Les règles d’usage – Joyce Maynard

Petit à petit, ma pal diminue et surtout, le stock des livres achetés peu avant Noël lors de notre dernière excursion lilloise.

Résumé : Wendy, treize ans, vit à Brooklyn. Le 11 septembre 2001, sa mère part travailler et ne revient pas. Après une prise de conscience lente et terrible, Wendy et sa famille tente de continuer à vivre. Son chemin mène la jeune fille en Californie chez son père biologique qu’elle connaît à peine. Assaillie par les souvenirs, Wendy est tiraillée entre cette vie inédite et son foyer new-yorkais qui lui manque. Elle part alors à la découverte de ce qui l’entoure, faisant d’étonnantes rencontres : une mère adolescente, un libraire clairvoyant et son fils autiste, un jeune marginal qui recherche son frère. Ces semaines californiennes l’aideront-elles à aborder cette nouvelle étape de sa vie ? (Quatrième de couverture)

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Mon avis : En dépit du sujet on ne peut plus dramatique, c’est un livre magnifique sur le deuil et la vie qui continue, malgré tout. Si j’ai parfois pu être un peu agacée par certains comportements de Wendy, il s’agit cependant de comportements et attitudes tout à fait normaux venant d’une adolescente de treize ans qui se confronte à ses parents et cherche sa place dans cette famille.

Il y a une belle brochette de personnages, tous différents et touchants à leur manière, qui gravitent autour de Wendy. Tous lui apprennent quelque chose sur elle-même, sur cette période de sa vie et sur sa relation avec sa mère. C’est donc une histoire assez riche et intéressante.

Et puis, l’envie de tourner les pages et de lire « encore un chapitre. Juste un ! » est très présente. En tout cas, ce fut le cas tout au loin de ma lecture.

Un livre sensible et plein d’émotions que je vous conseille donc vivement.

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Les chasseurs de gargouilles – John Freeman Gil

Voilà encore une lecture qui fait partie d’un Masse Critique de Babelio. Un résumé plus qu’alléchant, je n’ai pas hésité une seconde…

Résumé : Portée par une écriture tendre et puissante, une foisonnante fresque du Manhattan des années 1970, doublée du portrait poignant et drôle d’un père et de son fils. Un premier roman diablement intelligent qui interroge notre rapport au passé face à l’attrait parfois ravageur de la modernité.

Depuis la séparation de ses parents, Griffin Watts, treize ans, tourne en rond. Sa sœur n’a plus une minute pour lui, trop occupée à faire sa révolution sexuelle; son artiste de mère tient table ouverte à tous les hippies du quartier. Quant à son père, Nick, antiquaire exalté, collectionneur frénétique, il vit désormais dans son atelier.

Désireux de maintenir un semblant d’équilibre familial, Griffin va suivre la dernière lubie paternelle : récupérer statues, bas-reliefs, moulures et autres gargouilles sur les vieux immeubles new-yorkais voués à la destruction.

Mais ces gentilles escapades père-fils vont bientôt prendre un tour dangereux. Alors que la passion de Nick se fait chaque jour plus dévorante, Griffin se retrouve embarqué dans ce qui pourrait bien être le vol du siècle… (Babelio)

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Mon avis : Le résumé était très ambitieux et ce roman n’a, pour moi, pas tenu toutes les promesses qui y étaient contenues.

J’avoue avoir eu beaucoup de mal à m’attacher au personnage de Griffin et à sa famille dysfonctionnelle.  Ses parents sont absents, démissionnaires et semblent fort peu se soucier du bien-être de leurs enfants, voire de leur sécurité.

Le roman aborde plusieurs thématiques, l’adolescence de Griffin, sa famille, l’architecture de New-York, la relation père-fils… mais les réflexions ne sont parfois pas abouties alors que la piste aurait mérité d’être creusée, exploitée. De même, les personnages secondaires, comme Dani ou Quig ou encore la mère de Griffin, semblent ne faire que passer alors qu’il aurait pu être intéressant de s’attarder sur leurs profils.

Bref, si j’ai été quelque peu déçue, reste l’originalité de ce roman : New-York et son architecture. C’est peut-être finalement le personnage et la trame centraux de ce roman, tout le reste n’étant que prétexte ?

Une lecture intéressante donc, mais qui ne m’a pas emballée ni passionnée outre mesure. Merci à Babelio et aux éditions Belfond pour cette découverte.

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The awakening (L’éveil) – Kate Chopin

Depuis le temps que je suis le blog de Victoria, l’envie de participer au club lecture mensuel m’a titillée plusieurs fois. Mais à chaque fois, le timing, trouver et acheter le livre choisi n’ont pas été optimaux. Sans compter qu’il faut que le livre choisi me plaise. Cette fois, le sondage ayant retenu ce classique de la littérature américaine, il était disponible gratuitement sur Amaz*n dans sa version originale et j’ai donc sauté le pas.

