Danse de la vie brève – Hubert Antoine

Voilà un livre dont, comme souvent, je ne savais pas quoi attendre. Le plaisir d’en tourner les pages n’en aura été que plus grand.

Résumé : «Je regarde ce clochard étalé au centre de la pièce. Son sommeil lui donne un air de bâton. J’ai l’impression qu’il se changerait en poussière si je le fixais trop longtemps. Le soleil et la terreur ont dû le momifier. Tout son être pue à des kilomètres à la ronde ou peut-être est-ce l’odeur même des kilomètres quand on les prend de face. L’odeur de la fuite, l’odeur de l’épuisement. Le peu qu’il m’a raconté de son histoire ressemble à un jeu de cache-cache avec le vent.»

C’est à travers son journal intime que nous découvrons Melitza, une jeune Mexicaine de vingt-trois ans. Trois carnets posthumes datant de 2006 – retrouvés et commentés par son père – retracent sa cavale avec Evo, un «bel indigent» au charme énigmatique. Ensemble, ils partageront tout : expérience hallucinogène, barbarie policière, amour fou et insurrection populaire. Dans ce premier roman, qui doit autant au goût de l’aventure qu’à une écriture aux images décalées, chaque événement, du plus sensuel au plus tragique, possède son pas de danse. (Babelio)

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Mon avis : Tout d’abord, j’ai été surprise, et très agréablement surprise, par la plume de Hubert Antoine. Je me suis laissée emportée, envoûtée, emmenée par ces mots chuchotés, susurrés à l’oreille.

Et pourtant, un drame se produira dans les premières pages du roman. Mais malgré, l’innommable, Melitza continue tant bien que mal de vivre. Comme elle peut. On se laissant porter par les événements, par les vagues avant de reprendre les rênes de sa vie.

J’ai été séduite par la poésie, presque la musique, qui se dégage des mots de Hubert Antoine. J’ai beaucoup aimé aussi découvrir le Mexique, ses us et coutumes à travers ces personnages. On sent l’intérêt et la passion de l’auteur pour ce pays.

Un livre difficile à résumer, à décrire. Lisez-le. Un point, c’est tout.

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Summer 1993

C’est un film dont le trailer m’avait intriguée. Résultat, alors qu’une amie venait d’annuler notre sortie ciné pour un autre film pour cause de retard de train, je me suis dit que c’était l’occasion.

Synopsis : Suite à la mort de ses parents, Frida, 6 ans, quitte Barcelone et part vivre à la campagne chez son oncle et sa tante et leur petite fille de 3 ans. Le temps d’un été, l’été 93, Frida apprendra à accepter son chagrin, et ses parents adoptifs apprendront à l’aimer comme leur propre fille. (Cinenews)

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Mon avis : C’est un film plutôt complexe que nous avons là.

Il y a tout d’abord le deuil de sa mère que vit Frida, petite fille de six ans, pourrie gâtée par ses grand-parents et à qui son oncle et  sa tante tentent de fixer des limites.

Il y a la relation compliquée entre Frida et sa cousine. On sent de l’envie, de l’admiration, de la jalousie, un brin de cruauté aussi parfois. Frida cherche sa place dans cette nouvelle famille et teste les adultes qui l’entourent maintenant.

Et puis, aussi, en filigrane, on devine à travers de petits indices disséminés de-ci de-là que la mère de Frida est morte du SIDA avant cette confirmation alors que Frida pose des questions sur la mort de sa mère à sa tante et que celle-ci lui explique. Il y a donc aussi ce secret de polichinelle et les réactions des gens vis-à-vis de cet enfant dont la mère était séropositive au début des années 90.

Bref, c’est un film intéressant et profond.

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Gifted (Mary)

Ce film, je suis tombée sur le trailer totalement par hasard sur Faceb**k et je m’étais dit « Tiens, ça a l’air vraiment pas mal ». Alors, quand une amie m’a proposé d’aller le voir, j’ai accepté, sans hésiter.

Synopsis : Un homme se bat pour obtenir la garde de sa nièce, qui témoigne d’un don hors du commun pour les mathématiques. (Cinenews)

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Mon avis : Un pur moment de bonheur, que ce film. Très vite, on s’attache à ce petit noyau familial que forment Mary et son oncle Franck. D’autant plus qu’ils sont particulièrement bien entourés, les personnages secondaires étant eux aussi très agréables, telles Roberta ou Bonnie.

Et puis, assez vite arrive la bataille juridique qui voit deux visions s’opposer. D’un côté, celle de la grand-mère qui prétend vouloir donner toutes ses chances à Mary et l’aider à développer son potentiel (alors qu’elle cherche à la lancer dans les traces de sa fille, à résoudre l’un des problèmes du millénaire). De l’autre, celle de l’oncle qui entend lui permettre de continuer à vivre comme une enfant et à, en tout cas, éviter de l’enfermer dans une école spécialisée qui l’éloignerait de la vie « normale » À ce sujet, je trouve que c’est finalement très manichéen, entre la « méchante » grand-mère qui semble chercher à profiter du don de sa petite-fille (après avoir exploité celui de sa fille) et le gentil oncle qui veut qu’elle puisse vivre une vie d’enfant « normale ».

