Nujeen, l’incroyable périple – Nujeen Mustafa avec Christina Lamb

Ça faisait un certain temps que je n’avais pas participé à une opération Masse Critique de Babelio mais j’ai quand même hésité lors de cette édition. Je n’étais pas sûre d’avoir envie de me plonger dans ce genre d’histoire à ce moment précis. Et puis, j’ai quand même cliqué et je n’ai pas été déçue du voyage.

Résumé : À 16 ans, elle a fui la Syrie ravagée par la guerre en fauteuil roulant. Le témoignage exceptionnel et poignant d’une jeune fille qui a choisi la voie de l’espoir.

En 2015, Fergal Keane, journaliste à la BBC, repère dans la foule des migrants une adolescente en fauteuil roulant. Ému et admiratif devant tant de cran, il recueille son témoignage. Aussitôt, les médias et les réseaux sociaux s’enflamment…
Avec la collaboration de Christina Lamb, Nujeen raconte comment elle a trouvé le courage de s’engager dans ce dangereux périple de 6 000 kilomètres, depuis la Syrie jusqu’à l’Allemagne en passant par la Grèce et la Hongrie…

Un récit porté par l’incroyable détermination de Nujeen et le principe auquel elle n’a pas dérogé : ne pas être une victime. (Quatrième de couverture)

Mon avis : Malgré les événements terribles auxquels elle a été confrontée, Nujeen garde l’espoir et sa joie de vivre et nous les transmet tout au long de son récit.

À la fois, carnet de bord de ce périple, journal intime et réflexions sur l’histoire, l’humanité et cette tragédie qui se déroule à la fois sous nos yeux et dans l’ombre, on ne sort pas indemne de cette lecture.

Tout au long de ce récit, on s’attache à Nujeen et sa personnalité pétillante et on est touchés par le recul qu’elle peut avoir sur les événements. Ses remarques sont toujours justes et frappent parfois là où ça fait mal. C’est sans doute la force de ce témoignage : plus qu’un simple récit personnel d’une tragédie, il acquiert une valeur universelle et transforme cette litanie de chiffres qu’on entend aux JT en personnes bien réelles. Tu as sans doute réussi là ce que tu souhaitais, Nujeen, donner à cette tragédie un visage, une réalité.

Une lecture que je vous conseille, donc, et pour laquelle je remercie Babelio et les éditions Harper Collins France.

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Une nuit, Markovitch – Ayelet Gundar-Goshen

Voilà une fois encore une belle découverte grâce aux opérations Masse Critique de Babelio ! Si le résumé plutôt intriguant avait piqué ma curiosité, au fil de ma lecture, j’ai été charmée par l’écriture et le style d’Ayelet Gundar-Goshen.

Résumé : 1939. Zeev Feinberg et Yacoov Markovitch quittent leur petit village de Palestine, direction l’Allemagne, où ils ont pour mission d’épouser de jeunes Juives afin de les sauver des griffes des nazis. De retour chez eux, ils leur redonneront leur liberté en divorçant. Mais si Zeev a bien l’intention de retrouver la femme qu’il aime et son enivrant parfum d’orange, Yacoov, lui, ne tient pas à laisser partir Bella,  » la plus belle femme qu’il ait vue de sa vie « . Cette dernière est pourtant déterminée à s’en séparer… (Babelio)

Mon avis : Les personnages qui peuplent ce roman sont entiers, avec leurs peurs et leurs faiblesses et « vivants » et j’ai tout particulièrement été séduite par le couple formée par Sonia et Zeev qui ne connaissent pas la demi-mesure. Quant à Markovitch, on a parfois l’envie de le secouer, mais cela s’estompe au fil des pages et de l’assurance qu’il va prendre en lui, même si on ne peut pas toujours s’en réjouir.

J’ai à chaque fois retrouvé avec beaucoup de plaisir les pages de ce roman et le style agréable de l’auteur. L’humour et la sincérité, l’absence de faux-semblants et l’amour sont présents entre chacune des lignes. Ayelet Gundar-Goshen parvient à rendre ses personnages tellement vivants qu’on a l’impression de les voir apparaître sous nos yeux et nous raconter leur histoire au creux de l’oreille.

