Mi isla – Elísabet Benavent

J’ai craqué sur ce livre audio pour un résumé qui avait l’air intéressant et parce qu’une partie est lue par Miguel Ángel Muñoz. Un livre parfait pour les vacances, j’ai pensé. Et en effet, j’en ai commencé l’écoute lors de mon séjour à Grenade.

Résumé : Maggie vit sur une île et gère une maison d’hôtes. Maggie a un potager et elle se promène toujours pieds nus. Maggie veut oublier pourquoi elle est là; c’est trop douloureux. Maggie a renoncé à l’amour et il est difficile d’en expliquer la raison… jusqu’à ce qu’elle rencontre Alejandro. Et le calme devient tempête de sensations. Et la possibilité, peut-être, de pouvoir tout recommencer de zéro. (Essai de traduction du résumé sur Goodreads)

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Mon avis : Si j’ai légèrement plus apprécié le format audio pour ce livre, il n’en reste pas moins que j’ai été un peu déçue par l’histoire. Trop bluette, un poil prévisible et Maggie que l’on a envie de secouer de temps en temps.

Ça se laisse écouter cependant sans trop de mal. Bref, une histoire plutôt légère à réserver aux séances de bronzage estivales.

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Lorca : Un poeta en Nueva York – Carles Esquembre

On reste dans le thème « Grenade » avec cette bd retraçant le séjour new-yorkais d’un des grenadins les plus célèbres : Federico García Lorca.

Résumé : « Un poète à New-York » fait partie de l’héritage poétique de l’humanité. Cette bande dessinée nous apporte une vision originale du séjour de Federico García Lorca dans cette ville. Nous nous laissons emporter par les passions et les obsessions de l’écrivain grenadin en abordant sa correspondance et les témoignages de ceux qui l’ont suivi dans cette aventure.

Été 1929. À bord du transatlantique Olympic, accompagné de son ami et mentor Don Fernando de los Ríos, le poète  va se retrouver immergé dans une traversée existentielle tumultueuse.

Troublé par le succès de « Complaintes gitanes », il doit affronter le rejet de ses amis Luis Buñuel et Salvador Dalí, ainsi que le poids d’un amour non réciproque avec Emilio Aladrén. Le séjour du poète dans cette ville et dans ce pays, si différents de l’Espagne de ce début de siècle, stimulera de nombreuses manières sa sensibilité.

De Harlem aux recoins les plus sordides de la grande métropole, aux clubs de jazz animés ou à l’énorme foule de Coney Island, Lorca entreverra un monde insolite de paysages humains. De nouvelles promesses teintées de nostalgie pour le Vieux Monde. (Essai de traduction du quatrième de couverture)

 

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Mon avis : Cette bd, c’est ma prof de littérature qui me l’a conseillé à la suite de notre dernier cours sur la Génération de 27. Selon elle, c’est le meilleur travail fait sur cette période concernant Lorca (ou, à tout le moins, sous ce format).

Personnellement, je connaissais assez peu le personnage ou son œuvre avant Grenade. Et c’est la passion de ma prof qui m’a donné l’envie d’acheter cette bd…que j’ai déniché lors de mon dernier jour à Grenade au Centro Federico García Lorca.

La bd, c’est pas un format dont je raffole. Simplement parce que le rapport prix/durée de lecture est assez défavorable mais je me laisse tenter de temps à autre. Et ici, je n’ai pas été déçue. Même si mes connaissances étaient assez limitées, je ne me suis pas sentie perdue dans « l’histoire ». La bd rend compte d’une atmosphère, d’une période de la vie de Lorca, de ses réflexions et de sa sensibilité exacerbée. C’est, effectivement, un très beau travail.

Et ce qui ne gâte rien, pour une novice comme moi, c’est de pouvoir découvrir à la fin de celle-ci quelques-uns de ses poèmes ainsi que des matériaux, notamment des dessins, que Lorca souhaitait voir figurer dans son recueil « Un poète à New-York ».

Je ne sais pas si il existe une version française, mais, en tout cas, c’est un ouvrage dont je vous recommande la lecture.

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Cuando la vida era nuestra (La vie quand elle était à nous) – Marian Izaguirre

Voilà encore un livre qui fait partie de mon butin de décembre, lors de cette virée à Lille avec des amies. Un titre et un quatrième de couverture qui m’ont rapidement séduites.

Résumé : Madrid, 1951. Lola regrette le temps où son existence était peuplée de promesses et d’illusions, de livres et de discussions enflammées, d’amour et de projets pour bâtir une Espagne démocratique. L’espoir de 1936. Il ne lui reste de cette époque qu’une petite librairie dans les ruelles sombres d’un quartier de Madrid. C’est là que Lola fait la connaissance d’Alice, une Anglaise dont elle partage la passion pour la littérature. Intriguée par un livre en vitrine, Alice entraîne Lola dans une lecture singulière et bouleversante de La Fille aux cheveux de lin, l’histoire de Rose, soupçonnée d’être la fille du duc d’Ashford. Lola et Alice l’ignorent encore, mais cette histoire pourrait bien lier leur destin pour toujours… (Fnac)

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Mon avis : Deux destins qui se croisent. Celui de Lola, dont les espoirs et les rêves sont morts avec la fin de la Guerre Civile et celui d’Alice/Rose.

