The midnight library – Matt Haig

J’avais entendu parler de ce roman et lorsque ma petite sœur m’a proposé de me le prêter, j’ai sauté sur l’occasion, malgré son peu d’enthousiasme pour ce titre.

Résumé : À trente-cinq ans, Nora Seeds a l’impression d’avoir tout raté. Lorsqu’elle se retrouve un soir dans la mystérieuse Bibliothèque de Minuit, c’est sa dernière chance de reprendre en main son destin. Si elle avait fait d’autres choix, que se serait-il passé ?
Avec l’aide d’une amie bibliophile, elle n’a qu’à prendre des livres dans les rayonnages, tourner les pages et corriger ses erreurs pour inventer la vie parfaite. Pourtant, les choses ne se déroulent pas comme elle l’imaginait.
Avant que minuit sonne, pourra-t-elle répondre à l’énigme la plus importante : qu’est-ce qu’une vie heureuse ? (Goodreads)

Mon avis : Malgré l’avis très mitigé de ma sœur sur ce titre, j’ai adoré retrouver Nora Seeds après chaque interruption de ma lecture. Où allait l’emmener son prochain souhait ?

Chaque vie qu’elle essaye lui apportera son lot d’émerveillement sur ses capacités et possibilités et lui en apprendra plus sur elle-même. Au fur et à mesure de ses « essayages », elle s’apercevra aussi qu’aucune vie n’est parfaite, que chacune a ses bons et mauvais côtés et que tout dépend de la manière dont on perçoit les choses et pas tant de ces choses en elles-mêmes. 

Si ce roman commence de manière assez sombre avec son suicide, il délivre un message plutôt positif au final sans être trop parfait, trop positive vibes only… mais je ne peux en dire plus sous peine de vous en divulgacher la fin. Une lecture que je vous recommande donc complètement !

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Espérame en la última página – Sofía Rhei

Avant de partir en vacances, j’avais envie d’une lecture légère. Venant de renouveler ma carte de lectrice de la bibliothèque électronique de l’ Instituto Cervantés, c’est au hasard de mes recherches sur leur site, que je suis tombée sur cet ouvrage dont le titre m’a interpellée : Attends-moi à la dernière page (il semble ne pas exister de traduction française mais bien en anglais : I’ll meet you on the last page , ndlr).

Résumé : La littérature possède-t-elle la capacité de soigner ? Ce roman nous montre qu’être avec la mauvaise personne peut nous transformer à notre tour en mauvaise personne et que la vie nous offre toujours une deuxième chance, il faut juste trouver le livre approprié.

Celui-ci pourrait être le tien.

Il y a des romans qui servent de baumes, d’autres qui provoquent la catharsis, des titres qui nous emplissent de joie et d’autres qui nous aident à transformer la tristesse.

Dans les livres se trouvent des clés qui peuvent donner du sens au passé ou illuminer le chemin vers le futur.

Tous, nous sommes un jour tombés amoureux de la mauvaise personne. Silvia aussi.

Elle a découvert que, parfois, un livre peut être le meilleur remède.

Silvia est sur le point de célébrer son quarantième anniversaire et vit à Paris. Elle est la maîtresse d’Alain, un homme marié qui lui raconte toutes les nuits la même histoire pour la garder. Même si elle sait cette histoire n’est pas vraie, elle ne peut s’empêcher de céder à la tentation d’y croire.

Sa meilleure amie la convainc de consulter un conseiller enthousiaste et énigmatique capable de soigner avec la littérature. Grâce à des auteurs comme Oscar Wilde, Italo Calvino, Gustave Flaubert, Terry Pratchett ou Mary Shelley, Silvia apprendra de précieuses leçons, qui ne lui serviront pas lorsque Alain réapparaîtra et détruira ce qu’elle avait construit : « Je me suis trompé. J’ai besoin de toi, tu ne sais pas à quel point. » Et elle retombera dans ses filets comme un papillon de nuit dans la lumière.

Grâce au pouvoir des histoires, Silvia affrontera les pages obscures de sa propre vie, à toutes les zones sombres d’elle-même. Mais  ce chemin de pavés multicolores ne sera pas exempt d’obstacles (Essai de traduction du quatrième de couverture).

Mon avis : C’est effectivement une lecture plutôt légère et agréable, parfaite à emmener en vacances. Comme dans beaucoup de romans de ce genre, la protagoniste a des comportements qui m’horripilent ou pourraient me faire lever les yeux au ciel. Silvia n’échappe pas à cette règle mais ceux-ci ont une explication.

L’intérêt de ce roman réside dans ce mystérieux conseiller que Silvia, après quelques réticences, finit par consulter et par cette méthode particulière de lui recommander des lectures pour leurs sessions. Ces lectures  résonnent dans sa vie et sa problématique; expérience que toute lectrice et tout lecteur a un jour expérimenté avec un ou plusieurs romans.

