer des étapes, des objectifs et ne pas plutôt avancer à son rythme, en s’écoutant et en se laissant porter. Et ça, vu les jours difficiles que j’ai vécu, ça a évidemment beaucoup résonné en moi. J’ai voulu m’imposer d’arriver à León en un peu moins de huit jours, prenant comme (kilo)mètre-étalon les distances quotidiennes parcourues par beaucoup. Sauf que moi, le chemin, je le fais par petit bout et j’ai une à deux semaines (trois l’année prochaine) de moins dans les jambes que ceux qui partagent ma route et qui sont donc bien rodés. Sans compter que je ne m’entraîne jamais vraiment avant de partir. Petits déplacements à pied en ville et quelques marches de 15-20 km un peu avant le départ (et encore, cette année, je m’y suis prise méga-tard). Bref, pour les 2-3 jours qu’il me restent, je vais donc me limiter à cette quinzaine de kilomètres qui est ma norme ces deux derniers jours. Et si je n’arrive pas à León, je prendrais un bus ou un taxi jusque là afin de pouvoir rentrer sur Madrid et je repartirai de là où je me suis arrêtée l’année prochaine. No stress.

Plus que ravie donc de ce séjour dans cette auberge où j’ai retrouvé tout ce que je cherche dans le camino. Quel changement par rapport aux deux derniers jours ! Cette « nouvelle » perspective, que j’avais perdue de vue cette année, va sans doute me rendre plus sereine aussi… du moins, jusqu’à vendredi ! Il faut dire que cet objectif de León avait avant tout un but pratique : comment rentrer chez soi, arriver à l’aéroport, quand certains villages ou petites villes ne sont desservis en bus que de manière hebdomadaire ? Il reste toujours la possibilité du taxi mais bon, quand on peut payer 2-3 euros pour faire 25 km, il n’y a pas photo, c’est le bus qu’on prend.

Enfin, chaque année, j’apprends quelque chose sur le chemin et parfois, la leçon est douloureuse. Cette année en tout cas, mes pieds s’en souviendront !

Donc, voilà, peut-être que je n’arriverai pas à León cette année, mais finalement, ce n’est pas grave !

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Un citytrip à Bruxelles ?

Cet été, j’ai gagné un citytrip à Bruxelles. Oui, oui, un citytrip dans la ville dans laquelle j’habite maintenant depuis un peu plus de deux ans. Pas du tout ennuyée par l’idée (même si, clairement, j’aurais préféré une destination plus dépaysante et promesse de découvertes), j’ai donc décidée d’en tirer le meilleur parti !

Enfin, malgré le fait que j’ai dormi à deux-trois kilomètres de chez moi, le programme était quand même plus qu’alléchant… Liberté du choix du weekend en fonction des disponibilités de l’hôtel bien sûr, un apéro au Rooftop 58 (si réservation avant le 30 septembre, dernier jour de l’événement), diner trois services à l’hôtel, repas gastronomique à l’Atomium, visite de celui-ci et du musée ADAM. Bref, pas si mal quand même…

Donc, vendredi 30 septembre, je rejoins ma Best dans le train, direction Bruxelles Central. Cinq à dix minutes de marche et nous voilà en plein centre-ville, devant notre hôtel pour le weekend, le NH Collection centre ville, un quatre étoiles. Tout d’abord, je dois souligner l’accueil qui nous a été fait. Juste parfait. Le personnel a la réception était agréable et serviable, on ne s’est à aucun moment senties « indésirables » alors qu’on ne payait pas.

La chambre était elle aussi très agréable. Très calme, même si elle donnait sur le boulevard (d’ailleurs, ma Best qui a en général du mal à dormir ailleurs que chez elle, a très bien dormi, à sa grande (et bonne) surprise). Le temps de faire le tour du propriétaire et de goûter aux chocolats qui nous y attendaient, nous sommes donc sorties pour faire un brin de shopping.

Vers 19h, nous nous sommes mises en route pour aller prendre un verre au Rooftop 58, un bar éphémère avec une vue imprenable sur Bruxelles depuis le 10ème étage du parking 58. L’endroit était magnifiquement aménagé : un bar dans une espèce de serre, de la fausse pelouse et une chouette terrasse ainsi que des arbres, des plantes aromatiques, des plants de légumes et de fruits et même des hôtels à insectes. Seul bémol : il y a eu un souci de communication lors de notre réservation : le dernier jour d’ouverture était la veille et non pas le 30 septembre, ce soir-là c’était soirée de clôture pour l’équipe… Ils nous ont quand même offert un verre et nous avons profité du panorama et du décor en sirotant ce petit vin blanc.

