Mon ange

Ce film, j’ai eu envie de le voir dès les premières bande-annonces et j’ai bien cru que je n’y arriverais pas. Dans les « grands » cinémas, il n’est pas resté très longtemps à l’affiche et dans les plus petits, les horaires sont parfois un peu bizarre. Mais, j’ai eu de la chance, cette semaine, les séances me convenaient.

Synopsis : Mon Ange est un petit garçon doté d’une incroyable singularité : il est invisible.
Un jour, il fait la rencontre de Madeleine, une petite fille aveugle dont il tombe éperdument amoureux… Au fil des ans, leur amour grandit, jusqu’au jour où Madeleine lui annonce une nouvelle qui va bouleverser leur vie : elle va retrouver la vue… (Cinenews)

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Mon avis : Étrange film que celui-là où l’on ne voit jamais le personnage principal, et pour cause. On le devine pourtant dans certaines scènes, à l’influence qu’il peut avoir sur les objets voire sur les personnes. Comme cette scène où la mère allaite ce bébé invisible ou encore cette scène d’amour physique. Et là, j’avoue que je me demande encore comment ils ont pu rendre ça de cette manière à l’écran…

Quand à l’histoire, elle peut paraître assez simple au-delà de cet aspect fantastique mais finalement, nous amène à nous poser certaines questions.

Et puis, le grand intérêt de ce film, c’est quand même ce pari, cette expérience « sensoriels » auxquels nous sommes conviés. Tout au long du film, notre perspective est celle de Mon Ange (90% du film, je pense) et sa rencontre avec Madeleine, aveugle, donne lieu à la mise en valeur des quatre sens « restants » que sont l’odorat, le toucher, le goût et l’ouïe.

C’est donc un film qui, au-delà d’une belle histoire, vaut la peine d’être vu pour cette particularité et la manière dont ils en jouent.

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Noces

Ce film, dès les premières bande-annonces, il y a quelques mois, j’ai voulu le voir. Le sujet m’interpellait et les extraits semblaient prometteurs malgré un sujet plutôt sensible.

Synopsis : Zahira, belgo-pakistanaise de 18 ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Écartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son frère aîné et confident, Amir. (Cinénews)

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Mon avis : Le sujet de ce film est interpellant, touchant et la prouesse, ici, est de n’apporter à aucun moment un jugement. On observe.

Les tiraillements de Zahira, entre le respect des traditions et de sa famille, et la culture dans laquelle elle vit et ses propres envies. Ceux des frères et sœurs, entre compréhension de Zahira et leur amour pour elle et l’amour et le respect qu’ils portent à leurs parents et à leurs traditions.

C’est là peut-être l’aspect le plus tragique de ce drame : les sentiments des uns et des autres sont mêlés, flous et si ils finissent par faire ce qu’ils estiment devoir être fait, ce n’est pas de gaieté de cœur. C’est ça aussi que j’ai aimé dans ce film, ce côté humain, cette manière de se mettre dans la peau de l’autre pour, peut-être, essayer de comprendre. Juste comprendre.

Un film bouleversant, sans aucun doute.

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Belgica

À sa sortie au mois de mars, l’amie avec qui je vais souvent au cinéma m’en avait parlé et voulait absolument aller le voir, ayant adoré Alabama Monroe du même réalisateur (Felix van Groeningen, ndlr). Malheureusement, on a finalement pas pu aller le voir car il est resté assez peu de temps à l’affiche et dans une période où les services de transport en commun s’arrêtaient très tôt. On a donc pu rattraper ce « manque » tout récemment et franchement, ça aurait été dommage de le louper une seconde fois.

Synopsis : Jo et Frank sont frères, et comme souvent dans les familles, ces deux-là sont très différents. Jo, célibataire et passionné de musique, vient d’ouvrir son propre bar à Gand, le Belgica. Frank, père de famille à la vie bien rangée et sans surprise, propose à Jo de le rejoindre pour l’aider à faire tourner son bar. Sous l’impulsion de ce duo de choc, le Belgica devient en quelques semaines the place to be… (Allociné)

Mon avis : Alors, première chose, si j’espérais travailler un peu mon néerlandais avec ce film, ce fut peine perdue. Dialogues en néerlandais avec l’accent de Gand, difficilement compréhensible, d’ailleurs les sous-titres étaient en français ET en néerlandais. Au bout d’un moment, l’oreille se fait quand même un peu à cet accent mais pas possible pour autant de se passer des sous-titres.

Ensuite, pour en revenir au film, une de ses grandes forces est sans doute l’énergie qui s’en dégage lors des nombreuses scènes de soirée dans ce bar. Concerts, prestations de dj, même si tous ne correspondaient pas à mes goûts musicaux, on se sent emporté par cette ambiance de fête dans laquelle on se sent immergé.

Très vite, certaines situations dérapent et dénoncent les excès de ce milieu de la nuit. Sexe, drogue et rock’n’roll. Et si l’aventure réunissait et fédéraient un groupe d’amis au départ, petit à petit, les relations se délitent et l’ambiance change. Les tensions et les conflits émergent, notamment entre les deux frères que cette entreprise commune avait tout d’abord rapprochés.

