L’insulte

Si j’en avais entendu parler et que je voulais le voir, ce n’était pourtant pas ce que j’avais prévu ce jour-là. Une erreur de ma part en lisant la programmation et me voilà dans cette salle.

Synopsis : Lors de la rénovation d’un immeuble à appartements à Beyrouth, Toni, un Chrétien libanais, et Yasser, un réfugié palestinien, se disputent au sujet d’un problème de plomberie. La discussion s’envenime et Yasser finit par insulter Toni. Blessé dans son orgueil, Toni décide de porter plainte.
Rapidement, ils sont tous deux entraînés dans une spirale infernale dont la portée ira bien au-delà des murs du tribunal. (Cinénews)

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Mon avis : C’est un film puissant, d’une force rare. Sous le prétexte d’une « dispute de quartier », Ziad Doueiri nous offre une immersion dans l’histoire récente et les blessures des populations du Moyen-Orient.

Yasser, réfugié palestinien, et Toni, libanais ayant souffert directement de la guerre civile, sont deux personnages complexes, qui permettent à Ziad Doueiri de nous découvrir petit à petit l’histoire et la politique compliquée de cette région du monde.

Et malgré le procès dans lequel ils s’opposent et dans lequel leurs avocats vont jouer tous les coups possibles, on est loin d’une vision manichéenne de l’incident et du vécu de ces deux hommes.

Un film qui nous plonge dans un contexte et une zone du monde particuliers mais dont le récit est universel. Une énorme claque, un film à voir sans aucun doute.

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The shape of water (La forme de l’eau)

Ça faisait longtemps que nous n’avions plus eu l’occasion de nous faire un ciné et puis, mes cours de néerlandais ayant pris fin, mon agenda s’est libéré et on en a direct profité.

Synopsis : Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence morne et solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres… (Cinénews)

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Mon avis : J’ai passé un joli moment et me suis laissée attendrir par cette relation qui se crée entre Elisa et la créature (magnifique, soit dit-en passant). Un film inclassable qui mêle poésie, fantastique, espionnage et des personnages pour le moins atypique. Une ode à la différence.

Un film à voir, assurément.

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Jalouse

Quand j’ai vu que c’était un film des frères Foenkinos (dont j’adore les romans de David Foenkinos), je n’ai pas hésité longtemps et je me suis rendue en salles obscures.

Résumé : Nathalie Pêcheux, professeure de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d’action s’étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage… Entre comédie grinçante et suspense psychologique, la bascule inattendue d’une femme. (Cinénews)

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Mon avis : Quelle déception ! On est loin de la tendresse et de la poésie diffuses des romans de David Foenkinos. Je n’ai pas retrouvé ce ton, cette manière de raconter une histoire qui me touche dans ses livres.

J’ai en fait eu beaucoup de mal à m’attacher au personnage de Nathalie ou à éprouver ne fut-ce qu’un peu de sympathie pour elle. Ses réactions semblent extrêmes et exagérées et certaines prêtent même à rire (heureusement, sinon, je crois que j’aurais pu quitter la salle avant la fin). Une tentative d’explication de son comportement est d’abord apporté par l’approche de la ménopause. Et ça, je l’ai trouvé quand même très cliché. Et puis, on sous-entend quelque chose de plus profond, de plus grave, une dépression peut-être, mais sans jamais le dire. Et ça, j’ai trouvé ça dommage…

Restent quelques scènes drôles et des personnages secondaires attachants. Mais Nathalie, franchement, elle m’a donné envie de fuir la salle.

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La Maison de l’Histoire Européenne

Il y a quelques mois déjà que ce nouveau musée lié au Parlement Européen a ouvert à deux pas de celui-ci, au cœur du Parc Léopold. À son ouverture, alors que j’habitais à moins de cinq minutes à pied, l’envie d’en pousser les portes m’avait déjà titiller. Et ce fut chose faite ce weekend à l’initiative d’une amie.

Première chose à savoir, aucun panneau n’accompagne les objets exposés. La raison en est fort simple : les textes descriptifs/explicatifs dans les 24 langues de l’Union, ça occuperait trop d’espace. La solution : une tablette dont les contenus changent automatiquement en fonction de l’endroit où l’on se situe. C’est assez pratique mais il faut quand même un petit moment d’adaptation, histoire de comprendre le principe de fonctionnement et d’agencement des espaces représentés sur la tablette.