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Coucher de soleil sur Bruxelles © @Cé

Retour à l’hôtel pour le diner trois services (finalement, ce fut plutôt quatre) et surtout, à notre grande surprise, le restaurant ouvert juste pour nous deux (il est accessible uniquement sur réservation et j’imagine qu’il n’y en avait pas d’autres ce soir-là, même si la cuisine ouvre pour le room service aussi). Alors, autant dire que le service a été plus qu’à la hauteur, nous avons été chouchoutées du début à la fin.

Petite coupe de bulles et zakouskis à notre arrivée et modification du menu, pour ma part. Il y avait du poisson en entrée et en plat, que le chef a remplacé pour moi qui n’en mange pas. Au menu, il y eut donc : du saumon pour ma Best et une salade de jambon pour moi en entrée, du foie gras poêlé ensuite, un poisson mariné (je pense) pour ma Best et un curry de poulet pour moi et enfin, en dessert, un fondant avec de la glace au chocolat et des fruits, il me semble (là, j’ai un trou de mémoire affreux). Bref, nous nous sommes régalées et nous avons eu l’impression d’être des stars, avec ce restaurant ouvert rien que pour nous (ou presque).

C’est légèrement pompettes que nous sommes retournées à la chambre avant de sortir. Nous pensions aller danser un peu mais j’avais oublié qu’il y avait des concerts en plein air pas loin et donc, personne dans les bars. Nous nous sommes alors dirigées vers la Grand-Place, histoire de l’admirer de nuit. Comme souvent, elle était pleine de monde et l’ambiance y était plutôt agréable. Et puis, il a commencé à pleuvoir, nous avons donc repris le chemin de l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil…

Le lendemain, on a carrément halluciné quand on a vu le buffet du petit déjeuner. Franchement, à moins d’être hyper difficile, il est impossible de ne pas y trouver son bonheur. Sucré, salé, chaud ou froid, healthy, il y en avait pour tous les goûts… Mention spéciale pour les mini gaufres de Liège et le yaourt avec un choix immense de topping. Limite, j’ai un peu regretté d’avoir le repas gastronomique à midi et de devoir me limiter un peu, histoire de pouvoir profiter de celui-ci.

Légère désillusion sur la suite du programme, le diner gastronomique à l’Atomium. Après le super service de la veille, là, on s’est vite rendues compte qu’on ne jouait pas dans la même catégorie. C’est normal aussi, comment offrir un service brasserie et gastronomique au même endroit ? Mis à part la vue, le décor déjà, ne nous semblait pas tout à fait à la hauteur…

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L’atomium © @Cé

Une fois encore, il a fallu modifier certains plats du menu pour moi. Par contre, cette fois, le changement a été imposé à ma Best aussi, alors qu’elle aurait bien voulu goûter le poisson et les fruits de mer, et puis, surtout, nous n’avons aucune idée de ce que nous avons reçu en remplacement. On ne nous as pas demandé si le plat proposé nous convenait et on nous l’a servi sans nous dire ce que c’était… On est quand même loin du service qu’on est en droit d’attendre pour un menu gastronomique, non ? Bref, je n’ai donc aucune idée de ce que nous avons mangé. C’était d’ailleurs plutôt bon mais j’avoue que si j’avais dû payer ce repas, je n’y serais pas allée.

Le repas terminé, nous avons entamé la visite de l’Atomium, plutôt rapide, vu que nous l’avions déjà visité précédemment avant de nous rendre à l’ADAM (musée de l’art et du design de l’Atomium), juste à côté… Sans oublier une petite séance photo au pied de celui-ci avant.

Bref, malgré quelques petits bémols, globalement, nous avons bien profité de ce petit weekend. Et même si le dépaysement n’était peut-être pas complet, jouer les touristes dans sa ville est une expérience plutôt agréable.

Et vous, un citytrip dans votre ville, ça vous dirait ?

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[El camino] Carrión de los Condes – Calzadilla de la Cueza

I am not afraid of storms for I have learned how to sail my ship

Moral : stress et fatigue mais ça mieux qu’hier

Physique : toujours pas ça pour les pieds

Albergue : Camino Real, privado. Avec piscine !

La nuit n’a pas été de tout repos, malgré la solitude, et le stress est tel ce matin que j’étais à deux doigts de vomir avant de quitter la chambre et de reprendre ma route.

