Una visita… et ça fait du bien !

Le weekend passé, une amie espagnole que j’ai connue à Bruxelles, est venue passer quelques jours à la maison. J’avoue avoir abordé ces quelques jours avec un poil d’appréhension (elle a son caractère et ses petites manies) et beaucoup d’impatience.

Les derniers jours précédant son arrivée, moult messages impatients et débordant d’amitié furent échangés. Quelques mauvaises nouvelles, aussi. Ma grippe intestinale, débarquée la veille de son arrivée mais très légère, mon entorse et son gros rhume. Sans oublier la grève le jour de son départ.

Au programme : une raclette à la maison le vendredi osir, une première pour elle ainsi qu’une autre amie espagnole. Toutes les deux ravies de l’expérience (ouf, quelle pression quand j’ai su que c’était leur première) et une chouette soirée entre filles. Vu notre état patraque à toutes les trois, on a fait l’impasse sur la soirée salsa prévue, ce qui ne nous a pas empêchées de nous quitter relativement tard (notre amie a d’ailleurs loupé le dernier métro et je lui ai donc appelé un taxi).

Samedi, on s’est levées tranquillement. J’ai préparé du pain perdu pour le petit déj’ (pression à nouveau mais épreuve réussie haut la main) et puis on est allées faire un tour sur le marché de noël. Autant dire qu’on y a passé une bonne paire d’heures…avant d’aller assister à l’entrée de Saint-Nicolas et de son cortège sur la Grand-Place. Alors, franchement, si vous avez des enfants, ça en vaut la peine. Distribution de bonbons à gogo dans le cortège avant le lancer depuis le balcon de l’hôtel de ville. Malheureusement, nous sommes rentrées bredouilles. Ensuite, éclair de génie, je propose un détour par le Manneken Pis, espérant qu’il serait « déguisé » en Saint-Nicolas et c’était bien le cas !

Retour à la maison pour souffler un peu avant la soirée… Parties un peu en avance pour pouvoir profiter du son et lumière projeté sur l’église place Sainte-Catherine, nous avons eu la déception de tomber juste sur le problème technique. Bref, c’était loupé. Nous avons alors rejoint le resto, où malgré ma réservation trois semaines à l’avance, nous avons dû attendre dix bonnes minutes pour voir une table se libérer. Et puis, après le diner, fin de soirée entre filles autour d’une gueuze ou d’une kriek, selon les goûts (et cette fois, on a eu l’œil sur le cadran, et on a pu rentrer en métro).

Dimanche, premier dimanche du mois, on en a profité pour visiter le musée juif, gratuit ce jour. Une visite intéressante. Au retour, crochet par le marché de la place Jourdan et surtout le traiteur thaï, histoire de nous sustenter. Super agréables, comme d’habitude, et le plat était succulent (curry de bœuf aux pommes de terre, ananas et cacahuètes). Vu le magnifique ciel de cet après-midi, nous l’avons passé enfoncées dans le canapé, devant une édition de Danse avec les stars. ça l’a bien fait rire de voir Miguel Angel Muñoz à la télé française.

Et le soir, pour clôturer ce weekend, nous sommes allées manger des frites, toujours place Jourdan, accompagnées d’une kriek.

Un weekend dont je garde de très bons souvenirs évidemment. Malgré quelques appréhensions de ma part, tout s’est impeccablement déroulé. Si parfois cette amie peut être angoissée, elle est aussi super spontanée et tendre, abrazos y besos en la mejilla tout le weekend (et surtout sur les photos – ça me surprend toujours et j’éclate de rire à chaque fois, ça nous fait des photos assez sympa). Comme souvent, ce genre de moments me fait penser à quel point mes relations et mes manières d’être sont différentes avec mes amis belges et espagnols. Et pourtant, il y autant d’amour et d’amitié dans les deux cas.

Dans le mille !

Alors que pour mon anniversaire, mes sœurs préfèrent piocher des idées dans une wishlist (en tout cas, dernièrement car j’ai aussi eu droit à de belles surprises par le passé), mes amies m’ont carrément surprise (en bien, et même plus) de par leurs cadeaux.

