Travailler en contact avec le public

Dans mon job, je suis en contact constant et direct avec le « public ». En matinée, nous recevons les gens pour établir leur demande d’allocation. Et de nos jours, ce n’est pas toujours chose facile.

Il y a ceux qui, même si les heures d’ouverture sont passés, poussent la porte pour l’ouvrir et plutôt deux fois qu’une. Parfois même, ils frappent sur la porte. De rage. Parce que les heures d’ouverture sont finies. Et ça arrive même le week-end.

Il y a ceux qui, quelle que soit leur situation, sont venus pour râler. Et quand tu en enchaînes deux d’affilée, ça te démange sérieusement de leur dire leurs quatre vérités/de les envoyer se faire voir/de leur filer une baffe (biffer les mentions inutiles) mais tu peux pas. Alors, tu essayes de continuer ton job du mieux que tu peux face au rageur.

Il y a ceux qui râlent ET qui le prennent mal si, toi, tu as l’outrecuidance de ne pas garder le sourire/de ne pas leur sourire.

Il y a ceux qui viennent se défouler parce que « vous êtes bien formés pour ça, non ?  » Et quand bien même, on reste des êtres humains qui méritent le respect, non ?

Il y a ceux à qui il faut arracher la raison de leur visite (non, j’ai pas de boule de cristal) et ceux qui t’en laissent pas placer une. Ceux qui répètent trois fois la même chose en espérant que tu finisses par changer ta réponse. Ben non, t’as droit ou t’as pas droit, point.

Mais quand même, il y en a ceux qui disent bonjour, au revoir et merci. Ceux qui te disent que tu fais du bon boulot et que franchement, eux, ils pourraient pas faire ce job-là. Ceux qui prennent ta défense face aux rageurs. Ceux qui te font sourire, voire rire parfois. Ceux qui te font des déclarations.

Et puis, il y a les collègues sans qui ce serait parfois difficile de trouver la motivation de se lever le matin.

Travailler en contact avec le public, c’est pas évident tous les jours, mais, au final, je crois que je ne pourrais pas travailler dans un bureau en étant en contact qu’avec quelques collègues. Alors, c’est pas tous les jours faciles, ça m’a certainement endurcie et poussée à sortir de ma coquille, mais j’aime ça. Je crois.

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Moi et mon job

Comme vous le savez peut-être ou pas, je travaille dans un syndicat, au service chômage plus exactement. En gros, amis français qui passez par ici, en Belgique, on a deux options à la fin de son contrat de travail : faire sa demande d’allocations via l’organisme de paiement de l’État ou via un syndicat, les deux transmettent alors la demande à l’Office National de l’Emploi qui prend les décisions.

Et si globalement, j’aime assez ce que je fais, je ne me vois pas y passer le reste de ma carrière. En tout cas, pas dans un poste en première ligne comme ça. Parce que c’est un job assez usant, de par la population que l’on reçoit qui ne parle pas toujours bien le français ou le néerlandais et du fait qu’on est le tampon, l’intermédiaire entre l’affilié et l’instance décisionnelle.

Après, il est vrai aussi que ça ne correspond pas à mon parcours académique. Tous les gens qui me demandent  « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? » suivi d’un « Qu’est-ce que tu as fait comme études ? » en viennent souvent à me poser la question du comment ou pourquoi j’ai atterri là, voire à vouloir me sortir de là (et si certains jours (les bad bad days), j’en ai vraiment envie, la plupart du temps je suis plutôt satisfaite de mon job. Enfin, les collègues y sont sans doute pour beaucoup, ainsi que le côté « défi » que peut représenter parfois la solution d’un dossier compliqué ou la vérification d’un paiement pas évident.

Et puis, la raison principale pour laquelle j’y suis peut-être encore toujours, c’est aussi que je n’ai jamais consacré l’énergie nécessaire à trouver autre chose. De mieux payé. De mieux valorisé. Tout d’abord, parce que je faisais des trajets quotidiens qui m’épuisaient (j’étais une loque les weekend), ensuite parce que je me suis installée doucement à Bruxelles, pris des cours de salsa, de néerlandais, bref, j’occupais bien mes semaines. Sans oublier, raison fondamentale sans doute, qu’habitant maintenant Bruxelles, je ne me vois pas travailler à l’extérieur… mais à Bruxelles même, une bonne maîtrise du néerlandais est indispensable dans la moitié des postes. Peut-être qu’il y avait aussi l’envie de ne surtout pas replonger dans la spirale des hauts et des très nombreux bas de la recherche d’emploi…

Issu de http://www.clichemignon.fr

Bref, tous ces mots et cette impulsion qui me chatouille parfois sans jamais se concrétiser traînent en moi depuis un sacré bout de temps (enfin, surtout depuis l’année dernière et cette période où je n’avais plus l’envie de me lever le matin) et je les pose aujourd’hui ici. Et puis, cette offre d’emploi dans le secteur public que j’ai vu passé, pour laquelle j’ai postulé et passerai les premiers tests début de semaine prochaine ne sont sans doute pas étrangers à ce déballage.

Un nouveau départ peut-être ou peut-être pas, on verra…

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1e semaine de septembre, l’enfer

Finalement, juillet-août, c’était vraiment pas le pire. Le pire, c’est maintenant, cette semaine. On ne désemplit pas, c’est du non-stop toute la matinée et autant de monde, ça fait un bruit de fond épuisant. Mal de tête garanti avant midi.