À cette heure matinale, seul un bar à la sortie du village est ouvert. Sous les conseils de l’hôtelière, c’est donc là que je m’arrête pour déjeuner. Depuis le début, je ne rêve que de tostadas à l’huile d’olive et une fois de plus, je dois en faire mon deuil. Ce sera pâtisseries industrielles. Bof, mais il faut bien faire contre mauvaise fortune, bon cœur. D’autant plus qu’il n’y aura rien sur le chemin aujourd’hui.

Si j’avais trouvé précédemment que 10 kilomètres entre deux villes/villages, c’était long et dur, là, ce fut 17 ! Juste un bar mobile, ouvert en été, mais sans toilettes (je ne vous raconte pas l’état des bas côtés à l’endroit où il y avait quelques arbres et un semblant d’intimité – je n’ai pas osé y soulager ma vessie pour ma part… pas assez couvert et bon, l’état des lieux était loin d’être avenant).

Une route, entre les champs, qui semble ne jamais s’achever, voilà le programme du jour. Ce fut difficile, d’autant plus que mes pieds n’ont pas cessé de me faire souffrir. La journée fut cependant un peu plus sociale. J’ai papoté à plusieurs reprises, à plusieurs pauses avec deux françaises. Ça m’a remis un peu de baume au cœur et a remis mes objectifs, clairement trop ambitieux, en perspective.

Les derniers sept kilomètres, une fois le bar mobile dépassé et une petite pause bien méritée, ont été très durs. Je n’en voyais pas la fin ! J’ai donc accéléré et accéléré pour arriver au plus vite et mettre fin au supplice…

L’auberge d’aujourd’hui est assez basique. Un café-« restaurant »-boutique, un dortoir d’une bonne vingtaine de lits et une deuxième chambre plus petite et quatre douches et deux toilettes pour tout ce petit monde. Par contre, elle dispose d’un chouette patio et d’une piscine. Si je pensais y tremper les pieds en arrivant, le soleil qui a bien tapé tout l’après-midi m’en a dissuadée finalement.  J’en ai quand même profité pour faire une lessive car on annonce une chute de températures dès demain et de la pluie.

La lessive a séché super vite et j’ai passé l’après-midi à lire à l’ombre, dans le patio. Mes pieds vont mieux, ça ne me tiraille plus autant mais ce n’est pas encore ça non plus.

Encore une fois, le souper n’a pas été terrible. Toujours les mêmes plats un peu bof et lourds. Alors que je rêve d’un truc comme un « arroz a la cubana », simple mais bon. Enfin, j’espère que ça sera mieux demain…

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[El camino] San Antón – Carrión de los Condes

I may not have done it best, but I did it !

Moral : Un bon « troisième » jour de camino : des hauts et des bas et quelques larmes.

Physique : Mal aux pieds, mal aux pieds et mal aux pieds.

Hôtel : Santiago.

Quelle bonne surprise au réveil de découvrir mon pied droit intact, guéri. L’ampoule, ouverte hier, est bien refermée. C’est donc plein d’enthousiasme et d’optimisme que j’entame cette journée, avec pour objectif de m’arrêter au village suivant pour un arrêt pharmacie. Hélas, cet état de grâce ne durera pas…

Si le manque d’électricité ne m’avait pas gênée la veille, ce matin, c’est un peu plus compliqué. Le déjeuner, lampe frontale au front, est une expérience tout à fait surprenante.  Mais quel spectacle magnifique d’apercevoir les étoiles entre les arcs des ruines. Encore une fois, l’endroit est tout à fait exceptionnel…

Je me mets en route vers 7h30, le temps de préparer mes pieds. Direction Castrojeriz où j’espère trouver une pharmacie. Ce n’est qu’en arrivant dans cette petite ville que je m’aperçois qu’on est dimanche et qu’à moins que la seule pharmacie de Castrojeriz soit de garde, c’est foutu. Après un détour pour trouver la pharmacie, force m’est de constater que la chance n’est pas de mon côté aujourd’hui. La douleur dans les pieds étant revenue, je commence à douter de mes capacités à arriver au bout de cette journée et des suivantes car il n’y a aucune pharmacie avant 30 kilomètres et je ne peux quand même pas encore compter sur la générosité de mes compagnons de route pour me fournir en Comp*ed ! Premières larmes, donc, devant ce défi, cet obstacle, en sortant du village.

Un peu plus loin, se profile déjà le deuxième défi, inattendu (je n’avais pas potassé mon guide la veille), du jour : une énorme côte. 12%, en virage sur 2 à 3 kilomètres. Et là, à nouveau, les larmes. Qu’à cela ne tienne, je dégaine le mp3 et c’est parti pour l’ascension. Longue et douloureuse, j’ai laissé échappé quelques larmes de soulagement une fois au-dessus. Sauf qu’après avoir monté, il faut bien redescendre… Ce ne fut pas de tout repos non plus.