Bref, si il ne s’agit pas d’une trame novatrice, le moyen d’aider la protagoniste à sortir de cette relation toxique est, par contre, original. Dommage que cette piste ne soit pas assez exploitée. L’histoire reste cependant agréable à lire, j’ai d’ailleurs même fini par m’attacher à Silvia malgré ses réactions et comportements qui m’horripilaient légèrement au début.

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Jacky – Geneviève Damas

Ce roman, je l’ai commencé sans trop savoir à quoi m’attendre. C’est une amie qui me l’a prêtée et ce fut une belle découverte.

Résumé : Ibrahim Bentaieb, jeune Belge d’origine marocaine, fiché S, doit réaliser un mémoire de fin de lycée sur un sujet de société. Mais il est en décrochage scolaire et décide de jeter l’éponge, quitte à redoubler. Cependant son professeur veut à tout prix qu’il s’en sorte : « Choisis un sujet qui t’intéresse, peu importe ce que ce sera. » Ibrahim décide alors de consacrer son travail à Jacky, rencontré quelques mois plus tôt lors d’un atelier interécoles ; il venait de Beth-Yaldout, un lycée juif des quartiers chics de Bruxelles.
Geneviève Damas réunit ici avec justesse et émotion deux mondes en apparence irréconciliables. (Babelio)

Mon avis : C’est un roman empreint d’émotion et qui balaie les préjugés. « Là-bas » est toujours évoqué à demi-mots, par les réminiscences et les traumatismes d’Ibrahim. C’est l’histoire d’un adolescent qui a fait une erreur de jugement et qui, de retour de l’enfer, cherche sa place. C’est l’histoire d’une amitié, inattendue, qui va ouvrir une nouvelle perspective à Ibrahim, de nouveaux espoirs.

Si le propos peut paraître simple et naïf, deux jeunes issus de communautés, que certains disent antagonistes, qui nouent une amitié, l’émotion et la sincérité qui teintent le récit le rendent criant de vérité. L’autrice nous y dépeint le cloisonnement que vivent ces deux communautés, l’enfermement que peuvent ressentir certains et l’espoir de chacun de vivre « comme les autres ». 

C’est un roman qui parle de tolérance, d’humanité d’empathie avec des mots simples, sans jamais tomber dans le dramatisme exacerbé, le cliché ou le sensationnalisme. 

Une petite perle que je vous conseille mais dont vous n’en sortirez peut-être pas indemne.

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Nos elles déployées – Jessie Magana

Ce roman, je l’ai reçu dans le cadre du dernier masse critique jeunesse organisé par Babelio. Le résumé me faisait envie, il a rejoint ma sélection et c’est finalement cet ouvrage que j’ai eu la chance de recevoir.

Résumé :

1974 Des femmes, partout dans la rue. Parmi elles, Solange, quinze ans, qui brandit fièrement les pancartes et reprend à pleins poumons les slogans préparés avec sa mère et ses copines du MLF. Elles le sentent, leur lutte est sur le point de faire basculer l’histoire. Demain, les femmes seront libres de choisir. Pourtant, rien n’est simple pour Solange, qui cherche à exister face à ces modèles et se questionne sur ses désirs nouveaux.

2018 Manifs, AG, une chose est certaine, dans les veines de Sido, la fille de Solange, coule le sang de ses aînées, fières et engagées. À son tour, elle cherche le moyen de faire entendre sa voix… et de trouver sa voie.

Trois générations de femmes veulent révolutionner l’amour, la famille, l’engagement. Une saga féministe bouleversante. (Babelio)

Mon avis : J’ai beaucoup aimé cette saga qui retrace un peu l’évolution des combats féministes. Des années 70 avec le droit à l’avortement et à disposer de son corps aux années 2000 avec #metoo, les questions de genre, les Gilets Jaunes et même le printemps arabe, c’est un bel aperçu des luttes et des convergences de luttes.

Ce roman est divisé en deux parties. La première nous voit en 1974 où l’on suit les combats de Colette ou Coco et comment Solange se construit et se positionne dans cet environnement et la société dans laquelle elle grandit. La deuxième nous plonge en 2018 où l’on découvre Sido qui cherche la manière de porter ses luttes. On est en plein dans les combats et débats actuels, cette partie est terriblement moderne, d’actualité.

Les « adultes » sont ici un peu secondaires, les projecteurs sont sur les adolescentes qu’ont été et sont Solange et Sido. C’est normal, car il s’agit du public cible du roman, mais par moment j’aurais aimé creuser un peu plus les ressentis de Coco et Solange. Néanmoins, le propos est toujours bienveillant et surtout crédible, un reflet fidèle des combats et débats passés et actuels.

Au final, j’ai pris énormément de plaisir à la lecture de ce roman que j’irais jusqu’à qualifier de militant et divertissant. Un mélange étonnant, peut-être, mais qui en fait une belle découverte, pour ma part.

Merci à Babelio et aux éditions Thierry Magnier. signature

La lengua de los secretos (La langue des secrets) -Martín Abrisketa

Ce roman, il faisait partie d’une sélection de titres au format kindle qui étaient offerts en avril de l’année passée, lors du premier confinement et des ouvrages que j’ai, alors, téléchargés.

