Le coup de fil du vendredi

Vendredi. Mon coloc’ est sur le point de partir pour le weekend, mon gsm sonne. J’arrive trop tard pour décrocher mais je vois que c’est notre médecin de famille qui a appelé. Un poil inquiète (je pense d’abord à mon père, qui a fait un malaise cardiaque il y a quelques années), je le rappelle.

Il est sur le point de partir pour quelques jours et il voulait nous contacter avant, au cas où et comme il m’a appelée car il n’arrivait pas à joindre mes parents. Il m’annonce que mon grand-père ne va pas bien du tout. Cela fait déjà deux-trois jours qu’il ne s’alimente plus (il semble penser que je dois être au courant mais j’apprendrai par la suite que même ma mère n’avait pas été prévenue). Il est maintenant inconscient et sous morphine, c’est très probablement la fin. Et vu le malaise qui règne dans la famille (j’en ai déjà parlé un peu ici et , principalement), il voulait nous prévenir.

Je raccroche. Un peu sous le choc. Même si nos relations se sont vachement dégradées ces deux-trois dernières années et que ça doit faire maintenant un peu plus d’un an qu’on n’est plus en contact (à l’exception d’une visite au home, il y a un à deux mois), ça reste mon grand-père.

J’appelle ma mère. Qui n’était absolument pas au courant. Ni le home, à qui elle a pourtant bien demander de la prévenir en cas de souci, ni ma grand-mère ou ma tante ne l’ont prévenue. C’est hallucinant !

Mais laissons de côté les « raisons » de ce « silence ». Il m’a fallu un peu de temps pour encaisser le choc, pour en comprendre les implications. Mon grand-père n’en a sans doute plus pour longtemps et même si j’ai l’impression d’avoir perdu le grand-père de mes souvenirs d’enfance et d’adolescence depuis quelques années déjà, là, ça devient juste irréversible. L’espoir, la possibilité d’un retour en arrière n’est plus possible. Je ne retrouverai plus jamais le grand-père que j’ai aimé et celui qui s’en ira probablement bientôt m’a terriblement déçu ces dernières années. C’est sans doute ça le plus difficile à accepter, le fait qu’il n’y aura pas de « happy end » de dernière minute. Car, au final,  cela fait longtemps qu’il ne va pas bien et que ce soit pour lui ou pour un autre, vivre dans l’état dans lequel je l’ai vu la dernière fois, je pense que la fin est plutôt une délivrance (mais ça n’engage que moi).

Et puis, ce qui m’a énormément touché aussi, c’est l’appel de ma sœur. Celle qui considère qu’elle n’a plus de grand-parents depuis cet incident. Elle dit être indifférente à la situation mais voulait savoir comment j’allais, comment j’avais pris la nouvelle, moi qui avait un lien particulier avec mes grand-parents.

Bref, une page de ma vie, une époque de ma vie va se tourner définitivement dans les jours à venir probablement.

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Le dernier tour de mes grand-parents

Bon, ça fait maintenant quelques articles que j’écris sur mes grand-parents maternels et sur le tournant qu’a pris ma/notre relation avec eux. Et bien, cette semaine ils ont encore fait fort…

Alors qu’ils avaient promis à ma mère qu’ils lui feraient un versement fin du mois et que cet été, juste avant mon anniv’, ils avaient décidé que moi et ma sœur n’aurions plus rien car on travaille, là, ils viennent de nous verser à chacune 100€ avec en communication « Fêtes de fin d’année ». Nos autres sœurs n’ont rien reçu et ma mère non plus…

Évidemment, quand j’ai vu le virement, je ne savais encore rien de tout le reste et j’ai direct appelé ma mère. C’est après que j’ai su pour mes sœurs. Sur le coup, par contre, ça m’a tout de suite énervée… Il y a quelques mois, on apprend par des voies détournées qu’on ne recevrait plus rien et puis, tout d’un coup, on est les seules à recevoir. Sans oublier le montant… On n’a jamais reçu plus de 10 à 25 € à la fois de mes grand-parents, dès lors c’est presque un virement pour toutes les occasions de l’année.

Et donc, voilà un nouveau coup donné à notre relation avec nos grand-parents. Le caractère un peu aléatoire et totalement inégal de leur « générosité » et l’impression d’un foutage de gueule complet ou d’une manipulation, bref, si j’avais déjà des sentiments contradictoires et zéro envie de décrocher quand ils m’appellent, maintenant, ça va être carrément pire…

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Quand le malaise s’accentue…

J’en ai déjà parlé brièvement, à quelques reprises, sans jamais vraiment entrer dans les détails. Comment pourrais-je qualifier cette situation ? un « simple » malaise ? une rupture ? En tout cas, aujourd’hui, je dirais que les choses ne se sont clairement pas améliorées, que les racines en sont profondes, que le pardon reste possible mais qu’il sera difficile de réparer ce qui a été cassé…

La cause de tout cela ? Un équilibre entre leurs deux enfants que mes grand-parents maternels n’ont jamais su trouver et qui se joue aussi à notre niveau, celui des petits-enfants, un souvenir qui est remonté à la surface de la mémoire de ma sœur et le refus d’en parler des mes grand-parents. Le refus de reconnaître cet acte qu’ils ont laissé passer sans rien dire, allant jusqu’à traiter ma sœur de menteuse, et par là le refus de s’expliquer et surtout de s’excuser. Et c’est ça surtout qui ne passe pas chez ma mère. Le refus d’en parler, l’excuse de la mémoire qui flanche et pourtant un tel « accident » et la frayeur qu’elle leur a causé sur le coup, ont pourtant dû les marquer…