J’ai tenu le coup jusqu’à Itero de la Vega mais je n’en pouvais plus. Quatorze kilomètres de douleur, obsédée par le fait d’arriver (je n’ai d’ailleurs pas pris le temps de faire des photos, entre le stress et la douleur) et puis, surtout de me voir contrainte de sauter les 30 kilomètres suivants. Impossible de traîner mes pieds dans cet état encore deux jours. Bref, à l’auberge-restaurant où je me suis arrêtée pour me restaurer, j’ai fait appeler un taxi pour avaler la distance jusqu’à la pharmacie la plus proche.

Me voilà donc arrivée à Carrión de los Condes. Le taxi me dépose devant la pharmacie et je m’en vais faire le plein de comp*ed de tous les formats (ou presque). Si je me sens un peu déçue d’avoir dû sauter une si longue distance, je n’ai pas l’impression d’avoir perdu grand chose. Ce fut un long tronçon où le chemin longeait la nationale. Mon seul regret serait peut-être de n’avoir aperçu le Canal de Castilla, une ancienne écluse, que du taxi et ne pas avoir pu en prendre une photo. C’était vraiment très beau…

Une fois le passage à la pharmacie réalisé, il ne me reste plus qu’à trouver un logement. J’ai beaucoup tourné dans les petites rues de cette ville, pour trouver une auberge fermée et trouver porte close dans une autre. Je me suis donc finalement dirigée vers un petit hôtel où pour 35€, j’ai eu droit à une chambre à trois lits pour moi toute seule. Et franchement, je crois que c’est ce qui manque le plus quand on fait le chemin : avoir de l’espace pour soi et ses affaires. Bref, j’en ai profité pour étaler toutes mes affaires sur les deux lits inoccupées et traîner en tee-shirt et culotte toute la soirée (il faisait plus de 30C°).

Le soir, j’ai soupé dans une cervecería mais je n’ai pas trouvé ça super bon. Déçue de mon repas, je suis ensuite retournée dans ma chambre où une mauvaise surprise m’attendait : je n’avais emporté qu’un seul chargeur pour tous mes appareils (gsm, liseuse et mp3) et celui-ci me lâche le troisième jour ! Heureusement que j’avais emporté une batterie externe !

Malgré tout cet espace pour moi toute seule, je n’ai pas bien dormi et me suis réveillée plusieurs fois. Le stress de la journée à venir, sans aucun doute. Un tronçon de 17 km sans aucun village et surtout mes pieds, qui même lorsqu’ils ne touchent pas le sol, restent douloureux et me lancent.

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[El camino] Rabé de las Calzadas – San Antón

All journeys have secret destinations of which the traveller is unaware

Moral : mais qu’est-ce qui m’a pris d’envisager de marcher 24 km??? Très chouette auberge par contre.

Physique : fatiguée, pleine de courbatures et oh joie, des ampoules à la plante du pied.

Auberge : San Antón – dons.

La première nuit, c’est toujours la pire, j’ai mal dormi et le réveil est un peu difficile. D’autant que ça s’agite dès 5h30-45, bref, il faut vraiment avoir un sommeil de plomb pour parvenir à profiter un peu de sa nuit. Bref, un peu avant 6h, je suis sortie de mon sac de couchage. Une demi-heure plus tard, attablée devant mon petit-déjeuner composé de tostadas et de galletas M*ría, j’ai papoté un peu avec les américaines à côté de moi et les espagnols d’en face. Le chemin est à peine commencé que je saute déjà d’une langue à l’autre et je m’emmêle un peu les pinceaux parfois…

Vers 7h15, je me mets en route. Le soleil n’est pas encore levé mais la visibilité est suffisante. C’est un peu difficile au début, le temps que les muscles se dérouillent et puis, une fois le bon rythme trouvé, c’est tout de suite plus facile.

Le soleil se lève sur la meseta, quelque part entre Rabé de las Calzadas et Hornillos del Camino

Comme la veille, un long tronçon avant de traverser un village, 8 km, ça me semble si long ! D’autant que contrairement à d’autres années, les gens sont moins bavards. Un Buen camino ou Buenos días et c’est à peu près tout quand on se dépasse. Enfin…

Une offrande sur le chemin, gage d'arriver à Santiago de Compostella ?

Une offrande sur le chemin, gage d’arriver à Santiago de Compostella ?

