Jacky – Geneviève Damas

Ce roman, je l’ai commencé sans trop savoir à quoi m’attendre. C’est une amie qui me l’a prêtée et ce fut une belle découverte.

Résumé : Ibrahim Bentaieb, jeune Belge d’origine marocaine, fiché S, doit réaliser un mémoire de fin de lycée sur un sujet de société. Mais il est en décrochage scolaire et décide de jeter l’éponge, quitte à redoubler. Cependant son professeur veut à tout prix qu’il s’en sorte : « Choisis un sujet qui t’intéresse, peu importe ce que ce sera. » Ibrahim décide alors de consacrer son travail à Jacky, rencontré quelques mois plus tôt lors d’un atelier interécoles ; il venait de Beth-Yaldout, un lycée juif des quartiers chics de Bruxelles.
Geneviève Damas réunit ici avec justesse et émotion deux mondes en apparence irréconciliables. (Babelio)

Mon avis : C’est un roman empreint d’émotion et qui balaie les préjugés. « Là-bas » est toujours évoqué à demi-mots, par les réminiscences et les traumatismes d’Ibrahim. C’est l’histoire d’un adolescent qui a fait une erreur de jugement et qui, de retour de l’enfer, cherche sa place. C’est l’histoire d’une amitié, inattendue, qui va ouvrir une nouvelle perspective à Ibrahim, de nouveaux espoirs.

Si le propos peut paraître simple et naïf, deux jeunes issus de communautés, que certains disent antagonistes, qui nouent une amitié, l’émotion et la sincérité qui teintent le récit le rendent criant de vérité. L’autrice nous y dépeint le cloisonnement que vivent ces deux communautés, l’enfermement que peuvent ressentir certains et l’espoir de chacun de vivre « comme les autres ». 

C’est un roman qui parle de tolérance, d’humanité d’empathie avec des mots simples, sans jamais tomber dans le dramatisme exacerbé, le cliché ou le sensationnalisme. 

Une petite perle que je vous conseille mais dont vous n’en sortirez peut-être pas indemne.

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Exils- Claire Bortolin

Voilà une vraie surprise. Une découverte inattendue. Un récit écrit par la collègue d’une amie et qui m’a totalement embarqué.

Réumé : Exils, c’est l’histoire de rencontres inattendues, de vies qui se croisent durant quelques heures, quelques jours. De chemins qui changent de trajectoires.
De Laura, Dana, Lucas, la petite Nélya, Bernard ou Jaime, lequel va être le plus touché par la rencontre de l’autre ? (Quatrième de couverture)

Mon avis : Un thème d’actualité, une écriture poétique et un récit plein d’émotions. Un vrai petit bijou, j’ai adoré. Je ne peux que vous le conseiller si vous le croisez sur votre chemin. 

Une réflexion sur l(es)’ exil(s), celui choisi qui permet le retour en arrière et celui qui vous oblige à laisser derrière vous une part de vous. Plein d’humanité, d’espoir et de tendresse, le propos n’en est pas pour autant triste. Et puis, il y a l’écriture fluide et poétique, comme une histoire racontée au creux de l’oreille.

Mon premier coup de cœur de cette année.

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Et les vivants autour – Barbara Abel

Ce roman, je ne savais pas trop quoi en attendre. Je savais juste qu’il n’avait pas été trop au goût de l’amie qui me l’a prêté.

Résumé : Voilà quatre ans que l’ombre de Jeanne plane sur eux.
Comme s’ils n’avaient plus le droit de vivre pour de vrai tant qu’elle était morte pour de faux.

Cela fait quatre ans que la vie de la famille Mercier est en suspens. Quatre ans que l’existence de chacun ne tourne plus qu’autour du corps de Jeanne, vingt-neuf ans. Un corps allongé sur un lit d’hôpital, qui ne donne aucun signe de vie, mais qui est néanmoins bien vivant. Les médecins appellent cela un coma, un état d’éveil non répondant et préconisent, depuis plusieurs mois déjà, l’arrêt des soins. C’est pourquoi, lorsque le professeur Goossens convoque les parents et l’époux de Jeanne pour un entretien, tous redoutent ce qu’ils vont entendre. Ils sont pourtant bien loin d’imaginer ce qui les attend. L’impensable est arrivé. Le dilemme auquel ils sont confrontés est totalement insensé et la famille de Jeanne, en apparence si soudée, commence à se déchirer autour du corps de la jeune femme…