Résumé : En Louisiane à la fin du XIXe siècle la vie est paisible : villas du bord de mer, soirées musicales, robes de mousseline et enfants sages. Aux yeux d’Edna, cette quiétude confine à la torpeur. Une émotion amoureuse, un parfum enivrant et la vie change de registre. C’est » l’éveil « . La jeune femme découvre son goût de vivre, sa créativité, son corps, elle-même en somme. Découverte qui ne va pas sans poser problème, dans l’Amérique de ces années-là ; pour l’héroïne du roman et pour l’auteur, dont l’oeuvre fut jugée scandaleuse, dénoncée par la presse et mise au ban des librairies de Saint-Louis. Il faudra attendre les années soixante pour que Kate Chopin, celle par qui le scandale arriva, trouve sa place parmi les grands classiques de la littérature américaine. (Mango&Salt)

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Mon avis : Une lecture en demi-teinte. Il est certain que, par rapport à des écrits plus actuels, il date sérieusement mais je comprends tout à fait en quoi il a pu être mis au ban à sa parution.

J’avoue avoir eu un peu de mal à m’attacher au personnage d’Edna dans la première moitié du livre. Ça s’est arrangé par la suite. Il faut dire que les premiers chapitres ne permettent pas de la cerner, qu’il s’agisse de sa personnalité ou de ses ambitions.

Peu à peu, elle se libère des carcans de la société et de son mariage et même si on peut lui reprocher sa manière un peu légère de faire, elle fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a.

Un découverte intéressante, même si il ne m’a pas enthousiasmé.

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La symphonie du hasard (Livre 1) – Douglas Kennedy

Lorsque j’ai vu passer ce masse critique de Babelio, je n’ai pas hésité une seconde. Douglas Kennedy, ce fut un vrai coup de cœur à la lecture de Cet instant-là et depuis lors, il fait partie de mes auteurs favoris.

Résumé : Toutes les familles sont des sociétés secrètes. Des royaumes d’intrigues et de guerres intestines, gouvernés par leurs propres lois, leurs propres normes, leurs limites et leurs frontières, à l’extérieur desquelles toutes ces règles paraissent souvent insensées.

Comme chaque semaine, Alice Burns, éditrice new-yorkaise, s’apprête à rendre visite à son jeune frère Adam. Jadis, jeune loup de Wall Street en pleine ascension, ce dernier croupit désormais en prison.

Mais cette rencontre hebdomadaire va prendre un tour inattendu. Décidé à soulager sa conscience, Adam révèle un secret qui pourrait bien venir rompre les deniers liens qui unissent encore leur famille.

Et Alice de replonger dans l’histoire des siens, celle d’un clan à l’image de l’Amérique : volontaire, ambitieux, assoiffé de réussite, souvent attaqué, blessé parfois, en proie à ses propres démons, mais inlassablement en quête de rachat… (Quatrième de couverture)

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Mon avis : En refermant ce premier tome, j’étais un peu dubitative. Si la lecture fut plaisante, je n’étais pas pour autant super emballée. Je crois que j’ai mis un peu de temps à entrer dans l’histoire.

Très vite, ce fameux secret nous est révélé et puis, Douglas Kennedy nous plonge directement dans l’enfance et l’adolescence d’Alice. C’est cette partie que j’ai le moins aimé du roman. J’ai trouvé sa première année d’université nettement plus intéressante à plusieurs niveaux. Notamment ceux des thèmes traités, plus vastes, plus « adultes » et qui reflète cette période de la vie de son héroïne.

Je m’attendais aussi à une histoire moins centrée sur un personnage en particulier et plus la cellule familiale et au final, Alice est au centre de ce premier tome. Ce n’est pas dérangeant, c’est juste quelque chose d’un peu surprenant au vu du quatrième de couverture.

Bref, lecture plaisante mais pas un coup de cœur. Maintenant, il s’agit du premier tome, souvent celui qui dresse le tableau général, qui présente les protagonistes et qui donc un peu moins dans « l’action ». Je serais donc curieuse de découvrir la suite.

Merci à Babelio et aux Editions Belfond pour ce Masse Critique.

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Les Intéressants – Meg Wolitzer

Je ne sais plus où ni par qui j’en avais entendu parler, mais c’est la raison pour laquelle il a rejoint mon butin lors de mon dernier passage au Fur*t du N*rd.