Hornillos del Camino. Première pause. J’achète des fruits secs, des fruits et une bouteille d’eau avant de m’arrêter plus loin pour prendre un C*la-Cao. Petite pause bienvenue, j’en profite pour me tartiner de crème solaire, le soleil est bien haut dans le ciel maintenant.

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La meseta et ses champs de blé

Une nouvelle étape de 8-10 km avant d’arriver à Hontanas. Des champs de blé à perte de vue, le paysage semble se répéter à l’infini et pas un coin d’ombre. Le temps d’un petit encas et hop, je reprends ma route.

Et là, mauvaise préparation, j’avais en tête que l’arrêt suivant était à 2 km et je me suis plantée. Il y en avait un peu plus de 5 ! Bref, je ne voyais pas la fin de ces 2 km, j’ai même eu un doute sur l’unité de mesure employée par mon guide en anglais. Je trouvais ça long mais j’étais prête à tirer les 3.5 km en plus jusqu’à Castrojeriz (ce qui m’aurait fait un total de 27 km) mais mes pieds m’en ont empêchés.

Si j’avais bien senti venir une ampoule en m’arrêtant à Hontanas, j’avais pris les devants en dégainant les Comp*ed. Sauf que ceux-ci m’ont lâchée à quelques centaines de mètres de San Antón, impossible d’avancer plus loin. Je me suis donc contentée de ces 24 km pour ce deuxième jour…et j’ai bien fait.

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San Antón depuis la route

San Antón, ce sont les ruines d’un ancien couvent. Autant dire que le lieu est particulier. L’auberge compte 3 pièces, la cuisine-salle à manger, le dortoir et une salle de bain. Pas d’électricité ni d’eau chaude (heureusement, j’avais acheté une batterie externe avant mon départ) et elle est tenue par deux volontaires par période de deux semaines. Et ce jour-là, c’étaient Kerri et Sandra, une californienne et une sud-africaine. Super sympathiques et serviables, en arrivant, j’étais déjà sûre d’y trouver ce que je cherchais.

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San Antón, de l’intérieur

Après une douche (froide), me voilà donc partie pour soigner mes pieds et déjà, ça commence mal, je suis à court de comp*ed (l’année passée, je n’en avais presque pas eu l’usage, je n’en ai donc pas racheté cette année, pensant le faire sur le chemin). Évidemment, ce n’est pas ici que je vais en trouver, il n’y a que ces ruines et rien d’autres alentour. Pas de 4G non plus, les murs seraient trop épais. Une fois tout cela accompli, je me dirige vers la pièce commune, histoire de commencer à retranscrire ma journée. Il y aura du passage, tant ceux qui jettent un œil aux ruines avant de continuer leur chemin que ceux qui s’y arrêtent. Sans oublier quelques touristes espagnols. Et vers 16h, Kerri nous a préparé des pop corn. Ça semble un peu improbable mais c’était vraiment inattendu et moi, ça m’a plu.

Vers 18h, ouverture exceptionnel du petit bar en face, nous avons été un petit groupe à nous y rendre. Une petite bière avant le souper, accompagnée de chips offertes par Ángel, propriétaire de ce petit local improvisé. Un très chouette moment en tout cas.

Quant au souper… Que dire ? Les tables étaient sorties, histoire de profiter du décor dans lequel nous étions. Des pâtes préparées par un chef italien qui se trouvait parmi nous ce soir-là, une soupe (malheureusement trop épicée pour moi) préparée par les hospitaleras et de la pastèque en dessert. Bonne ambiance et cerise sur le gâteau, un guitariste de passage a proposé de jouer pour nous ce soir (bon, concert sur base donative quand même, et il avait quelques cds à vendre avec lui). Très chouette, d’autant plus que son instrument très particulier, permet de tirer des sonorités de la guitare classique mais aussi de la harpe et du luth, c’est assez magique… Pour vous en donner une idée :

Et en plus d’être musicien, James Kline est aussi sculpteur. J’ai eu l’occasion de voir l’album de photos de son travail et je dois dire que j’aime assez.

Oh, j’allais oublier, en fin de repas, Kerrie nous a offert un petit souvenir de notre séjour à San Antòn. Une carte postale avec une photo des ruines d’un côté et des citations sur le voyage de l’autre. Un cadeau qui a énormément de sens car chacune de ces citations, plus ou générales, peuvent refléter un jour sur le chemin… et je vous en partage d’ailleurs quelqu’unes en introduction de mes aventures sur le chemin.

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Bref, des moments précieux dans un cadre extraordinaire. Cela valait bien la peine de se passer d’eau chaude et d’électricité !

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