A Pilgrim Guide to the Camino de Santiago/A practical and mystical manual for the Modern Day Pilgrim – John Brierley

Lors de mon avant-dernier camino en 2015, j’ai vu beaucoup, en fait, presque tous, d’anglophones avec ce guide entre les mains. J’avais eu l’occasion de le feuilleter et je l’avais trouvé supérieur à celui en espagnol que j’avais acheté précédemment. J’en ai donc fait l’achat en vue de partir en septembre 2016.

Résumé : Bon, il s’agit d’un guide donc on peut pas vraiment parler de résumé. Mais voici donc son contenu et ses promesses :
– 33 cartes d’étapes journalières
– toutes les auberges de pèlerins et autres logements
– plus de 200 photos en couleurs
– 15 plans détaillés de villes
– aperçu d’itinéraires
– histoire et légende

Mon avis : Comme dans la plupart des guides de ce genre, les premières pages sont en général consacrées à l’histoire du Camino et aux différents conseils concernant la préparation (petite différence ici : il s’agit autant de la préparation physique que mentale ou psychologique voire spirituelle), le matériel à emporter et des petites astuces. Petit clin d’œil sympa : ces pages n’étant plus d’aucune utilité une fois en route, elles sont munies de pointillés le long de la tranche, histoire de s’en séparer et d’alléger le livre avant de se mettre en route.

Le point qui m’a convaincu de l’acheter, c’est qu’en plus des schémas d’étapes/cartes succinctes de chaque étape, il contient les plans de plusieurs villes traversées par le chemin. Après usage sur place, pour mon sens de l’orientation et de la lecture de carte, c’est clairement insuffisant. Ça ne m’a pas empêché de tourner pendant près d’une heure dans les alentours de la Cathédrale de Burgos pour retrouver le Camino et enfin commencer ma première étape.

Il propose cependant une bonne description des étapes, ce qui peut permettre, quand le parcours le permet, d’avoir une bonne idée de la distance parcourue jusque là et qu’il reste à parcourir. De même, les descriptions d’auberges sont sans doute assez succinctes à mon goût mais c’est quand même grâce à ce guide que je suis arrivée à l’auberge Ada de Reliegos del Camino, l’une des plus agréables où j’ai passé la nuit cette année.

Petite particularité aussi : pour chaque étape, il y a un bref résumé du chemin en pratique, suivie d’un encart « le chemin mystique » et de « réflexions personnelles » de l’auteur. On est donc bien au-delà d’un simple guide pratique. Par contre, je dois avouer que si ça m’a surprise et intriguée au départ, je les ai rarement lus, notamment car la partie mystique était un peu trop religieuse pour moi qui suis athée. Mais c’est très certainement un petit plus pour certains.

En bref, il s’agit donc d’un bon guide pour se lancer sur le camino francés, plutôt complet et réédité et mis à jour régulièrement, ce qui n’est pas négligeable.

signature

Mon « camino » 2016

Plus de trois mois après mon retour de cette semaine sur le camino, il était temps de faire le bilan de l’épisode 2016.

Alors, la première chose à laquelle je pense, c’est à la difficulté ressentie cette année. La chaleur (quoique ça allait encore) et mes pieds qui ont beaucoup souffert alors que j’avais enfilé les mêmes chaussures que l’année dernière.

Et puis, il y a aussi cette difficulté que je m’étais imposée moi-même : celle d’arriver à León en huit jours, avec une moyenne de 25-27 km par jour, alors que je ne m’étais pas entraînée. Et dès le deuxième jour, mes pieds ont refusé cette cadence. Si je m’étais fixée cet objectif cette année, c’est que l’année passée, j’avais appris que toutes les étapes du camino ne sont pas bien desservies par les transports en commun. Et donc, quand on a un billet d’avion avec une date de retour bien précise, il faut quand même veiller à s’arranger pour terminer ce périple dans une ville qui permet de rejoindre l’aéroport facilement et plus ou moins rapidement. D’où le choix d’une grande ville comme objectif. Je retiendrai donc de cette année que rien ne sert de courir et de se fixer des objectifs trop ambitieux, il faut savoir écouter son corps et trouver son propre rythme.

