Nos elles déployées – Jessie Magana

Ce roman, je l’ai reçu dans le cadre du dernier masse critique jeunesse organisé par Babelio. Le résumé me faisait envie, il a rejoint ma sélection et c’est finalement cet ouvrage que j’ai eu la chance de recevoir.

Résumé :

1974 Des femmes, partout dans la rue. Parmi elles, Solange, quinze ans, qui brandit fièrement les pancartes et reprend à pleins poumons les slogans préparés avec sa mère et ses copines du MLF. Elles le sentent, leur lutte est sur le point de faire basculer l’histoire. Demain, les femmes seront libres de choisir. Pourtant, rien n’est simple pour Solange, qui cherche à exister face à ces modèles et se questionne sur ses désirs nouveaux.

2018 Manifs, AG, une chose est certaine, dans les veines de Sido, la fille de Solange, coule le sang de ses aînées, fières et engagées. À son tour, elle cherche le moyen de faire entendre sa voix… et de trouver sa voie.

Trois générations de femmes veulent révolutionner l’amour, la famille, l’engagement. Une saga féministe bouleversante. (Babelio)

Mon avis : J’ai beaucoup aimé cette saga qui retrace un peu l’évolution des combats féministes. Des années 70 avec le droit à l’avortement et à disposer de son corps aux années 2000 avec #metoo, les questions de genre, les Gilets Jaunes et même le printemps arabe, c’est un bel aperçu des luttes et des convergences de luttes.

Ce roman est divisé en deux parties. La première nous voit en 1974 où l’on suit les combats de Colette ou Coco et comment Solange se construit et se positionne dans cet environnement et la société dans laquelle elle grandit. La deuxième nous plonge en 2018 où l’on découvre Sido qui cherche la manière de porter ses luttes. On est en plein dans les combats et débats actuels, cette partie est terriblement moderne, d’actualité.

Les « adultes » sont ici un peu secondaires, les projecteurs sont sur les adolescentes qu’ont été et sont Solange et Sido. C’est normal, car il s’agit du public cible du roman, mais par moment j’aurais aimé creuser un peu plus les ressentis de Coco et Solange. Néanmoins, le propos est toujours bienveillant et surtout crédible, un reflet fidèle des combats et débats passés et actuels.

Au final, j’ai pris énormément de plaisir à la lecture de ce roman que j’irais jusqu’à qualifier de militant et divertissant. Un mélange étonnant, peut-être, mais qui en fait une belle découverte, pour ma part.

Merci à Babelio et aux éditions Thierry Magnier. signature

Devenir – Michelle Obama

C’est sans doute un ouvrage que j’avais envie de lire. Et puis, une promo sur la version ebook et le fait qu’il fasse partie de la sélection bonus printanière du French Book Club, m’ont décidée à sauter le pas.

Résumé : « Il y a encore tant de choses que j’ignore au sujet de l’Amérique, de la vie, et de ce que l’avenir nous réserve. Mais je sais qui je suis. Mon père, Fraser, m’a appris à travailler dur, à rire souvent et à tenir parole. Ma mère, Marian, à penser par moi-même et à faire entendre ma voix. Tous les deux ensemble, dans notre petit appartement du quartier du South Side de Chicago, ils m’ont aidée à saisir ce qui faisait la valeur de notre histoire, de mon histoire, et plus largement de l’histoire de notre pays. Même quand elle est loin d’être belle et parfaite. Même quand la réalité se rappelle à vous plus que vous ne l’auriez souhaité. Votre histoire vous appartient, et elle vous appartiendra toujours. À vous de vous en emparer. » (Babelio)

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Mon avis : Je n’avais pas d’attente particulière en commençant ma lecture, mais il faut dire que c’est sans doute dû au fait que je ne savais pas grand-chose de Michelle Obama. J’y ai découvert une personne et un parcours, professionnel et personnel, inspirants et intéressants.

Pour ceux qui en attendraient une analyse politique, passez votre chemin, ce n’est pas l’objet de cette autobiographie. Si, évidemment, celle-ci s’invite à travers la carrière de son mari et ses campagnes politiques, ce n’est qu’une partie mineure de cet ouvrage.