Le musée comporte six ou sept étages (j’ai un doute) et abrite des expos temporaires, en plus de l’exposition permanente. Chaque étage correspond à une période, plus ou moins longue, de l’histoire. C’est assez riche et dense, en deux heures, nous n’avions parcouru que deux étages (le site web indique comme durée de visite 90 minutes, j’imagine que c’est en visite guidée car dès l’accueil, on nous a prévenu, on peut facilement y passer la journée).

Tout comme le Parlementarium, c’est un musée entièrement gratuit, dans lequel on pourrait passer des heures. Nous avons d’ailleurs évoquer la possibilité d’y retourner prochainement pour compléter cette première visite.

Il est à noter encore que le bâtiment qui abrite la Maison de l’Histoire Européenne vaut le détour, situé dans l’ancien jardin zoologique royal, aujourd’hui Parc Léopold.

Bref, si l’histoire de l’Europe vous intéresse, c’est un musée qu’il vaut la peine de visiter.

La Maison de l’Histoire Européenne, Rue Belliard 135, 1000 Bruxelles

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Happy Death Day

D’habitude, les films d’horreur, j’évite. Là, par contre, j’avais très envie de le voir. Tout en ayant quand même une petite appréhension.

Synopsis : Tree, une jeune étudiante, est perturbée lorsqu’elle découvre qu’elle revit inlassablement la même journée. Une journée apparemment ordinaire mais qui s’achève toujours par sa mort brutale… (Cinenews)

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Mon avis : Alors, le pitch est assez simple en effet. Tree revit en boucle la même journée qui est à la fois son anniversaire, l’anniversaire de la mort de sa mère et le jour de sa propre mort.

Chaque « nouvelle » journée, chaque changement apporté à son déroulement, l’entraîne vers une mort différente. Et après quelques « journées », alors qu’elle commence à se rendre compte qu’elle seule garde le souvenir de celle-ci, elle en joue un peu. Et ça donne lieu à des moments plein d’humour. Et c’est sans doute là l’intérêt de ce film, cet humour, cette façon de se moquer qui fait que la tension du début s’efface peu à peu. On n’a plus alors envie que de savoir qui se cache derrière ce masque et si Tree arrivera finalement à sortir de cette boucle infernale et comment.

Bref, j’ai trouvé ce film fort sympathique, j’ai beaucoup ri et j’ai donc passé un bon moment. Un film que je vous conseille donc.

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Seven Sisters

Profitant d’un jour de congé, j’ai filé voir ce film dont j’avais vaguement entendu parler et je n’ai pas été déçue.

Synopsis : 2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparaît mystérieusement… (Cinenews)

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Mon avis : Et bien, j’ai beaucoup aimé ce film. Franchement. Il y a de l’action, un poil de projection dans un futur qui glace le sang, une pincée de prise de conscience de la manière dont nous vivons et de son impact sur notre planète, un brin d’humour et beaucoup d’émotions.

D’emblée, on est projeté dans un scénario catastrophe. Le réchauffement climatique n’était pas une élucubration de quelques illuminés et il a eu des conséquences telles qu’une politique de l’enfant unique est mise en place. Et elle est plutôt musclée, trop même (mais chut, je ne voudrais pas vous spoiler).

Si j’ai beaucoup aimé cette partie « réflexion sur notre futur », le film se concentre ensuite sur les sept sœurs. Leur vie partagée où elles incarnent une seule et même identité chacune leur tour. La façon dont chacune gère ou pas cette « vie » et les tensions inhérentes à celle-ci. Les choses auxquelles chacune doit renoncer pour permettre la survie de la fratrie.

Et puis, l’une d’entre elle disparaît et tout bascule. Leur secret semble éventé et, parties à la recherche de Monday et engagées dans une lutte pour leur vie, elles finiront par changer le monde dans lequel elles vivent.

Un film très intéressant, qui pose aussi la question des limites à poser à la survie de notre espèce, notamment via les déclarations de la présidente, Nicolette Cayman. J’aurais juste voulu en découvrir et en savoir plus sur ce monde en 2078 et être parfois un peu moins centrée sur les sept sœurs.

À voir, donc.

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