Plus j’avance dans le camino, et plus je croise des gens qui le font en une seule fois. Résultat, comme ils ont déjà deux-trois semaines de marche dans les jambes, ils font souvent 20 à 30 km par jour. Objectif que je ne peux atteindre et dont je devrais me détacher la prochaine fois. Ce qui signifie qu’il faudra donc accepter des rencontres plus fugaces, vu que la différence de rythme fera que je ne retrouverai pas les gens d’un jour à l’autre. C’est peut-être aussi l’une des difficultés, vu que je le fais seule, de me retrouver chaque soir avec des gens différents. C’est en tout cas bien différent que de partager chaque soir son repas avec des têtes plus ou moins connues, avec qui l’on peut créer des liens (ou pas).

La dernière page (pour le moment) de ma credencial

La dernière page (pour le moment) de ma credencial

Une chose que j’ai apprise cette année, c’est l’importance du choix du lieu où l’on va passer la nuit et/ou souper. Il y a autant d’auberges et d’ambiances différentes que de pèlerins. De celle un peu commerciale avec un dortoir gigantesque et la nuit à 5€ mais où tout le reste à côté est payant, à celle familiale où ça vit réellement, avec ou sans pèlerins. Si l’année passée, j’avais bien préparé cet aspect de mon périple, cette année ce ne fut pas le cas et j’ai vu un peu la différence. J’ai dormi dans des endroits absolument fantastiques, avec des gens merveilleux et puis j’ai aussi connu des endroits où tu passes juste une nuit sans en garder un souvenir quelconque.

Bon, après ces points plus ou moins négatifs, passons au positif. Cette année, j’ai réussi le challenge du sac à dos, c’est-à-dire qu’il pesait moins de 10kg (poids maximal conseillé, même si idéalement, il ne devrait pas peser plus d’un dixième du poids de celui qui le porte). Rien ne m’a manqué finalement (à part les comp**d que j’espérais trouver facilement si besoin), j’ai juste mieux gérer la partie fringues et chaussures.

Malgré certaines auberges moins agréables, j’ai quand même eu droit à des endroits qui valent la peine de s’y arrêter : le convento de San Antón, une expérience inoubliable, l’auberge végétarienne de Reliegos del Camino et sa salle de méditation/yoga ou encore l’ambiance familiale de celle de San Nicolás del Camino. Ce furent aussi les endroits où le partage de moments et les rencontres ont été les plus intéressants.

Globalement, si cette année, l’expérience a été difficile, je crois que je repartirais sur le camino. Peut-être pas en 2017, j’ai d’autres projets, mais certainement en 2018 !

signature

[El camino] Arcahueja – León

Though we travel the world over to find the beautiful, we must carry it with us or we find it not

Moral : La nuit fut courte, mais le moral est bon.

Physique : Mes pieds vont nettement mieux, quelques courbatures.

Réveil plus que matinal pour cette dernière matinée et les huit kilomètres qui me séparent encore de mon objectif. Il faut dire que l’ensemble de ma chambrée a sauté hors du lit vers 5h du matin et j’ai suivi le mouvement avec une bonne demi-heure de décalage. Le petit déj’ n’était franchement pas terrible : deux tranches de pain de mie et un croissant industriel, de ceux qui ne ressemblent que de très loin à un croissant, par personne. Bof bof. J’ai donc abandonné le croissant sur la table.

