Maman a tort – Michel Bussi

Encore une fois, il s’agit d’un livre prêté par ma Best, qui me fournit à peu près la moitié des livres que je lis chaque année et une plutôt belle surprise.

Résumé : Rien n’est plus éphémère que la mémoire d’un enfant.
Quand Malone, du haut ses trois ans et demi, affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire le croit.
Il est le seul… Il doit agir vite.
Découvrir la vérité cachée. Trouver de l’aide. Celle de la commandante Marianne Augresse par exemple. Car déjà les souvenirs de Malone s’effacent. Ils ne tiennent plus qu’à un fil, qu’à des bouts de souvenirs, qu’aux conversations qu’il entretient avec Gouti, sa peluche.
Le compte à rebours a commencé.
Avant que tout bascule. Que l’engrenage se déclenche. Quel les masques tombent. Qui est Malone ? (Babelio)

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Mon avis : Un enfant qui clame que sa mère n’est pas sa mère, c’est troublant et ça intrigue. Voilà, ce que nous propose cette fois Michel Bussi.

Et comme souvent dans ses romans, il nous promène du début à la fin de l’histoire, en semant des miettes de la solution tout au long des chapitres.

Ici, il mélange donc la psychologie du jeune enfant, le banditisme, les contes et la manipulation. Le tout, avec des personnages auxquels on s’attache assez vite, même si certains masques tomberont dans les derniers chapitres.

L’intrigue est bien ficelée et certaines idées sont intéressantes. Comment imaginer en effet que les histoires que le doudou de Malone lui raconte tous les soirs contiennent la solution à ces énigmes ?

Bref, un tout bon Bussi, à savourer.

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Le miroir des illusions – Vincent Engel

Voilà un auteur que je prends plaisir à lire. Que ce soit ses romans ou ses opinions, c’est toujours bien écrit (et après quelques lectures « faciles », cette différence de style se note et se savoure).

Résumé : Genève, 1849. Le jeune Atanasio, tout juste arrivé d’un petit village de Toscane, apprend le décès de Don Carlo, son protecteur de toujours. Le notaire lui remet une lettre cachetée du défunt, accompagnée de cinq portraits. C’est le legs d’un père à celui qui ignorait être son fils. Un legs doublé d’une mission : venger don Carlo par-delà la mort, en assassinant, selon un protocole strict, tous ceux qui ont empoisonné son existence.
Quarante-neuf ans plus tôt, dans un palais du Grand Canal, Alba vient au monde. Radieuse et sauvage, elle grandit en se moquant des hommes comme de la morale, et n’entend pas changer de vie en épousant le prince Giancarlo Malcessati, alias don Carlo.
Mais une nuit, au coin d’une rue mal famée, surgit Wolfgang. L’Allemand s’éprend aussitôt d’Alba. Entre eux, pourtant, il s’agira moins d’adultère que de crime…
De Venise à San Francisco, en passant par Milan, Berlin et New-York, voici les destinées romanesques de personnages guidés par l’obsession de la vengeance, au prix du bonheur, de l’amour et, peut-être, de leur vie.
(Goodreads)

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Mon avis : J’ai tout d’abord beaucoup apprécié de retrouver la plume et le talent de Vincent Engel. C’est un vrai plaisir de lire lorsque l’auteur maîtrise à la perfection les mots et l’art de les marier.

Pour en venir à l’intrigue, c’est une histoire assez sombre qu’il nous livre ici. Une histoire de vengeance, de faux semblants et de personnages hantés par des désirs qui les font se perdre dans les dédales de l’âme humaine. Plusieurs scènes provoquent d’ailleurs un sentiment de malaise, comme les scènes « d’éducation » d’Atanasio par Don Carlo.

J’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux personnages et je crois qu’aucun n’a vraiment bénéficié de ma sympathie. À part peut-être Lætitia et Raphaël dont on ne sait que finalement peu de choses.

Il n’en reste pas moins qu’on se laisse balader du début à la fin, jusqu’à la révélation finale des liens qui unissent réellement ces personnages et des motivations qui les animent.