L’auteur nous balade entre des flashbacks dans la vie de Rose, qui sont en fait des chapitres d’un livre « La jeune fille aux cheveux de lin », et la vie actuelle de Rose à Madrid ainsi que de sa rencontre avec Lola et Matias.

Outre ses personnages et le côté historique de ce roman, on y retrouve l’amour des livres et de la lecture. Très vite, jee me suis laissée toucher et emporter par l’histoire de ces trois personnages attachants et j’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture, que je vous conseille donc.

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El corazón helado (Le cœur glacé) – Almudena Grandes

Depuis que j’ai commencé à lire ses Episodios de una guerra interminable, Almudena Grandes fait partie des auteurs que je prends plaisir à lire. Énormément. El corazón helado, même si il ne fait pas partie de ce cycle des Episodios de una guerra interminable, traite lui aussi de ce thème de la guerre civile espagnole. Même si c’est doute un peu moins direct.

Résumé : Le jour de sa mort, Julio Carrión, prestigieux homme d’affaires qui a acquis son pouvoir durant la dictature de Franco, lègue une fortune considérable à ses enfants. Il leur laisse également un passé incertain, caché, chargé de culpabilité, qui remonte à ses années dans la division azul, durant la guerre civile espagnole. À son enterrement, en mars 2005, son fils Álvaro, le seul à ne pas avoir voulu travailler dans les affaires familiales, est étonné par la présence d’une belle jeune femme que personne ne reconnaît et qui fut peut-être la dernière maîtresse de son père. En revanche, Raquel Fernandez Perea, fille et petite-fille de républicains exilés en France, n’a jamais oublié le mystérieux épisode de son enfance, quand, après la mort de Franco, elle avait accompagné son grand-père chez des inconnus qui lui semblaient étrangement liés à l’histoire de sa famille.

Aujourd’hui, le hasard réunit Álvaro Carrión et Raquel Fernández, irrésistiblement attirés l’un par l’autre. Dans une quête passionnante et douloureuse, ils vont découvrir l’influence dramatique d’anciennes histoires familiales sur leurs propres vies.
Le Cœur glacé est un roman magistral qui entraîne le lecteur dans son histoire comme un fleuve déchaîné. (Babelio)

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Mon avis : J’ai adoré ! Et pourtant, j’ai eu beaucoup de mal au début avec la relation naissante entre Álvaro et Raquel, je ne voyais pas ce qu’elle venait faire au milieu des flash back de la guerre civile, de l’exil, de la deuxième guerre mondiale, du retour… Et puis, petit à petit, chaque pièce du puzzle trouve sa place.

C’est une fresque magnifique de l’Espagne du XXe siècle que nous offre là Almudena Grandes. Une histoire, des mots qui résonnent encore moi, alors que j’ai refermé cette brique énorme il y a quelques jours déjà. C’est une plongée dans cette ambiance feutrée de non-dits, de secrets et ces tensions qui ont traversés toutes les familles espagnoles et qui les traversent peut-être encore.

Personne n’est oublié. Ceux qui ont choisi le clan des « gagnants », ceux qui ont choisi de partir et ceux qui sont restés, par défaut. Ceux qui ont été braves, ceux qui ont été lâches, ceux qui ont souffert, ceux qui ont profité des « opportunités ».

Une histoire qui prend aux tripes pour ces visages, ces petites histoires que donne, avec beaucoup de tendresse, Almudena Grandes à cette partie sombre de l’histoire, pas si ancienne, d’Espagne.

À lire, sans aucun doute !

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Un millón de gotas (Toutes les vagues de l’océan) – Víctor del Árbol

J’avais beaucoup aimé « La Tristeza del Samurai » de cet auteur, donc, quand je l’ai aperçu sur un stand de la Foire du Livre, je n’ai pas hésité longtemps. Et franchement, je n’ai pas été déçue, loin de là !