C’est vers 6h15 que je me suis mise en route. Lampe frontale obligatoire, vu qu’ici le soleil ne se lève que vers 8h. Et comment dire, ce ne fut pas la meilleure idée que j’ai eue… Parce que mes compagnons de chambrée ayant pris pas mal d’avance, je me suis retrouvée absolument seule, au milieu des champs, avec pour seule source de lumière ma lampe frontale. Mise à part les trois jeunes filles de l’Est qui ont été derrière moi pendant la première heure, ce fut deux heures de solitude totale. Ça ferait presque un pitch de film d’horreur. Bref, ce fut un peu angoissant par moment.

14445213_10154063106362523_4168795595436172487_o

L’entrée dans le centre historique de León, un peu avant 8h, via la puerta moneda et la muraille romaine qui ceignait la ville.

Sans compter les quelques intersections sans indications, j’ai cru à plusieurs reprises avoir fait fausse route, jusqu’à ce qu’une petite flèche jaune me rassure.

Je suis entrée dans Léon un peu avant 8h et le centre ville m’a semblé loin, mais loin. J’ai pris le temps de faire quelques photos et un petit déj en attendant l’ouverture des portes de la Cathédrale pour le cachet. Par contre, je n’ai pas vraiment visité, mais bon, je reviendrai ! Vu la mauvaise surprise de mon arrivée et avec ce bus, que je voulais prendre, complet, cette fois, j’avais pris les devants et pris un billet pour le León-Madrid de 10h30 et j’étais un peu talonnée par le stress. D’autant que la distance centre-ville – gare routière semblait assez conséquente dans mon guide (en fait, j’ai mis moins de 10 minutes… en taxi).

img_20160925_185959

La Cathédrale de León

Donc, vers 10h30, bien installée dans un bus supra (plus de place, boissons et collations comprises), les trois heures de voyage sont passées hyper vite. Il faut dire aussi que dans les bus espagnols, chacun a maintenant un petit écran intégré dans l’appuie-tête du siège de devant avec un choix de films et séries à visionner. Autant dire que j’en ai profité avant de passer quelques heures chez une amie avant de reprendre l’avion le lendemain.

signature

[El Camino] Reliegos- Arcahueja

Your life is made up of the memories that you choose to make, so, go make a memory !

Moral : bon

Physique : bien reposée, état stationnaire pour les pieds.

Auberge : La torre, privée.

Je n’aurais clairement pas dû boire autant de thé (quatre tasses !) hier après-midi. Résultat, je me suis réveillée trois fois cette nuit pour aller aux toilettes.

Le réveil fut plus matinal que la veille, évidemment et j’ai pris un petit déjeuner copieux vers 7h , tostadas et yaourt, avec les français et la japonaise.

La journée fut plutôt agréable, notamment parce que j’ai bien choisi les endroits où je me suis arrêtée pour faire une pause et boire un cola-cao.

À Mansilla de las Mulas, premier arrêt de la matinée, j’ai eu droit à un chupito de jus d’orange pour accompagner mon cola-cao. Ce fut encore mieux lors de ma deuxième pause, à Puente Villarente. Je me suis arrêtée dans une panadería qui fait aussi salon de thé, El horno de Eladia, et alors que je me demandais ce que j’allais commander à grignoter avec mon cola-cao, celui-ci m’a été servi accompagné d’un morceau de gâteau. Vraiment, la journée commençait sous de bons auspices.

14481769_10154063105452523_8325156832067868974_o

La passerelle à traverser pour entrer dans Puente Villarente…

img_20160925_191742

…et le pont, parallèle à celle-ci, qui enjambe le rio Porma et où passent les voitures

img_20160915_102845

Le morceau de gâteau qui m’a été offert pour accompagner mon verre de Cola Cao à El Horno de Eladia

Et puis, alors que je n’étais plus qu’à 4 km de ma destination du jour, ceux-ci m’ont semblé très très long. D’autant qu’à l’entrée du village d’Arcahueja, il y a une immense côte (c’est peut-être un poil exagéré, mais à ce moment de la journée, c’est l’impression qu’elle donnait)

img_20160925_190459

C’est par là !