Ce fut la goutte d’eau qui a fait débordé le vase pour ma mère, déjà plein d’inégalités de traitement entre elle et sa sœur et de petites phrases presque assassines. Autant dire qu’elle ne passera plus l’éponge. Si mon grand-père essaie encore de la contacter de loin en loin, elle reste distante. On le serait à moins…

Moi-même, l’aînée de leurs petits-enfants et qui ai profité d’un lien particulier (ou du moins je le croyais) avec eux, je n’ai plus l’envie de les voir, de leur parler. Je ne sais pas comment me comporter, je marche sur des œufs et en même temps, j’aurais envie de les secouer. Je n’ai plus rien à leur raconter, pas envie que ce soit répété et puis commenté par d’autres. Et puis, surtout, je crois que la confiance est rompue. Et ça, on ne peut pas passer outre. D’ailleurs, le jour où j’en ai pris conscience, j’en ai pleuré car ce jour-là, j’ai eu l’impression que plus jamais je ne pourrais compter sur eux et ce sentiment d’abandon m’a fait mal.

Oh, je pense que si j’avais un souci financier, il me suffirait de les appeler. De faire comme la sœur de ma mère, de me plaindre que c’est dur, que c’est cher mais ce n’est pas de ce genre de soutien ou de relation que je souhaite. Et ce qu’ils ont brisé à l’époque, sans s’en rendre compte, a peut-être mis du temps à se fissurer, à se craqueler, mais le résultat est malheureusement bien là aujourd’hui…

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Malaise familial

Je vous en avais vaguement parlé à travers ce post-là, mais depuis quelques mois, l’une de mes sœurs a rompu tout contact avec mes grand-parents suite à un épisode traumatisant vécu lorsqu’elle était enfant et qu’ils nient totalement aujourd’hui, et ma mère est très en froid avec eux suite à cette histoire. Tant qu’ils ne répondent pas à ses questions, tant qu’ils ne veulent pas reconnaître les faits, elle ne veut pas entendre parler d’eux.

Bref. Moi et mes deux autres sœurs, ça nous met donc dans une position un peu délicate. Au début d’ailleurs, mes grand-parents m’appelaient, moi, me faisant croire qu’ils savaient quelque chose, pour prendre des nouvelles de mes sœurs, vu que ma mère ne racontait plus rien. Ma mère leur a alors mis les points sur les i, et depuis, si ils m’appellent encore, ils posent moins de questions sur mes sœurs.

Si l’envie d’en parler un peu me trotte dans la tête depuis lors, le besoin de coucher ça par écrit m’est venu suite au coup de fil de lundi. Un message de mon grand-père sur mon répondeur. Où il disait ne pas aller bien du tout. Et là, tu te sens tiraillée. Entre une certaine loyauté due à ma sœur et rage quand même aussi par rapport à ce qu’ils lui ont fait ou du moins laisser faire, et la relation que je peux avoir avec mes grand-parents. En tant qu’aînée de leurs petits-enfants, il faut bien avouer que j’ai quand même bénéficié d’un léger traitement de faveur par rapport à mes sœurs. Par rapport à mes cousins, je ne pense pas, je crois même que ce serait plutôt l’inverse.

Et puis, comme dirait mon autre sœur, à nous, ils ne nous ont rien fait et ils ne seront pas là éternellement… Et j’avoue que cette petite phrase m’a trotté dans la tête après le coup de fil du lundi. Même si je sais qu’avec mon grand-père hypocondriaque, je ne l’entendrais jamais dire qu’il va bien. Jamais. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas et c’est saoulant à la longue de l’entendre toujours se plaindre de quelque chose (surtout qu’il passe ses journées dans le fauteuil sans bouger et que ma grand-mère courre dans tous les sens toute la journée).

Bref, un mélange de culpabilité, diffus, entre les deux parties au conflit. Une situation pour le moins inconfortable, coincée entre les deux et une difficulté à trancher. Ma sœur, elle, semble savoir quelle position adopter et veut passer les voir à Noël, ce qu’elle fera seule ou éventuellement avec moi (j’ai encore le temps de me décider), car si la situation ne se règle pas, je doute que ma mère aille les voir à cette occasion.

Du côté de ma mère, si les relations avec ses parents ont toujours été teintées de l’inégalité de traitement entre elle et sa sœur, encore aujourd’hui d’ailleurs, là, le souvenir de ce traumatisme qui est remonté à la surface de la mémoire de ma sœur, a été la goutte qui a fait débordé le vase. Sans oublier leur réaction quand ma mère réclame des réponses qu’elle est en droit d’avoir et leur refus de répondre et de faire passer ma mère pour la mauvaise dans cette histoire.

Petite réflexion à part, quand je vois d’ailleurs comment elle réagit, comment elle est encore aujourd’hui touchée et blessée par tout ça, je me dis que mes parents ont quand même été formidables avec nous. Je crois que sur bien des points, nous n’aurions pu rêver de meilleurs parents. Même si ils ont leurs défauts et commis des erreurs peut-être.

Pour en revenir à mon grand-père, si son coup de fil de lundi m’avait inquiétée, celui du vendredi où il me disait que finalement tout allait bien m’a nettement soulagée. Et quand en plus ma mère me dit qu’il l’avait appelée ce même jour et qu’elle l’avait remballé en lui demandant à nouveau des réponses, qu’il n’a pas appelé mon autre sœur, il y a quand même de quoi se poser des questions sur cet appel.

Bref, je ne sais pas, je ne sais plus. Quoi faire, quoi dire, comment me positionner. Et rester en dehors, ça reste quand même difficile, à partir du moment où mes grand-parents ont l’air de ne plus s’intéresser non plus à ma sœur, à ne plus poser de questions à son sujet.