Bref, si l’histoire est assez sombre et ne m’a pas emballée, je ne peux que saluer le brio avec lequel Vincent Engel se joue de nous et de ses héros.

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Fleur de cimetière – David Bell

Actes Sud, c’est l’un des stands que j’aime à visiter lors de la Foire du Livre. Pour le côté un peu différent des auteurs qu’ils éditent et pour ces fameuses couvertures rouges.

Résumé : Tom et Abby Stuart avaient tout pour être heureux : un mariage parfait, une vie confortable et une merveilleuse petite fille de douze ans, Caitlin. Jusqu’à ce que Caitlin disparaisse sans laisser de traces. Pendant un temps, le couple s’accroche à tous les espoirs, toutes les fausses pistes, mais cette vaine attente et le poids de la culpabilité finissent par avoir raison de leur union.

Quatre ans plus tard, au lendemain des funérailles organisées en sa mémoire, Caitlin réapparaît – sale, hirsute, étrangement calme. La jeune fille refuse d’expliquer ce qui lui est arrivé. Et lorsque la police arrête un suspect lié à l’affaire, Caitlin refuse de témoigner contre lui, laissant les Stuart face à une seule alternative : abandonner l’espoir que justice soit faite ou prendre les choses en main. Tom se lance dans une quête obsessionnelle de la vérité, mais rien de ce qu’il a vécu jusqu’alors ne l’a préparé à ce qu’il est sur le point de découvrir.

Savez-vous réellement qui sont vos enfants ? Croyez-vous sincèrement pouvoir les protéger ? Êtes-vous vraiment ce qu’il y a de mieux pour eux ? Avec ce premier roman, David Bell signe un suspense psychologique implacable en forme de huis clos familial et s’affirme d’emblée comme un maître du polar en chambre froide. (Babelio)

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Mon avis : N’en attendez pas un thriller classique où il faut retrouver la fille et découvrir ce qui lui est arrivé. Ici, on est plutôt dans le psychologique. Comment ces parents, en tant que couple et en tant qu’individus, affrontent ce drame et puis l’inespéré. D’ailleurs, on en apprendra assez peu sur ce qui lui est réellement arrivé.

Tout l’intérêt de l’intrigue repose ici sur l’obsession de Tom à découvrir la vérité et à essayer de recréer un lien avec sa fille. Jusqu’où est-il prêt à aller pour savoir ? Et le veut-il vraiment ?

Attention toutefois, l’ambiance générale du roman est assez noire et vous procurera un sentiment de malaise diffus mais ce roman vaut la peine d’être un peu bousculé.

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Une autre vie – S. J. Watson

Et voilà encore l’un des prises de mon butin de la Foire du Livre de cette année. Ayant beaucoup aimé « Avant d’aller dormir » du même auteur, c’est presque automatiquement que celui-ci s’est glissé parmi mes achats.

Résumé : Femme au foyer, Julia mène une vie bien rangée à Londres avec son mari et son fils. Lorsqu’elle apprend la mort de sa jeune sœur, Kate, victime d’une agression à Paris, près du canal de l’Ourcq, elle est sous le choc. Les deux sœurs, dont les relations n’ont jamais été faciles, s’étaient perdues de vue. Ne parvenant pas à faire son deuil, Julia décide d’aller à Paris afin d’en savoir plus sur la vie que menait Kate. Là, elle apprend que cette dernière fréquentait assidûment les sites de rencontre en ligne. Le doute s’insinue alors dans son esprit : et si la mort de sa sœur n’était pas due à une simple agression mais à une mauvaise rencontre ? Ne pouvant se débarrasser de cette idée obsédante, Julia décide de se faire passer pour Kate sur le site Internet d’escorts que celle-ci utilisait. Mais, à l’âge des bilans, des remises en question, des ambitions laissées derrière elle, Julia ne réalise pas qu’elle est en train de jouer un jeu dangereux à double titre. Si elle a en effet raison sur les circonstances de la mort de sa sœur, elle prend tous les risques. Et en goûtant à une autre vie, plus excitante, que va-t-il rester de la sienne ? (Babelio)

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Mon avis : Et bien, personnellement, je l’ai moins apprécié que « Avant d’aller dormir ». Sans doute est-ce dû au personnage principal, Julia, qui semble se fourrer dans une situation inextricable et faire à chaque fois les mauvais choix. Très vite, on ressent un peu d’agacement et on a dû mal à éprouver de l’empathie pour ce qui lui arrive.