L’auberge où je me suis arrêtée est un peu basique. Enfin, c’est moi qui ai pris l’option basique et économique du dortoir de dix personnes avec lits superposés, le classique sur le chemin. Des chambres privées sont aussi disponibles, mais après tout ce que j’avais déjà dépense en taxi depuis le début du voyage et sachant que c’est ma dernière nuit, je ne l’ai même pas envisagée.

Par contre, la tortilla au jambon et au fromage que j’ai dévoré pour le diner était juste délicieuse. Un vrai régal. On verra pour le souper…

Dernière journée demain et pourtant, je tenais à faire une lessive. Histoire d’avoir des vêtements propres pour demain et après-demain à Madrid. Et comme l’année passée à Atapuerca, malgré deux passages au séchoir, pas moyen d’arriver à sécher mes vêtements. Ils sont sortis chauds, mais humides. Je les ai donc étendus dehors une paire d’heure, avant que la pluie ne se présente.

J’ai passé l’après-midi dans le café de l’auberge, encore une fois, mais ce fut moins animé qu’il y a deux jours. J’ai ensuite rejoint mes compagnons de chambrée dans le réfectoire et vu que nous étions peu nombreux, j’ai changé de place. L’hospitalero m’avait assignée un lit en haut et franchement, je ne m’y sentais pas à l’aise du tout. Vu les lits disponibles cette nuit, je suis donc redescendue vite fait.

Dans la partie auberge, nous ne sommes donc que 7 : trois jeunes filles de Tchéquie et Slovaquie et trois hommes plus âgés. Pas de grandes amitiés en vue donc, mais la soirée fut divertissante. Le souper par contre, n’était franchement pas terrible, tant en qualité qu’en quantité. Heureusement, que j’étais en relative bonne compagnie !

Comme toujours, après le souper, tout le monde rejoint la chambre et l’extinction des feux ne tarde pas. Demain, j’entrerai dans León…

signature

[El Camino] San Nicolás del Real Camino – Reliegos

Bizarre travel plans are dancing lessons from God

Moral : bien bien meilleur.

Physique : j’ai passé la meilleure nuit que j’ai connue sur le chemin ! J’ai par contre toujours mal aux pieds mais ça s’améliore !

Auberge : Ada, privée, végétarienne.

Comme prévu, ce fut donc la meilleure nuit que j’ai passée ! C’était prévisible vu que nous n’étions que trois pèlerins dans l’auberge et deux à partager cette chambre. Bref, à part un rapide réveil à 5h du matin et à 6h quand Chris s’est levée, j’ai ensuite dormi jusque 7h30 ! Pas de réveil programmé, je pensais me lever comme « d’habitude » vers 6h-6h30, ou au plus tard 7h, vu que de toute façon, le petit déj’ n’était servi qu’à partir de 7h30. Après le « Oh, mon dieu, déjà ! « , je me suis préparée en vitesse avant de descendre déjeuner. Résultat, je n’ai commencé cette journée que vers 8h30…

Encore une fois, les paysages sont assez semblables et l’étape m’a paru assez longue. D’autant plus que je me suis trompée de chemin et que j’ai bien dû faire 2 à 3 km en plus des 17 prévus aujourd’hui. C’était avant Sahagún, à hauteur d’un pont. Il y avait trois flèches qui indiquaient de tourner à droite, une avant le pont, une autre au milieu et la dernière après le pont. Sauf que je n’ai vu que la première et suivi le brésilien devant moi, qui m’a donc induite en erreur…