Michelle Obama nous raconte ici comment elle est devenue qui elle est, quelles sont les épreuves, les difficultés mais aussi les opportunités qui ont fait d’elle ce qu’elle est est (devenue). Le contexte politico-social américain y est cependant présenté en filigranes, via son ressenti et ce qui a été son moteur, notamment en ce qui concerne ses études et sa carrière.

J’ai aimé le caractère introspectif des ses réflexions, la vision qu’elle se fait de sa place dans la société dans laquelle elle évolue. J’ai apprécié découvrir l’envers du décor : le Barack Obama privé, le fonctionnement de la Maison Blanche et les nombreuses anecdotes qui parsèment cette autobiographie. Notamment, ce passage du relais entre les couples Bush et Obama, moment où les uns quittent la Maison Blanche et où les seconds s’y installent et l’apprivoisent. J’attendais avec impatience de voir comment cela s’était passé à la prise en fonction de Trump, mais pas un mot… Devoir de réserve, peut-être ?

Bref, un parcours inspirant que j’ai pris plaisir à découvrir.signature

The awakening (L’éveil) – Kate Chopin

Depuis le temps que je suis le blog de Victoria, l’envie de participer au club lecture mensuel m’a titillée plusieurs fois. Mais à chaque fois, le timing, trouver et acheter le livre choisi n’ont pas été optimaux. Sans compter qu’il faut que le livre choisi me plaise. Cette fois, le sondage ayant retenu ce classique de la littérature américaine, il était disponible gratuitement sur Amaz*n dans sa version originale et j’ai donc sauté le pas.

Résumé : En Louisiane à la fin du XIXe siècle la vie est paisible : villas du bord de mer, soirées musicales, robes de mousseline et enfants sages. Aux yeux d’Edna, cette quiétude confine à la torpeur. Une émotion amoureuse, un parfum enivrant et la vie change de registre. C’est » l’éveil « . La jeune femme découvre son goût de vivre, sa créativité, son corps, elle-même en somme. Découverte qui ne va pas sans poser problème, dans l’Amérique de ces années-là ; pour l’héroïne du roman et pour l’auteur, dont l’oeuvre fut jugée scandaleuse, dénoncée par la presse et mise au ban des librairies de Saint-Louis. Il faudra attendre les années soixante pour que Kate Chopin, celle par qui le scandale arriva, trouve sa place parmi les grands classiques de la littérature américaine. (Mango&Salt)

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Mon avis : Une lecture en demi-teinte. Il est certain que, par rapport à des écrits plus actuels, il date sérieusement mais je comprends tout à fait en quoi il a pu être mis au ban à sa parution.

J’avoue avoir eu un peu de mal à m’attacher au personnage d’Edna dans la première moitié du livre. Ça s’est arrangé par la suite. Il faut dire que les premiers chapitres ne permettent pas de la cerner, qu’il s’agisse de sa personnalité ou de ses ambitions.

Peu à peu, elle se libère des carcans de la société et de son mariage et même si on peut lui reprocher sa manière un peu légère de faire, elle fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a.

Un découverte intéressante, même si il ne m’a pas enthousiasmé.

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Americanah – Chimamanda Ngozi Adichie

Ce roman, j’en ai énormément entendu parler. Alors, cet été, lors d’un passage au Furet du Nord, quand je l’ai découvert sur une table, je l’ai emporté. D’abord en français, avant de le redéposer après avoir trouver l’ouvrage en anglais (ça tient un peu de choses, la couverture était vraiment plus belle).

Résumé : Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre.

Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?

Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.

À la fois drôle et grave, doux mélange de lumière et d’ombre, Americanah est une magnifique histoire d’amour, de soi d’abord mais également des autres, ou d’un autre. De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés sur la race ou le statut d’immigrant, et parcourt trois continents d’un pas vif et puissant. (Babelio)

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Mon avis : Vu le temps dingue que je mets à lire un tome d’Outlander en anglais, j’avais un peu peur en le commençant mais finalement, c’est passé tout seul.