Après Je sais pas et Je t’aime, le nouveau thriller de Barbara Abel dissèque à la perfection la psychologie et les émotions en montagnes russes des personnages qui gravitent autour du corps de Jeanne, inerte et si présent à la fois. (Babelio)

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Mon avis : Le début de l’intrigue est assez lent. On plante le décor, on découvre ceux qui gravitent autour de la chambre de Jeanne et de son corps, abandonné. 

Et puis, tout bascule. Un événement inattendu et passablement perturbant, dérangeant se produit. La famille de Jeanne, son père, sa mère, sa sœur et son mari, tous, sont renvoyés à leurs croyances, à leur passé avec celle-ci et à ce qu’il leur reste d’attentes.

Arrive enfin le dernier tiers du roman. Et là, tout explose, le rythme s’accélère, le suspens nous tient en haleine et la mort frappe là où l’on s’y attend le moins.

Ce roman, c’est une plongée dans une histoire familiale, dans ses secrets, dans la noirceur et la complexité de certains sentiments, le déballage de choses pas toujours reluisantes. Rien ne nous sera épargné. 

Un roman dont on sort un peu groggy, remué par son dénouement.

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Monsieur a la migraine – Valérie Cohen

Voilà l’un des titres qui faisaient partie de mon butin annuel de la Foire du Livre et qui avait donné lieu à une petite discussion avec une amie à propos de l’auteure (dont j’avais précédemment beaucoup aimé Le hasard a un goût de cake au chocolat … et dont j’avais complètement zappé le nom).

Résumé : Vous pensiez tout connaître sur le désir féminin ? Anna, Noémie, Lucia et Julie aussi, jusqu’à ce qu’elles rencontrent Patrice Denis, un sexothérapeute aux méthodes originales.

Mariée depuis trente ans, Anna simule le plaisir sexuel et est bien plus attachée à son chien qu’à son acariâtre époux. Noémie, très amoureuse de son compagnon, supporte de plus en plus mal la libido fatiguée de ce dernier. Julie, fraîchement divorcée et mère de quatre enfants, enchaîne les relations sans lendemain tout en espérant trouver l’amour. Quant à Lucia, après avoir quitté Buenos Aires et son amant destructeur, son corps s’est éteint et le plaisir l’a désertée.

Quatre personnalités attachantes, confrontées à la même difficulté de se sentir pleinement Femme.

Leur point commun ? Patrice Denis, architecte du désir. Cet homme organise des soirées de partage sur le désir féminin auxquelles elles s’inscrivent. Cet adepte du développement personnel va les inviter à un voyage tumultueux dans les tréfonds de leur histoire. Entre rires, pleurs et actes symboliques, elles y livreront leurs secrets les plus intimes, leurs ombres et leurs désirs inavouables. (Babelio)

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Mon avis : C’est un moins grand coup de cœur que Le hasard a un goût de cake au chocolat mais il s’est avéré une lecture agréable.

Je crois que ce qui m’a manqué ici c’est un goût de trop peu. J’aurais souhaité suivre un peu plus ces quatre personnages de femmes attachants et si différents, les découvrir un peu plus. J’aurais voulu vivre entièrement, complètement, ces quatre séances à leur côté et non pas récolter ces quelques miettes. Bref, j’en voulais plus !

Reste un roman plein de tendresse, d’émotion et de pudeur. Du feel good donc, et qui se clôt de manière un peu trop « happy end » à mon goût.

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De profundis – Emmanuelle Pirotte

J’avais adoré Today we live, donc, lorsque je me suis aperçue que son auteure dédicaçait le jour-même où nous étions à la Foire du Livre, j’ai jeté mon dévolu sur le seul opus en poche que je n’avais pas encore lu. Un peu dubitative, quand même.

