Capharnaüm

Ce film, on en a vu la bande-annonce à la télé et on était d’accord, on voulait le voir. Ni une, ni deux, c’est ce qu’on a fait.

Synopsis : À l’intérieur d’un tribunal, ZAIN, un garçon de 12 ans, est présenté devant LE JUGE. LE JUGE : « Pourquoi attaquez-vous vos parents en justice ? » ZAIN : « Pour m’avoir donné la vie ». Capharnaüm retrace l’incroyable parcours de cet enfant en quête d’identité et qui se rebelle contre la vie qu’on cherche à lui imposer. (Cinénews)

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Mon avis : Si les critiques parlent d’un film fort et émouvant, j’y ajouterais qu’il est assez dur aussi.

Zain vit dans une famille démunie. Aucun des enfants n’est déclaré à l’Etat civil et aucun d’entre eux ne va à l’école. Ils travaillent, de petits boulots dans la rue qui permettent à la famille de survivre.

Ils vivotent jusqu’au jour où ses parents « consentent » à marier leur fille de onze ans. Zain s’y oppose et se retrouve à la rue. De là va commencer une errance, un combat pour survivre. Il y aura des rencontres, bonnes ou mauvaises sur son chemin, des choix à faire, mais surtout énormément d’indifférence dans le regard des gens.

Et puis, arrive un tragique événement, la mort de sa sœur(spoiler), et Zain pète les plombs et se retrouve en prison. C’est de là qu’il lancera sa plainte contre ses parents.

Le film commence par le début de ce procès et puis, de longs épisodes de la vie de Zain s’intercalent entre chaque morceau de ce procès. Un procès fait à la société dans laquelle il vit, finalement.

À voir, en connaissance de cause.

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L’insulte

Si j’en avais entendu parler et que je voulais le voir, ce n’était pourtant pas ce que j’avais prévu ce jour-là. Une erreur de ma part en lisant la programmation et me voilà dans cette salle.

Synopsis : Lors de la rénovation d’un immeuble à appartements à Beyrouth, Toni, un Chrétien libanais, et Yasser, un réfugié palestinien, se disputent au sujet d’un problème de plomberie. La discussion s’envenime et Yasser finit par insulter Toni. Blessé dans son orgueil, Toni décide de porter plainte.
Rapidement, ils sont tous deux entraînés dans une spirale infernale dont la portée ira bien au-delà des murs du tribunal. (Cinénews)

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Mon avis : C’est un film puissant, d’une force rare. Sous le prétexte d’une « dispute de quartier », Ziad Doueiri nous offre une immersion dans l’histoire récente et les blessures des populations du Moyen-Orient.

Yasser, réfugié palestinien, et Toni, libanais ayant souffert directement de la guerre civile, sont deux personnages complexes, qui permettent à Ziad Doueiri de nous découvrir petit à petit l’histoire et la politique compliquée de cette région du monde.

Et malgré le procès dans lequel ils s’opposent et dans lequel leurs avocats vont jouer tous les coups possibles, on est loin d’une vision manichéenne de l’incident et du vécu de ces deux hommes.

Un film qui nous plonge dans un contexte et une zone du monde particuliers mais dont le récit est universel. Une énorme claque, un film à voir sans aucun doute.

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