Résumé : Durant les années 1970, Julie, 16 ans, passe une partie de son été à Spirit in the wood, une colonie de vacances. Elle y fait la connaissance d’un groupe de cinq jeunes adolescents qui se sont baptisés « Les Intéressants », par défi vis à vis des autres pensionnaires: Ethan, un surdoué des films d’animation, Goodman et sa soeur Ash, ainsi que Jonah, le fils d’une célèbre chanteuse folk icône de la contre culture, et enfin Cathy, une très belle fille qui rêve de devenir danseuse.

Julie – rebaptisée Jules par les Intéressants – est fascinée par ces jeunes gens de son âge, cultivés, ironiques, talentueux et sûrs d’eux.

Le roman suit l’évolution des Intéressants pendant près de quarante ans. Ethan épousera Ash. Ensemble, ils connaîtront le succès, même si Ethan reste profondément amoureux de Jules. Goodman, lui, devra faire face à la justice. Ash sera détourné de la musique. Et Jules… Jules se cherchera pendant de longues années et racontera leur histoire à tous.

Que deviennent les talents et les aspirations de chacun ? Un don de jeunesse peut-il constituer le socle de toute une vie ? Et comment peut-on y rester fidèle malgré les choix qu’impose la vie adulte ? Chacun trahira à sa manière l’adolescent qu’il fut.

Une fresque impressionnante, à la fois réaliste et sensible. Le roman d’un écrivain au sommet de son art. (Babelio)

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Mon avis : D’habitude, je suis plutôt fan de ce genre de roman où l’on suit une sélection de personnages sur plusieurs années et là, au moment de tourner la dernière page, mon avis était plutôt mitigé.

Si on s’attache assez vite à Julie, en manque de repères à son arrivée au camp, Jules, à la fin du séjour et dans tout le reste du roman, m’a nettement moins touchée. Très vite, j’ai trouvé assez irritant cette obsession pour les Intéressants, pour rentrer absolument dans leur petite bulle et y rester et surtout, cette manie qu’elle a de garder comme mètre-étalon de sa vie, celle de son amie Ash et de ces étés à Spirit-in-the-Woods.

Spirit-in-the-Woods, cet espèce de paradis perdu pour certains et dont leur dernier été là-bas marquera la fin de cette période dorée. Car ensuite, il y aura l’agression de Cathy par Goodman et la disparition de celui-ci et rien ne sera plus jamais pareil.

Si il est indéniable que ce roman est réaliste, on est loin de la vie de personnages parfaits pour qui la vie se déroule sans anicroche, c’est peut-être ce côté un peu trop réaliste qui m’a empêché de me laisser emporter. Ça et le côté ronchon de Jules qui peine parfois à mesurer la valeur de ceux qui l’entourent et de la vie qui est la sienne. Et puis, le traitement de l’agression de Cathy m’a aussi un peu dérangée : on parle principalement de la vision de Goodman, qui s’en défend, et finalement, on parle très peu de Cathy, comme si tout cela était banal et sans importance.

Après, les rebondissements sont légions : l’entrée de Jonah dans une secte, l’enfant autiste d’Ethan et Ash, la dépression de Dennis, etc sont autant d’événements probables au cours d’une vie. Et puis, il est intéressant de voir le contexte autour, cette petite histoire contemporaine de l’Amérique en filigrane de celles des personnages.

Bref, j’ai plutôt apprécié ma lecture, mais je n’ai pas été plus emballée que ça.

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Le Chardonneret – Donna Tartt

En voilà une belle brique, bien lourde à transporter dans son sac à main pour lire dans le métro !

Résumé : Qui est Théo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu’il soit aujourd’hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d’hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu’est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D’où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu’il transporte partout avec lui ?

À la fois roman d’initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l’Amérique contemporaine, Le Chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Donna Tartt. (Babelio)

Mon avis : Au-delà du nombre de pages, c’est une lecture assez dense et complexe. Pas le genre de bouquin qu’on lit rapidement et qu’on oublie aussi vite.

Il m’inspire des sentiments contradictoires, à l’image du personnage de Théo. Si au début du roman, on s’attache à cet adolescent qui vient de vivre une expérience traumatisante et une perte innommable, au fil des chapitres, on en vient à avoir envie de le secouer de cette torpeur dans laquelle il se laisse vivre, de ces chemins qu’il choisit d’emprunter et qui m’ont fait (presque) détester l’adulte qu’il devient sous nos yeux.

La faute à un système qui le confie à un père absent depuis des années et qui réapparaît pour tenter de profiter de lui. À ces années où, livré à lui-même, il tente comme il peut de survivre.

Et puis, il y a ce tableau et cette histoire invraisemblable.

Une lecture qui ne laisse pas indifférent même si, en en sortant, on peine à trouver les mots pour en parler.

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