Résumé : Gonzalo Gil reçoit un message qui bouleverse son existence : sa soeur, de qui il est sans nouvelles depuis de nombreuses années, a mis fin à ses jours dans des circonstances tragiques. Et la police la soupçonne d’avoir auparavant assassiné un mafieux russe pour venger la mort de son jeune fils. Ce qui ne semble alors qu’ un sombre règlement de comptes ouvre une voie tortueuse sur les secrets de l’histoire familiale et de la figure mythique du père, nimbée de non-dits et de silences.
Cet homme idéaliste, parti servir la révolution dans la Russie stalinienne, a connu dans l’enfer de Nazino l’incarnation du mal absolu, avec l’implacable Igor, et de l’amour fou avec l’incandescente Irina. La violence des sentiments qui se font jour dans cette maudite “île aux cannibales” marque à jamais le destin des trois protagonistes et celui de leurs descendants. Révolution communiste, guerre civile espagnole, Seconde Guerre mondiale, c’est toujours du côté de la résistance, de la probité, de l’abnégation que ce parangon de vertu, mort à la fleur de l’âge, a traversé le siècle dernier. Sur fond de pression immobilière et de mafia russe, l’enquête qui s’ouvre aujourd’hui à Barcelone rebat les cartes du passé. La chance tant attendue, pour Gonzalo, d’ébranler la statue du commandeur, de connaître l’homme pour pouvoir enfin aimer le père.
Toutes les vagues de l’océan déferlent dans cette admirable fresque d’un xxe siècle dantesque porteur de toutes les utopies et de toutes les abjections humaines. (Babelio)

Mon avis : Comment dire, on est aspiré par l’intrigue, on tente de deviner où le passé finira par rejoindre le présent, quels sont les liens qui unissent, parfois à leur insu, les différents personnages et les secrets plus ou moins bien gardés de leur vie.

Difficile d’en faire un compte-rendu fiable sans dévoiler certains ressorts de l’histoire tant celle-ci est dense. Le puzzle semble immense mais chaque pièce y trouve finalement sa place. Le suspens est parfaitement maîtrisé, les passages un peu gore n’y sont pas du tout présenté gratuitement et toujours dans une certaine retenue, une certaine pudeur.

On s’attache au personnage de Gonzalo, à cette croisade, pas tout à fait la sienne, dans laquelle il s’est lancé. On revit l’histoire, plutôt sombre, de son père et l’auteur nous amène à nous questionner sur la question du bien et du mal, de la nature humaine et de la survie dans des conditions historiques et de vie tout simplement extrêmes. L’horreur n’est jamais loin, elle plane, là, tout près, on la ressent sans jamais vraiment la voir en face.

Et puis, il ne faudrait pas oublier de saluer le travail de recherches de l’auteur : sur l’URSS, la période des purges, des déportations en Sibérie et de ce camp de Nazino, sur les camps de réfugiés espagnols en France après la Guerre Civile, bref sur une bonne tranche de l’histoire contemporaine européenne.

C’est donc un roman très riche à tout point de vue, dont le suspens vous coupera le souffle et qui est magnifiquement écrit. Un vrai coup de cœur que j’ajoute au Summer Challenge 2016 #club lectureMS dans la catégorie « Dolce farniente-un gros pavé (livre de 600-700 pages ou plus) ».

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Lo verdadero es un momento de lo falso – Lucía Etxeberria

Quatrième et dernier livre que j’ai acheté de seconde main à Lialia et encore un chouette moment de lecture ! Pour info, le titre en français est « Sex & Love Addicts« .
Résumé : Madrid. Pumuky, le charismatique leader des Sex & Love Addicts, est découvert une balle en pleine tête. S’agit-il d’un suicide ? d’un meurtre ? Qui l’aurait assasiné ? Une maîtresse jalouse, son meilleur ami, le dealer à qui il devait de l’argent ? Chaque proche de Pumuky – des musiciens glamour aux serveuses anonymes, des ex éplorées aux quadras torrides – donne sa version des faits. Sentimentales, tendancieuses ou elliptiques, neuf visions d’une même histoire. Au fil de ces témoignages, seul le lecteur sera en mesure de déterminer ce qui s’est passé. Ou non. Parce que… le vrai est un moment du faux. (Babelio)
Mon avis : On retrouve Madrid et sa vie nocturne parfois extrême dans les comportements de ceux qui la peuple, des personnages et des lieux croisés dans Cosmofobia, suffisamment pour créer des liens entre les deux pour ceux qui l’ont lu mais pas de quoi gêner la compréhension de ceux qui ne l’aurait pas lu. Tous les ingrédients qui font un bon Etxeberria y sont : la vie, l’amour, les relations qui se tissent entre les gens, le tout sans faux semblant, avec une pincée d’ironie, de mordant et surtout un monde en nuance de gris, où tous sont coupables et victimes.
Un fil particulier de narration, où la narration traditionnelle de la fiction se mêle à ce qui semble être des entretiens avec les différents protagonistes. Différents éclairages sur Pumuky, différentes interprétations parfois d’un même moment, le tout formant un puzzle dont le lecteur se fait sa propre image. Un roman où tout un chacun peut trouver le reflet d’une époque de sa vie, où l’écriture de Lucía Etxeberria nous remue aussi parfois. J’ai d’ailleurs fermé ce roman sur son dernier chapitre, son dernier « témoignage » qui m’a pas mal remuée… Bref, à lire si le style particulier d’Etxeberria ne vous rebute pas !