Et puis, le truc qui m’a achevé, c’est la récup’ que je voulais poser la semaine prochaine. Le lendemain de la soirée de rentrée de mon école de salsa. Je voulais en profiter, rentrer à deux heures du mat’ et pouvoir dormir le lendemain. Et puis, je peux oublier. Deux collègues en vacances et un autre en maladie, ma responsable m’a dit non.

Alors, si je peux tout à fait comprendre qu’on est vraiment juste niveau personnel en ce moment, ça n’empêche que ça me gave. Et pas qu’un peu. Bien sûr, elle m’a dit que je pouvais prendre l’après-midi (l’après-midi, on est pas ouvert au public, donc ça pose pas de problèmes) mais je voulais une journée, je voulais une grasse matinée. Surtout que je n’ai pu prendre aucune récup’ de journées entières en juillet-août (rapport aux malades et vacances). Et là, ça commence à faire long et puis, surtout, c’est pas un après-midi que je veux, c’est une journée.

Heureusement, j’ai posé deux jours de congé pour les Wallo’s fin septembre, un long weekend de quatre jours, ça me fera du bien. Même si les Wallo’s, ça va pas être de tout repos non plus !

Et surtout, je retiendrai la leçon pour l’année prochaine : glisser quelques jours de congé en juillet-août pour souffler et prendre la première semaine de septembre pour éviter ce rush de rentrée.

Quand on débarque dans un nouveau job,

enfin, en tout cas pour ma part, on tente d’apprendre et d’assimiler au mieux son nouveau rôle et on observe. Les premiers mois, les premières années, on cherche à faire son job du mieux possible et à évoluer petit à petit. Moi, je ne sais pas où je serais dans cinq ans, je ne vois pas si loin…
Par contre, autour de moi, certains de mes collègues me disent (voire me souhaitent) de trouver autre chose, plus tard. C’est souvent aussi un reflet de leur propre envie de partir ailleurs. Parce que le public que l’on a n’est pas toujours évident (au point que l’on a des formations pour gérer l’agressivité) et qu’ils ont la sensation d’être considérés comme des pions par la direction. 
Moi, aujourd’hui, mon job, il me plaît bien. Il y a plein de choses à apprendre (parfois, je dirais même trop), c’est assez varié puisqu’on est censé être des agents polyvalents : accueil, guichet, paiements et dossiers administratifs principalement. Et moi, j’aime bien cette possibilité d’être un jour au guichet, de passer le jour suivant aux paiements (sans recevoir les gens donc) et puis de faire l’accueil. C’est une chose sur moi que j’ai découverte il y a quelques années, ce besoin d’être au contact des gens, même si je suis d’un naturel timide. Je ne pense pas qu’un job derrière un écran, dans un bureau toute seule me plairait.
Je suis consciente aussi que pour moi, ce n’est que le début, dans quelques années, je serais peut-être lassée, j’aurais peut-être besoin d’autre chose, de nouveaux défis et il n’est pas sûr que je puisse les trouver ici. Mais on verra quand on y arrivera. En tout cas, je viens de signer un cdi et je ne me vois pas chercher du boulot ailleurs dans l’immédiat… même si une collègue m’a posé cette question directement il y a peu.
Bref, même si c’est peut-être loin d’être le cas pour tous mes collègues, globalement, moi je vais au boulot avec le sourire.

Et voilà…

je vous l’avais annoncé et je l’ai signé hier ce cdi sans période d’essai. Et là, j’ai vraiment l’impression d’une page qui se tourne. De nouvelles possibilités, de nouvelles perspectives et des décisions à moyen et long terme à prendre. Fini de n’avoir pour horizon que les neuf mois à venir grand maximum, fini de n’avoir à gérer qu’une bourse…
Signer ce cdi, c’est aussi choisir les cases à cocher pour l’assurance-groupe, un choix pas évident à poser (même si il est possible de revenir en arrière par après). Ce n’est sans doute que le premier pas, peut-être le premier vrai choix de ma vie d’adulte (ou en tout cas, c’est comme ça que je le ressens)…
La suite ? Comme je le disais, passer le permis et puis trouver un appart’ à Bruxelles. Et le meubler. Quand j’y pense, à ces nouveaux projets à long terme, j’ai vraiment l’impression d’entrer petit à petit dans un nouveau monde. C’est à la fois excitant et un peu stressant… mais here we go !

Ça, ça fait vachement plaisir !

Sans compter que ça motive un max. 
Bref, cette semaine, j’ai été « affectée » dans une autre permanence et, à de rares exceptions près, j’y resterai jusqu’à la fin de ma formation en novembre. Alors, ce qui est cool, c’est que pour une fois, je bosse seule. Sans mes deux collègues qui ont commencé en même temps que moi, parfois aussi sans notre formateur (il faut dire qu’il doit maintenant se partager entre trois permanences pour continuer à nous coacher et à nous évaluer).
Alors, se retrouver seule face  aux affiliés, avec juste les collègues aux bureaux d’à côté pour répondre à l’un ou l’autre doute, c’est un peu stressant au début. Une erreur dans un dossier, ça peut retarder un paiement ou pire. Surtout qu’en plus, petit à petit, on m’ajoute des types de demande à faire.
Lundi, j’ai vraiment flippé au début et puis, ça s’est bien passé. D’ailleurs, ils ont l’air content de mon boulot. J’ai vraiment l’impression d’apprendre plus, d’évoluer et ça, c’est motivant et valorisant.
Toute bonne semaine donc !