img_20160925_191953

Avant d’entrer dans Sahagún, centre géographique du Camino

Une fois de plus, les derniers kilomètres m’ont paru interminables. Et puis, arrivée à Bercianos, la destination prévue du jour, j’ai eu une très mauvaise surprise… L’auberge privée, qui compte une dizaine de lits, était complète et la municipale, fermée pour cause de punaises des lits. Résultat : pas d’autre option que de marcher jusqu’au village suivant, Burgos El Ranero, à 7km. Mais ça, c’était juste impossible pour moi. Et puis, comme dans l’étape du lendemain, il y avait un tronçon de 10km que je pensais déjà sauter avec l’aide d’un taxi, j’ai carrément zapper les deux. Le temps de diner dans un bar à Bercianos et d’appeler un taxi et zou, j’ai fait un bond de 17km. C’est un peu râlant encore une fois, mais là, physiquement je n’aurais pas pu… Adieu les bonnes résolutions de la veille, donc. En attendant le taxi, j’ai feuilleté mon guide et porté mon choix sur l’auberge végétarienne de Reliegos, Ada.

Le hasard ou le chemin font sans doute bien les choses. Sans ce coup du sort, je ne me serais probablement pas arrêtée à Reliegos et je serais passée à côté de cet havre de paix qu’est l’auberge Ada. Repas végétarien, salle de yoga-méditation, installations récentes et thé à volonté dans le séjour avec de la musique relax en fond sonore, ce fut une véritable bulle de sérénité avant de repartir.

Si les gens sont arrivés au compte-gouttes tout l’après-midi, nous sommes finalement une petite dizaine à y passer la nuit et seulement six à avoir décidé de manger là. Autour de la table donc, un couple de français, Chris la canadienne de la veille, une turque et une japonaise. Dépaysement total donc. La soirée sera donc sous le signe de l’échange et chacun aura sa petite anecdote sur le chemin, de ces histoires qui vous laissent un sourire sur les lèvres…

Le menu était lui aussi à la hauteur : salade de crudités du village, soupe de courgettes et gratin de légumes. Copieux et délicieux, ça fait plaisir. Bref, ces deux dernières journées m’ont fait beaucoup de bien et sont l’essence de ce que je recherche sur le chemin…

signature

[El camino] Calzadilla de la Cueza – San Nicolás del Real Camino

May the torch of your soul light the flame in others until the end of our infinite days and know that our paths will cross exactly when they need to, not a mile too early or a second too late

Moral : bien meilleur

Physique : toujours mal aux pieds, même si ça va de mieux en mieux

Auberge : Laganares, privée.

Ce matin, au petit-déjeuner, encore des bollos industriels. Qu’est-ce que j’en ai marre ! Plus ça va et plus j’en rêve, de ces tostadas le matin !

Aujourd’hui, on sent clairement que les températures ont baissé. Plus de dix degrés en moins, on est passé en une journée de 30°C à 17°C maximum. Pas de quoi trop se plaindre néanmoins, c’est plus agréable pour marcher mais moins efficace pour le bronzage. Enfin, tant que j’arrive à destination avant que la pluie ne tombe, j’aurais gagné ma journée !

img_20160925_192630

Lever de soleil du côté de Ledigos

La marche a été relativement facile aujourd’hui. Un premier tronçon de 6 km pour arriver au premier village et puis un village tous les 3 km. Même si je ne m’arrête pas à chaque fois, ça rompt au moins la monotonie de certains tronçons. Ce petit changement n’a l’air de rien, mais ça fait du bien.

En chemin, je discute aujourd’hui avec deux catalanes qui m’ont conseillé, afin d’épargner mes pieds, de sauter le tronçon « Sahagún – Puente Villarente » en prenant le bus. C’est ce qu’elles ont prévu de faire, à l’instar de pas mal de pèlerins parait-il.  Même s’il s’agit d’une distance importante (24 km), l’idée me chatouille. Reste que ça ne sera pas si simple, vu qu’il n’y a qu’un bus tous les deux jours… Enfin, un pas après l’autre, un jour à la fois, on verra.

Rien de bien particulier sur le trajet aujourd’hui. Le soleil a à peine réussi à franchir la couche nuageuse et le vent est monté en fin de matinée. Clairement, on sent que l’averse se rapproche. Heureusement, je suis arrivée à destination à temps.