Tout d’abord, ma Best, avec l’album photo de notre voyage au Brésil. Détails poussés jusqu’au bout puisqu’elle a été jusqu’à récupéré mon bracelet de l’hôtel que j’avais jeté avant de partir, mon billet d’avion et le sable de la plage, ramassé une fois le soleil couché, afin de les ajouter à l’album.

Et puis, Stella. À nouveau, je ne m’y attendais pas du tout et c’est d’ailleurs quelque chose que j’aurai pu indiquer dans ma wishlist mais à laquelle je n’ai absolument pas pensé : l’intégrale de Mafalda en V.O., édition spéciale pour les 50 ans. Preuve qu’elle écoute et retient ce qu’on lui dit puisque j’avais dit un jour, en le voyant à la Fn*c, que j’en avais envie et que je me l’achèterai sans doute…mais pas aujourd’hui.

Bref, merci les filles pour ces petites attentions juste parfaites !

De la pudeur en amitié

C’est étrange. Avec mes amis belges, même ceux et celles que je connais depuis longtemps, il y a une certaine pudeur, une certaine retenue. Même si ça fait des années et des années que l’on se connaît, il y a des mots, des émotions qu’on ne dit pas (sauf dans les « grandes occasions »).

Et là où je me rends compte du contraste, c’est quand je pense à mes amis espagnols et portugais, rencontrés depuis 6 mois. Je pars pour une semaine de vacances, et à mon retour j’ai un message qui m’attend. Cuando vuelvas ? Te echamos de menos. (Tu rentres quand ? Tu nous manques). Pareil avec mon amie bilbayenne, rentrée en Espagne il y a quelques mois. Il n’est pas rare qu’elle termine ses mails d’un Te quiero ou Te echo de menos.

Alors, je sais, pour l’avoir vécu, que les liens qui se tissent quand on est à l’étranger, comme c’est leur cas, semblent parfois plus fort, mais est-ce juste cela ? Mes amis belges sont-ils plus réservés ? plus pudiques ? Est-ce un trait personnel ou culturel ? La réponse doit tenir à un mélange de tout ça (et peut-être plus encore).

Et vous ? ça se passe comment avec vos amis ? Grandes démonstrations ou voile de pudeur ?

Être celle qui reste

Voilà. Je viens sans doute de passer une étape. Celle de voir la première de mes amitiés bruxelloises rentrer chez elle. Ce ne sera sans doute pas la dernière, vu le grand mélange de nationalités qu’est Bruxelles et les expats de toutes sortes qui arrivent et repartent.

Dans l’immédiat, la sensation est un peu bizarre. Elle était un peu le moteur, le centre de notre groupe et nous partagions énormément de moments ensemble. Cinéma, simple balade, un chocolat à proximité de la Grand-Place… Il fallait qu’elle remplisse ses weekends d’activité, pour échapper à la chambre d’étudiante qu’elle louait et qui la déprimait un peu. Du coup, elle remplissait aussi les nôtres et donc, je vais forcément ressentir un vide à un moment ou à un autre.

Sans doute que les weekends à venir vont être un peu plus calmes… Quoique. J’ai déjà quelques projets de prévu, finalement. Mais ce ne sera pas pareil. Depuis l’annonce de son départ, il y a eu les moments où cette future possible solitude à venir me faisait un peu peur et puis d’autres où ce n’était pas le cas. On verra…

Et puis sinon, ce fut un départ mêlé de tristesse et de joie. Elle repart car elle a trouvé un job à Madrid, juste dans sa branche et plutôt prometteur. L’air de rien, elle faisait partie de ceux qui ont atterri à Bruxelles un peu par hasard, un peu à contre-cœur. Ce n’était pas un choix mais plutôt une nécessité pour continuer à avancer. Donc je ne peux que me réjouir de cette nouvelle étape dans sa vie. Mais égoïstement, on préférait parfois que les gens qui comptent restent à nos côtés.