Au-delà de cet aspect, le film n’est à aucun moment lourd ou trop mélo-dramatique et est ponctuée de nombreuses touches d’humour. Une vraie petite perle.

Bref, si vous ne savez pas quel film aller voir cet été, foncez voir Gifted, vous ne le regretterez pas.

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A United Kingdom

Ce film, ce sont des amis qui m’ont proposé d’aller le voir. Je n’y ai pas beaucoup réfléchi, j’ai dit oui.

Synopsis : En 1947, Seretse Khama, jeune Roi du Botswana et Ruth Williams, une londonienne de 24 ans, tombent éperdument amoureux. Tout s’oppose à leur union : leurs différences, leur famille et les lois anglaises et sud-africaines. Mais Seretse et Ruth vont défier les diktats de l’apartheid. En surmontant tous les obstacles, leur amour a changé leur pays et inspiré le monde. (Cinénews)

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Mon avis : Globalement, c’est un chouette film. Après, on pourra regretter la mise en scène de l’histoire d’amour entre Seretse et Ruth, qui est bouclé en quinze minutes, mariage compris. Ça va juste terriblement vite. Mais bon, ce n’est pas sur cet aspect de l’histoire que le réalisateur a décidé de s’attarder.

Très vite, les obstacles se présentent sur leur route. Que ce soit des autorités britanniques (qui ne veulent pas froisser l’Afrique du Sud), de l’oncle de Seretse, régent en son absence et de leurs deux familles en général. Sans oublier, pour Ruth, cet isolement causé par le rejet de sa personne par les colonialistes et par le peuple de Seretse.

Globalement, il m’a manqué quelque chose dans ce film pour être séduite. J’ai passé un agréable moment, découvert un pan de l’histoire de cette région du monde que l’on connaît mal et admirer les paysages et la lumière de cette zone d’Afrique du sud qui m’a beaucoup rappelé mon voyage au Zimbabwe, il y a dix ans déjà.

Bref, un film intéressant mais il manque peut-être un peu de profondeur.

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Noces

Ce film, dès les premières bande-annonces, il y a quelques mois, j’ai voulu le voir. Le sujet m’interpellait et les extraits semblaient prometteurs malgré un sujet plutôt sensible.

Synopsis : Zahira, belgo-pakistanaise de 18 ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Écartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son frère aîné et confident, Amir. (Cinénews)

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Mon avis : Le sujet de ce film est interpellant, touchant et la prouesse, ici, est de n’apporter à aucun moment un jugement. On observe.

Les tiraillements de Zahira, entre le respect des traditions et de sa famille, et la culture dans laquelle elle vit et ses propres envies. Ceux des frères et sœurs, entre compréhension de Zahira et leur amour pour elle et l’amour et le respect qu’ils portent à leurs parents et à leurs traditions.

C’est là peut-être l’aspect le plus tragique de ce drame : les sentiments des uns et des autres sont mêlés, flous et si ils finissent par faire ce qu’ils estiment devoir être fait, ce n’est pas de gaieté de cœur. C’est ça aussi que j’ai aimé dans ce film, ce côté humain, cette manière de se mettre dans la peau de l’autre pour, peut-être, essayer de comprendre. Juste comprendre.

Un film bouleversant, sans aucun doute.

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Lion

Ce film, on en a lu l’interview du protagoniste en cours de néerlandais et, alors que la bande-annonce ne m’avait pas spécialement intéressée, la lecture de l’article m’a convaincue d’aller le voir.

Synopsis : Adapté du récit autobiographique de Saroo Brierley. Au milieu des années 80 en Inde, Saroo vit dans la plus extrême pauvreté. A 5 ans, il est séparé de sa famille et se retrouvé sans domicile fixe dans les rues de Calcutta. Bientôt recueilli par une famille australienne, il apprend l’anglais, intègre une autre culture, loin de ses origines. Devenu adulte, Saroo décide de retrouver la trace de sa mère… (Cinénews)

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Mon avis : Je savais, pour avoir lu l’article et de ce que ma sœur m’en avait dit, que c’était typiquement un film à kleenex et ça n’a pas raté, j’avais les yeux qui piquaient en sortant de la salle.

Une histoire vraie, ponctuée de petits miracles, de bons réflexes et d’une pincée de chance, et pleine d’émotions. Un casting plutôt pas mal, Nicole Kidman dans le rôle de la mère adoptive et Dev Patel dans celui de Saroo adulte, qui ne gâche rien.

On se prend une claque en voyant les conditions de vie des enfants des rues de Calcutta, les dangers qui les guettent et l’enfer de l’orphelinat. On ne peut s’empêcher de sourire face aux découvertes de Saroo dans ce nouveau pays, cette nouvelle famille et de voir ce qu’il devient. On est émus et impressionnés par ce qui a poussé ce couple à l’adoption et comment ils ont réussi ce pari, qui n’est pas si simple, d’élever deux enfants avec leur passé et leurs blessures.

Et peut-être, plus encore que l’émotion convoyée par l’histoire, c’est de voir les vraies images de la rencontre des deux mères de Saroo ou encore les vraies photos de son enfance, qui nous rappellent que ce n’est pas une fiction.

Un très beau film, mais n’oubliez pas d’emporter un paquet de mouchoirs.

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