L’écriture est fluide et efficace, parfois poétique. Les réflexions y sont profondes et je me suis laissée emporter par l’histoire d’Ifemelu.

Pas mal de choses personnelles, d’opinions ou de visions du monde et des choses ont résonné en moi car Chimamanda Ngozi Adichie balaye de nombreux thèmes et ça en fait un récit dense et complet.

J’ai été complètement époustouflée par ce récit et je crois que c’est d’ores et déjà l’un des gros gros coup de cœur de cette année. Je ne peux que vous en recommander la lecture très chaudement et, pour ma part, j’envisage de lire ses autres ouvrages.

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Non c’est non. Petit manuel à l’usage des femmes qui en ont marre de se faire emmerder – Irene Zeillinger

Après avoir suivi une première formation en auto-défense féminine, suivie d’une formation de défense verbale, je me suis attelée à la lecture de ce petit manuel. Et autant dire que je trouve que c’est un parfait complément à celles-ci ou à tout le moins une bonne première approche.

Résumé : En tant que femmes, nous sommes tous les jours les cibles d’interpellations, de harcèlement, d’agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, au travail, dans l’espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c’est non.
L’autodéfense pour femmes – qui n’a rien à voir avec du kung-fu -; ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir plus fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique.
Comment reconnaître et prévenir une situation d’agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ?
Ce guide pratique propose une série d’astuces simples et faciles pour poser efficacement ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d’agression et la psychologie de l’agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal…
Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.

IRENE ZEILINGER, sociologue et formatrice d’autodéfense pour femmes, a travaillé avec plus de 3000 femmes depuis quinze ans, dans différents pays dont la France, la Belgique et le Luxembourg. (Babelio)

Mon avis : C’est un livre qu’on devrait toutes lire. C’est déculpabilisant d’un tas de choses, ça ouvre des portes de sortie, des astuces qui, si elles ne nous sauverons pas toujours la vie, nous permettrons de n’avoir pas été qu’une victime.

Par contre, ça ne remplace pas une vraie formation où l’on met en pratique certaines techniques, où on s’entraine et surtout où l’on prépare le corps et l’esprit à certaines situations. Pour celles qui ont déjà suivi de telles formations, ça permet de se rafraîchir la mémoire et peut-être d’enfoncer le clou sur certains points.

Bref, à lire absolument.

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NB : il est aussi disponible en pdf (gratuitement) sur le site de Garance.

Un weekend en mode « autodéfense »

C’est quelque chose que j’avais envie de faire depuis longtemps, pas loin de deux ans, je crois. À l’époque, j’avais découvert l’association Garance et ses formations d’autodéfense pour les femmes en lisant « Causette ». Je l’avais noté dans un coin de ma tête, mais s’en jamais sauter le pas ou prendre le temps de regarder les possibilités pour le faire.

Cet été, je me suis donc réveillée et inscrite à deux modules: autodéfense pour femmes et défense verbale, ce dernier je ne le suivrais que début décembre.

Alors, je ne vais pas pouvoir vous en dire grand-chose vu que le contenu de la formation, tant ce qu’on a pu y apprendre que ce qui a pu y être dit par les participantes est confidentiel. Pour plusieurs raisons, toutes tout à fait valables.

Qu’est-ce qu’on y apprend ? Des outils principalement à appliquer dans la vie quotidiennement pour apprendre à poser ses limites face aux autres et quelques « petits » trucs qui pourraient nous aider à nous sortir de situations dangereuses. Plus que des enchaînements, des coups, du sport, il s’agit aussi et surtout de se préparer. Pas de stress donc pour les non-sportives, on ne passe pas le weekend à se taper dessus, bien au contraire.

Et c’était bien ? Oui, trois fois oui. L’ambiance était bonne et respectueuse et on s’est bien amusées malgré la thématique.

Bref, c’est un weekend que je conseillerais à chacune de suivre (et non, ça ne se passe pas que sur Bruxelles ! )

Toutes les infos : ASBL Garance