Résumé : Bruxelles, dans un avenir proche. Ebola III a plongé l’Europe dans le chaos : hôpitaux débordés, électricité rationnée, fanatismes exacerbés. Roxanne survit grâce au trafic de médicaments et pense à suivre le mouvement général: s’ôter joyeusement la vie. Mais son ex-mari succombe au virus, lui laissant Stella, une fillette étrange dont elle ne s’est jamais occupée. Quand une bande de pillards assassine sa voisine, Roxane part pour un hameau oublié, où l’attend une ancienne maison de famille. La mère et la fille pourront-elles s’adapter à ce mode de vie ancestral et à cette existence de recluses ?

De profundis est un roman hors norme, une plongée en enfer, doublée d’une fabuleuse histoire d’amour. (Quatrième de couverture)

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Mon avis : Et bien, comme la lecture du résumé le laisse présager, le tableau n’est guère joyeux. Quelques scènes sont même assez violentes; la fin du monde semblant proche, les pulsions des uns et des autres se libèrent.

Ce Bruxelles du futur donne des frisons et pourtant, on se laisse prendre au piège et très vite on souhaite savoir ce que l’avenir réserve à Roxanne. Roxanne, un personnage qui semble froid, un peu antipathique, il faut bien le dire, mais qui se dévoile au fil des pages et auquel on finit par s’attacher. Sa rencontre avec sa fille, Stella, ne semble pas augurer d’une relation mère-fille luxuriante. Mais les liens vont se tisser entre ces deux-là, petit à petit.

L’histoire est prenante, faite des péripéties du voyage et de la vie dans ce hameau dans un monde où tout semble péricliter petit à petit et où le danger plane.

Comme souvent, quand je lis un ouvrage d’un·e auteur·e belge, j’apprécie de retrouver des noms de villes, de rues, de villages qui me sont familiers et que je peux donc visualiser et pas simplement imaginer. Ce fut le cas ici. En plus de cet aspect, on retrouve aussi un peu de cette langue tombée en désuétude, le wallon, qui même si elle ne m’est pas très familière, sonne juste à mes oreilles.

Bref, malgré un léger manque d’enthousiasme en commençant ma lecture, je l’ai achevée totalement séduite, une fois encore, par l’œuvre d’Emmanuelle Pirotte. Je ne peux donc que vous en conseiller vivement la lecture !

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Le hasard a un goût de cake au chocolat – Valérie Cohen

Ce livre, je l’ai dévoré ce weekend. À moins qu’englouti soit le terme adéquat ?

Résumé : Le hasard existe-t-il ? Les coïncidences peuvent-elles avoir un sens ?
Impossible, vous dirait Roxanne. La charmante jeune femme vit aux côtés d’un compagnon peu loquace, d’une mère angoissée et d’une inséparable sœur. Lorsqu’elle reconnaît, sur un marché aux puces, une photographie de son arrière grand-oncle, ses certitudes sont ébranlées. Cette improbable rencontre la bouleverse.
Persuadée que les signes du destin guident ses pas, sa tante Adèle mettra tout en œuvre pour en convaincre sa protégée. Entre simples coïncidences et clins d’œil de l’existence, le quotidien tranquille de la jeune femme vacille…

Un roman plein d’humour et de tendresse sur les synchronicités et les hasards qui n’en sont peut-être pas. Un récit qui fait du bien, au cœur et à l’âme. (Goodreads)

 

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Mon avis : Alors, comme me le disait l’amie qui me l’a mis entre les mains, il ne se passe rien ou du moins pas grand chose. Mais personnellement, ça ne m’a pas dérangée, ni ennuyée.

Dès les premières pages, on est projeté dans un moment troublé de la vie des personnages : la fin de vie d’Adèle et les soubresauts des relations amoureuses de celles qu’elle considère comme ses petites-filles. Alors, avant de les abandonner, elle entend bien leur laisser un peu d’elle, de sa propension à prendre la vie avec légèreté et de chercher des signes dans le quotidien.

On est donc en plein dans une histoire feel good, plutôt légère mais qui, moi, m’a touchée. J’ai aussi beaucoup apprécié la plume de l’auteure. Mais n’en attendez aucun rebondissement, aucun turn over. C’est la vie qui s’écoule, le quotidien qui se déroule sous nos yeux.

À vous de voir si ce genre de lecture vous convient. Mais si c’est le cas, n’hésitez pas à goûter une tranche de ce cake au chocolat.

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