Pour une fois donc, et depuis longtemps, je suis celle qui reste et qui regarde les autres partir…

À partir de quand faudrait-il prendre ses distances ?

À partir des premiers sms où apparaissent ces mots « content de t’avoir vu » ou « je suis content d’aller ce soir à tel événement et de te voir » ? Ou serait-ce précipité ?

Après ce moment étrange où un baiser a été refusé ?

Après ces nouveaux sms qui contiennent ces mêmes mots après ce premier refus ?

Où est la limite ?

Rien n’a été franchement et directement exprimé. Ces sms pourraient passer pour ceux d’un ami très proche ou que l’on ne voit pas souvent. Mais on ne se connaît que depuis deux mois et on se voit environ une à deux fois par semaine.

Mis à part ce moment étranger de la tentative de baiser dans le couloir de la pension où nous logions (chambre à part, inutile de le préciser) et quelques regards insistants remarqués par des amis, je n’avais perçu aucun signe. Partis ensemble à Bilbao par « semi-hasard » (j’avais déjà réservé mes billets d’avion et ma chambre quand il a dit qu’il envisageait de s’y rendre…sauf que cette décision s’est faite assez vite après notre discussion), je n’ai vu aucun signe annonciateur de cet étrange moment. Ni dans son comportement ni dans son discours la veille et le jour même.

Dois-je maintenant mettre une certaine distance ? Distance, que suite aux remarques d’amis concernant ses regards appuyés, j’ai essayé de mettre assez vite en restant un peu froide, de ne jamais terminer mes sms par « bisous » ou ce genre de choses. Mais c’est un peu contre ma nature, moi qui affiche un sourire énorme quand je retrouve un ami.

Dois-je attendre qu’il aborde le sujet ? Entre samedi soir et lundi en fin d’après-midi, malgré un certain nombre de moments passés en tête-à-tête (dans l’avion et à l’aéroport, vu que le premier avait une bonne heure de retard), il ne l’a pas fait. Moi non plus, remarquez, j’ai plutôt fait comme si il ne s’était rien passé.

De mon côté, comme vous l’aurez compris, je ne le vois que comme un ami et je ne pense pas que cela pourrait changer dans le futur. Et donc, que dois-je faire ? Laisser courir comme si rien ne s’était passé et me détourner encore une fois si il retente quelque chose ? Ou mettre les pieds dans le plat ? Je n’ai pas envie de le perdre comme ami mais c’est vrai aussi que depuis samedi soir, je ne suis peut-être plus tout à fait moi-même non plus en sa présence, je fais attention aux paroles et gestes que je pourrais avoir. J’ai d’ailleurs été limite impolie en lisant non-stop (ou presque) en attendant l’avion ou dans l’avion. Bref, je suis un peu indécise, la situation est délicate.

Comme en Espagne… ou presque !

Depuis quelques semaines, et depuis ma première table de conversation en espagnol et les rencontres que j’y ai faites, je passe mon weekend avec des amis espagnols ou qui parlent espagnol. Et limite, le climat mis à part, à de nombreuses reprises, je pourrais me croire là-bas quand je suis avec eux…

Pour la manière de vivre et de profiter de la vie. Pas sûre qu’avec des amis belges, j’aurais déjà testé autant de restaurants différents ! Pour le nombre d’activités qu’ils me proposent et jusqu’au groupe fermé sur Faceb**k que l’on vient de créer.

Pour los dos besos, abrazos y autres marques d’affection. Des gestes que je n’ai pas, n’ose pas avec des amies plus « anciennes », plus proches aussi qui semblent tellement naturels avec au moins l’une de mes nouvelles amitiés.

Et puis aussi et surtout, ce retour de l’espagnol dans ma tête. Je me suis remise à penser en espagnol entre 30% et 50% du temps, peut-être un peu plus le weekend, vu que l’on s’écrit et se parle principalement dans cette langue. Ce qui est encore accentué par le fait que je lis actuellement un roman dans cette langue.

Bref, je savoure ces moments parce que pour certains d’entre eux, je n’aurais peut-être pas la chance de les garder près de moi très longtemps…