Mais plus qu’un portrait de ce milieu, ce film explore les thèmes de la famille, de la loyauté, des relations amoureuses, des limites et peut-être de la rédemption…

Vraiment, un film que je vous conseille absolument !

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Faut pas lui dire

Quand on va au cinéma régulièrement, on se sent inondé de trailers et de reportages en tout genres sur les films à venir (merci Cinévox) -sans parler des pubs ultra-répétitives. Bref, parfois, on finit par en être écœuré et parfois, on se dit pourquoi pas ? Et là, j’avais plutôt envie d’aller voir ce que ça allait donner…

Synopsis : Laura, Eve, Anouch et Yaël sont cousines et ont un point commun, elles mentent mais toujours par amour !
Quand les trois premières découvrent quelques semaines avant le mariage de Yaël que son fiancé parfait la trompe, elles votent à l’unisson « Faut pas lui dire ». (Cinénews)

Mon avis : Je ne suis pas très comédie romantique et pourtant, j’ai bien aimé ce film. J’ai beaucoup ri, et je n’étais pas la seule dans la salle et c’était plutôt agréable.

Bon, après, le pitch n’est pas hyper novateur, on peut sentir venir la fin, même si ça n’empêche de se laisser avoir par le petit suspens du final (ça, c’est quand on se laisse prendre par le film). Reste, que ce final est amené de manière à créer un tout petit twist.

Après, il y a un tas de petits trucs caricaturaux qui pourraient faire grincer des dents et une vision un peu manichéenne des relations, les « fuis-moi je te suis » et compagnie qui ne fonctionnent jamais en dehors des écrans.

Mais bon, si on passe au-dessus de ça, il reste une chouette comédie pour passer un bon moment.

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Black

Black, c’est le film un peu polémique des ces dernières semaines. Celui dont on a beaucoup parlé et à la base, je ne serais peut-être pas aller le voir… Le sujet, les bandes urbaines, me donnait peu envie de le voir, sachant à l’avance vers quoi on allait se diriger. Et puis, lors d’une interview du réalisateur, la journaliste qui l’interrogeait a eu cette phrase (ou à peu près) : « J’ai pris une vraie claque. Film à voir et pour les âmes sensibles, serrez les dents, il en vaut la peine ».

Synopsis : Mavela, 15 ans, est une Black Bronx. Elle tombe éperdument amoureuse du très charismatique Marwan, membre de la bande rivale, les 1080. Les deux jeunes gens sont brutalement contraints de choisir entre la loyauté leur gang et l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre. Choix impossible ? (Cinenews)

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Mon avis : Avec ce genre d’avertissement, j’ai vécu le film presque tout le temps en tension, dans l’attente de ces moments où il faudrait serrer les dents. Effectivement, il y a plusieurs scènes difficiles à supporter mais globalement, j’ai plutôt aimé ce film.

Quant à trancher si le film s’inspire d’une réalité bruxelloise ou est une pure fiction, je crois que peu de gens sont à même de trancher. Par contre, il est vrai que le « traitement » des deux bandes qui y sont représentés n’est pas tout à fait égal. On a d’un côté les Black Bronx dont certains membres sont vraiment dans la criminalité alors que de l’autre les 1080 semblent être de « simples » petits délinquants…

Personnellement, j’ai trouvé les deux acteurs principaux vrais, touchants et attachants. Je n’ai d’ailleurs que difficilement retenus mes larmes à la fin.

Après, je pense que le pari des réalisateurs était ici hyper ambitieux, plein de pistes, de questions sont soulevées parfois simplement effleurées sans jamais y apporter de réponses. C’est sans doute tout à fait voulu, au spectateur d’y prendre et d’y comprendre ce qu’il peut, chacun en aura donc sa lecture, plus ou moins riche.

Un film à voir donc, ne fut-ce que pour se prendre cette fameuse claque.Signature

Le tout nouveau testament

J’ai beau avoir vu le trailer un nombre incalculable de fois (au point de le connaître presque par cœur, c’est tout dire), ce film-là, j’ai su tout de suite que je voulais aller le voir. Et je n’ai pas été déçue.

Synopsis : Dieu existe. Il habite à Bruxelles. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille. Sa fille c’est moi. Je m’appelle Ea et j’ai dix ans. Pour me venger j’ai balancé par SMS les dates de décès de tout le monde… (Allociné)

Mon avis : ça va être court et bref, mais ira directement à l’essentiel. C’est un film totalement barré mais poétique aussi, plein d’émotions et d’énormément d’humour auquel on pourrait ajouter un brin de philosophie, parfois. Bref, de bien beaux et bons ingrédients. Et pour que la sauce prenne, on ajoute des personnages, souvent atypiques, et dont beaucoup sont aussi très attachants.

Bref, vous allez adorer détester Dieu interprété par Benoît Poelvoorde, être interloqué(e)/ému(e)/choqué(e)/dubitatif(ve) face aux apôtres et sous le charme d’Ea.

Un film que je vous recommande vivement. J’en suis sortie avec une pêche d’enfer même si il n’a pas eu d’effet miracle sur la migraine qui avait élu domicile sous mon crâne ce jour-là.

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