Après, on a une magnifique histoire de manipulation dont la fin m’a légèrement surprise, mais qui finalement semble assez logique. La tension n’est pas très apparente, je l’ai peu ressentie, et donc pas d’effet page-turner. Et puis surtout, tout est basé sur une aventure hors-mariage assez malsaine donc la lecture n’est pas toujours très agréable.

Bref, un bon thriller mais pas exceptionnel.

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Invisibles et remuants – Nicolas Ancion

Un sujet intéressant, un quatrième de couverture qui donne envie d’ouvrir le livre et un auteur belge que j’apprécie, voilà les raisons pour lesquelles ce livre s’est glissé dans mon butin de la Foire du Livre de cette année.

Résumé : « Nous sommes entrés en résistance. Nous avons pris les armes. Vos armes. Et nous allons les retourner contre vous. » Le photographe Bruno Wagner accepte, pour un magazine prestigieux, de réaliser un reportage sur l’Espagne ravagée par la crise économique. Il retrouve dans les ruines du capitalisme spéculatif les représentants d’une humanité à vif, lessivée par des années de précarité et de colère, animés d’une rage décuplée par les humiliations. Le colonel Stadtler, lui, à la tête d’une unité des services secrets français, suit les traces d’un bioterroriste susceptible de déclencher une épidémie mortelle de masse. Entre paranoïa et crainte d’un massacre aveugle, il devra mettre à l’épreuve ses ressources et son intégrité afin d’éviter la catastrophe. Nicolas Ancion nous livre ici un roman haletant, au carrefour des genres, pointant sous le thriller les rouages implacables de notre modernité. (Babelio)

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Mon avis : Voilà un roman complexe, à la croisée des genres et jouissif.

Tour à tour, on se trouve plongé dans un thriller, une critique de notre société de consommation, du système économique dans lequel on vit et enfin, presque, un documentaire, le tout sous fond de craintes bien actuelles.

Le mélange des genres peut paraître déstabilisant mais la recette prend bien et les pages se tournent sans qu’on s’en aperçoive.

En bref, peut-être un ovni, mais un ovni délicieux, que l’on prend plaisir à parcourir.

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Americanah – Chimamanda Ngozi Adichie

Ce roman, j’en ai énormément entendu parler. Alors, cet été, lors d’un passage au Furet du Nord, quand je l’ai découvert sur une table, je l’ai emporté. D’abord en français, avant de le redéposer après avoir trouver l’ouvrage en anglais (ça tient un peu de choses, la couverture était vraiment plus belle).

Résumé : Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre.

Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?

Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.

À la fois drôle et grave, doux mélange de lumière et d’ombre, Americanah est une magnifique histoire d’amour, de soi d’abord mais également des autres, ou d’un autre. De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés sur la race ou le statut d’immigrant, et parcourt trois continents d’un pas vif et puissant. (Babelio)

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Mon avis : Vu le temps dingue que je mets à lire un tome d’Outlander en anglais, j’avais un peu peur en le commençant mais finalement, c’est passé tout seul.

L’écriture est fluide et efficace, parfois poétique. Les réflexions y sont profondes et je me suis laissée emporter par l’histoire d’Ifemelu.

Pas mal de choses personnelles, d’opinions ou de visions du monde et des choses ont résonné en moi car Chimamanda Ngozi Adichie balaye de nombreux thèmes et ça en fait un récit dense et complet.

J’ai été complètement époustouflée par ce récit et je crois que c’est d’ores et déjà l’un des gros gros coup de cœur de cette année. Je ne peux que vous en recommander la lecture très chaudement et, pour ma part, j’envisage de lire ses autres ouvrages.

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