Eric-Emmanuel Schmitt, une déception et une confirmation

Récemment, j’ai eu l’occasion de lire deux Emmanuel-Schmitt. Tous les deux autour du même thème, l’amour. Tous les deux lus la même après-midi. Mais deux impressions totalement différentes…

L’Elixir d’amour

Résumé: « L’amour relève-t-il d’un processus chimique ou d’un miracle spirituel ? Existe-t-il un moyen infaillible pour déclencher la passion, comme l’élixir qui jadis unit Tristan et Yseult ? Est-on, au contraire, totalement libre d’aimer ? »

Anciens amants, Adam et Louise vivent désormais à des milliers de kilomètres l’un de l’autre, lui à Paris, elle à Montréal. Par lettres, tout en évoquant les blessures du passé et en s’avouant leurs nouvelles aventures, ils se lancent un défi : provoquer l’amour. Mais ce jeu ne cache-t-il pas un piège ?

Observateur pertinent des caprices du cœur, Eric-Emmanuel Schmitt explore le mystère des attirances et des sentiments.  (Albin Michel)

Mon avis : Tout au long du roman, j’ai eu l’impression d’un manque de sincérité entre ces deux anciens amants qui s’écrivent, d’une espèce de compétition entre les deux. C’est pour cette raison que je n’ai pas pu m’attacher aux personnages, qui me semblaient un peu faux. Mais c’est le jeu d’un récit épistolaire, une lettre envoyé à un ex ne peut refléter totalement l’état d’esprit, les contradictions, les émotions de celui qui les écrit. Il m’a donc manqué une plongée plus approfondie dans les pensées d’Adam et Louise. Bref, ce manque de sincérité, ce jeu qui s’instaure entre eux deux ne m’a pas plu. Et la fin n’a fait que confirmer cette impression…

Le Poison d’amour

Résumé : Quatre adolescentes de seize ans liées par un pacte d’amitié éternelle tiennent le journal de leur impatience, de leurs désirs, de leurs conquêtes et de leurs rêves. Comment éviter les désastres affectifs dont les couples parentaux donnent l’image quotidienne ? Hier encore des enfants, les voilà prises au piège de cette émotion bouleversante, l’amour, prêtes à entrer dans ce domaine mystérieux, cette folie qui peut les transformer en monstres.

Tandis qu’au lycée, on s’apprête à jouer Romeo et Juliette, imprévisible et fatal, un drame se prépare…

« Si tu ne m’aimes plus, c’est que tu ne m’as jamais aimé » (Albin Michel)

Mon avis : Ah, là, j’ai retrouvé ce qui me plaît dans les histoires d’Eric-Emmanuel Schmitt ! Je me suis prise de tendresse pour ces quatre héroïnes, j’ai suivi leurs histoires de cœur avec attention et plaisir, j’ai vibré et j’ai souffert avec elles et j’ai pu plonger au plus profond des pensées qu’elles confient à leurs journaux intimes. Quatre adolescentes et quatre façons différentes de vivre l’amour.

Et puis, la chute finale… Inattendue, même si le drame semblait si proche, et tragique.

En bref, si vous ne devez en lire qu’un seul des deux, je vous conseillerais Le Poison d’amour, sans hésitation.

Odette Toulemonde et autres histoires – Eric-Emmanuel Schmidt

C’est assez inhabituel et, promis, je ne le ferai plus. Deux critiques de livres d’affilée. Mais, mea culpa, j’ai été un peu paresseuse la semaine passée et je me rattrape donc maintenant avec ce deuxième coup de cœur. Plus connu et pas très récent, mais une lecture qui vaut le détour, assurément !

Résumé : « Cher monsieur Balsan,

Je n’écris jamais car, si j’ai de l’orthographe, je n’ai pas de poésie. Or, il me faudrait beaucoup de poésie

pour vous raconter l’importance que vous avez pour moi. En fait, je vous dois la vie. Sans vous, je me serais tuée vingt fois.
Odette »

La vie a tout offert à l’écrivain Balthazar Balsan et rien à Odette Toulemonde. Pourtant, c’est elle qui est heureuse. Lui pas. Leur rencontre fortuite va bouleverser leurs existences.

Huit récits, huit femmes, huit histoires d’amour. De la petite vendeuse à la milliardaire implacable, dela trentenaire désabusée à une mystérieuse princesse aux pieds nus en passant par des maris ambigus, des amants lâches et des mères en mal de filles, c’est une galerie de personnages inoubliables qu’Eric-Emmanuel Schmitt poursuit avec tendresse dans leur quête du bonheur. (Babelio)

Mon avis : Je suis loin d’être une amatrice de nouvelles. C’est un genre que je trouve trop court et qui me laisse parfois sur ma faim. Et pourtant… Eric-Emmanuel Schmit ne m’a pas ennuyée une seule seconde dans ces récits courts, je ne les ai pas finies avec une impression de trop peu. Non pas du tout. Juste avec une saveur de douceur et de poésie au bout de la langue, des yeux et du cœur. Un ravissement !