14425417_10154063105807523_1223807011301321805_o

La meseta, entre Terradillos de los Templarios et San Nicolás del Real Camino

Quelle bonne idée j’ai eue de m’arrêter ici, à San Nicolás del Real Camino ! Par chance, et à cause de la pluie très certainement, nous ne sommes que trois à dormir ici cette nuit. Résultat, je partage une chambre de 4 avec Chris, une canadienne et Guillermo, un espagnol, a droit à une chambre pour lui tout seul.

Et puis, que dire de cet après-midi ? Le rez-de-chaussée de l’auberge fait office de bar du village et de restaurant pour les pèlerins. L’ensemble est tenu par une famille, les parents et la fille ainsi que le fils en été. Tout l’après-midi, le village a défilé et l’ambiance était très agréable. J’ai écouté les conversations avec beaucoup de plaisir, m’y mêlant de temps en temps. J’ai pas mal ri aussi, vraiment, je m’y suis sentie super à l’aise.

Le souper m’a semblé carrément divin après les deux précédents. Enfin, de la vraie cuisine casera. Tout à fait à la hauteur de mes attentes, voire plus. Une sopa de verduras, suivie d’albondigas con patatas fritas et un yaourt en dessert (sans oublier les morceaux de melon que m’a gentiment passé Chris). C’était peut-être simple mais c’était vraiment bon. Et puis, j’ai passé cette soirée en très bonne compagnie et j’ai un peu joué l’interprète entre mes deux compagnons de la soirée, jonglant entre l’anglais et l’espagnol.

Et puis, José, l’hospitalero, m’a rappelé un principe essentiel : le camino n’est pas dur, c’est nous, les pèlerins, qui le rendons difficile. À quoi bon s’imposer des étapes, des objectifs et ne pas plutôt avancer à son rythme, en s’écoutant et en se laissant porter. Et ça, vu les jours difficiles que j’ai vécu, ça a évidemment beaucoup résonné en moi. J’ai voulu m’imposer d’arriver à León en un peu moins de huit jours, prenant comme (kilo)mètre-étalon les distances quotidiennes parcourues par beaucoup. Sauf que moi, le chemin, je le fais par petit bout et j’ai une à deux semaines (trois l’année prochaine) de moins dans les jambes que ceux qui partagent ma route et qui sont donc bien rodés. Sans compter que je ne m’entraîne jamais vraiment avant de partir. Petits déplacements à pied en ville et quelques marches de 15-20 km un peu avant le départ (et encore, cette année, je m’y suis prise méga-tard). Bref, pour les 2-3 jours qu’il me restent, je vais donc me limiter à cette quinzaine de kilomètres qui est ma norme ces deux derniers jours. Et si je n’arrive pas à León, je prendrais un bus ou un taxi jusque là afin de pouvoir rentrer sur Madrid et je repartirai de là où je me suis arrêtée l’année prochaine. No stress.

Plus que ravie donc de ce séjour dans cette auberge où j’ai retrouvé tout ce que je cherche dans le camino. Quel changement par rapport aux deux derniers jours ! Cette « nouvelle » perspective, que j’avais perdue de vue cette année, va sans doute me rendre plus sereine aussi… du moins, jusqu’à vendredi ! Il faut dire que cet objectif de León avait avant tout un but pratique : comment rentrer chez soi, arriver à l’aéroport, quand certains villages ou petites villes ne sont desservis en bus que de manière hebdomadaire ? Il reste toujours la possibilité du taxi mais bon, quand on peut payer 2-3 euros pour faire 25 km, il n’y a pas photo, c’est le bus qu’on prend.

Enfin, chaque année, j’apprends quelque chose sur le chemin et parfois, la leçon est douloureuse. Cette année en tout cas, mes pieds s’en souviendront !

Donc, voilà, peut-être que je n’arriverai pas à León cette année, mais finalement, ce n’est pas grave !

signature