Résumé : Martintxo est né dans un fromage : son Arrigorriaga natale qui, perforée par les mines, a poussé tant de gens à venir travailler dans une contrée où les gens élevaient des vaches et parlaient la « langue des secrets » (le basque ndlr). Enfant, il sera témoin de comment la guerre a aussi perforée sa terre avec les bombes allemandes. Séparé de ses parents, il devra prendre en charge ses frère et sœurs et fuir la destruction, à Santander tout d’abord et ensuite dans un petit village des Alpes françaises qui recueillera des réfugiés espagnols de la Guerre Civile.

La lengua de los secretos est un roman émouvant et magique à la fois, capable de nous embarquer dans la sensibilité d’un enfant turbulent et très courageux, qui se voit obligé de protéger ses frère et sœurs et de lutter contre la barbarie de la guerre avec pour seules armes l’imagination et le rêve. (essai de traduction du résumé)


Mon avis : Ce n’est pas le premier livre que je lis sur cette période de l’histoire espagnole, mais celui-ci offre un prisme particulier : la guerre civile est ici vue du point de vue d’un enfant d’une dizaine d’années à peine. L’imagination sans fin de Martintxo transforme donc chaque événement en expérience un peu magique, en jeu malgré le côte tragique des situations vécues. Et même si j’ai parfois eu du mal à adhérer à cette narration de l’imagination et du jeu, on ne peut que s’attacher à cet enfant qui va se battre comme il pourra pour permettre à sa fratrie de survivre à la séparation de leur famille.

Certains chapitres disposent d’un chapitre bis. Ces chapitres particuliers permettent à l’auteur de revenir dans le présent, dans l’élaboration de son ouvrage et à questionner sa relation avec son père. C’est assez intéressant et certains de ces chapitres font partie des plus émouvants à mon avis, notamment celui où son père et sa tante reviennent dans ce village français qui les a accueilli quelques années. 

Bref, un très beau roman que je vous conseille.

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Le tailleur de Relizane- Olivia ElKaim

C’est sans doute le premier livre que j’emprunte suite à une sélection défilant sur la page d’accueil de la plate-forme numériques des bibliothèques francophones belges.

Résumé : Relizane, pendant la guerre d’Algérie. Lorsqu’en pleine nuit, on frappe à la porte, Marcel, le grand-père d’Olivia Elkaim, craint pour sa vie et celles de sa femme et de leurs deux enfants. On lui enfile une cagoule sur la tête, il est jeté dans un camion et emmené dans le désert. Va-t-il être condamné à mort ou gracié ? Il revient sain et sauf à Relizane trois jours plus tard, et ses proches se demandent quel est le secret de ce sauf-conduit. À quoi a-t-il collaboré ? Quels gages a-t-il donné et à qui ? Viviane, son épouse, ses frères, sa mère, ses voisins, tous questionnent le tailleur juif. Mais il garde le silence. Quand un jeune apprenti arabe se présente devant son échoppe, Marcel comprend que tôt ou tard, il lui faudra quitter son pays natal.

Après ce début d’une folle intensité romanesque, Olivia Elkaim retrace l’histoire de sa famille, l’exil des siens, leur arrachement à cette terre africaine, et leur fuite chaotique vers une France où rien ne les attend – ni confort, ni sympathie, ni même aucune aide administrative.

Ces valeureux que le soleil caressait il y a peu, deviennent des réprouvés qui ne connaîtront que l’ombre d’une cave humide à Angers. Les grands-parents d’Olivia Elkaim, Viviane et Marcel, sont deux magnifiques personnages, entre Albert Cohen et Anna Magnani, qui ne cesseront de rêver d’échapper à cette triste France.

Au-delà de tout ce que nous savons du retour d’une famille pied-noire en métropole, au-delà du drame humain, familial, politique, souvent commenté par les historiens, Olivia Elkaim explore sa part algérienne, juive, lyrique, à la fois enchantée et hantée, que son père Pierre avait tenté en vain de lui transmettre.
Par ce livre qui rend hommage à ses ancêtres, et à travers la photographie jaunie d’une grand-tante, retrouvée par hasard dans le cimetière juif de Relizane, elle se révèle aussi à elle-même. (Babelio)

Mon avis : J’ai beaucoup aimé cette évocation de l’Algérie, de la guerre civile, de l’arrivée des familles Pied-noires en métropole et la quête d’identité de l’autrice. J’utilise ici le terme d’évocation car on reste un peu en surface, mais ce n’est que parce que ce n’est pas l’objet de ce roman. En effet, il ‘s’agit pour l’autrice d’interroger, de retrouver ses racines, ce passé tu mais pourtant si présent.

Et en effet, le présent et le passé, ou devrais-je dire les passés, s’entremêlent et se répondent tout au long du récit. Cette écriture entretient le suspens, l’envie d’en savoir plus, de découvrir, enfin, où l’autrice souhaite nous emmener. Au coeur de ses émotions et de ce passé qui lui appartient, enfin.

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