J’ai aussi beaucoup apprécié le contexte historique dans lequel se déroule cette intrigue même si ma curiosité et mon intérêt pour ce thème m’ont fait regretté l’absence d’un contexte plus politique, plus détaillé de certains événements (mais en même temps, ce n’est clairement pas l’objet et l’objectif recherché ici).

Bref, une belle palette de personnages attachants pour une jolie fresque de vie. Merci à Babelio et aux éditions Presse de la Cité.

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Libre d’être femme – Catherine Bensaid

Eh bien, ça fait longtemps qu’on n’a plus parlé livres par ici ! Il faut dire que depuis que j’ai commencé « No logo » de Naomi Klein, le rythme s’est clairement ralenti. Ce n’est pas un livre dont on peut lire cinq minutes par-ci, cinq minutes par-là… Résultat, j’en lis un ou deux chapitres et puis j’alterne avec autre chose. Comme avec ce livre-ci, dernier ouvrage reçu dans le cadre d’un Masse Critique de Babelio.

Résumé : La femme libérée est-elle libre ? Elle s’est battue pour défendre ses droits, contre l’inégalité et l’enfermement subis pendant des siècles. Mais vit-elle aujourd’hui  chaque étape de son existence selon ses aspirations les plus profondes ?

Chaque jour, Catherine Bensaid reçoit en consultation des jeunes filles et des femmes. Et chaque jour, elle fait le même constat : beaucoup sont prisonnières, déchirées entre les attentes dont elles sont l’objet et ce qu’elles désirent. Quel est donc ce poids que nous portons en héritage ? Et comment retrouver notre liberté d’être femme ?

Mêlant les paroles de ses patientes et celles des femmes écrivains à sa propre expérience, l’auteur analyse ce qui entrave nos vies et nous montre comment inventer une existence qui nous ressemble. Libre d’être femme est un livre qui permet de mieux se comprendre et de trouver la force de se révéler à soi-même. Pour s’ouvrir à l’autre, à l’amour, à la vie. (Quatrième de couverture)

Mon avis : Je m’attendais à quelque chose de plus « sociologique », moins personnel, ou peut-être une espèce de guide ou mode d’emploi et j’y ai trouvé tout autre chose. Les premiers chapitres ne résonnant pas particulièrement en moi, je dois avouer avoir été un peu déçue par ceux-ci et puis mon intérêt s’est ravivé.

Catherine Bensaid mêle sa vie, les témoignages d’auteures, plus ou moins autobiographiques, plus ou moins teinté de fiction, et des phrases d’anonymes prononcées en consultation pour nous offrir là une espèce de liste de toutes ces choses, ces liens, ces relations, ces attentes qui nous entravent. Ceux-ci sont regroupés par chapitres et égrenées au fil des étapes de la vie. Par là, elle nous permet de prendre conscience de nos chaînes, et dès lors de pouvoir s’en défaire et d’abandonner aussi, parfois, la culpabilité.

La lecture est agréable, le style donne presque l’impression d’une conversation avec une amie bienveillante et à l’écoute. Cet ouvrage a le mérite d’ouvrir des portes, des possibilités que l’on découvre et à chacune de choisir, construire son chemin en toute conscience.

Si, comme je le disais, les premiers chapitres ont éveillé peu de choses en moi, les suivants ont plus souvent résonné à l’unisson de ce que je pense, ressent ou souhaiterais. Bref, c’est un livre que j’ai pris plaisir à lire et qui est finalement plus qu’intéressant.

Chose que je fais rarement, voire jamais, je vous partage ici un passage qui résonnera, je crois, en beaucoup d’entre nous :

Nous avons du mal à vivre avec ce que nous sommes : nous ne cessons de nous reprocher le régime que nous devrions faire, les exercices que nous remettons au lendemain ou ne faisons pas assez, nos dépenses excessives ou le soin insuffisant que nous portons à notre apparence. Nous nous sentons coupables de ne pas être assez séduisantes, mais aussi de l’être trop et de déranger les bonnes convenances, ou d’éveiller la jalousie.(pp.149-150)

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Une année dans la vie d’une femme – Guillemette de La Borie

Deux Masses Critiques privilégiés de Babelio à quelques jours d’intervalle, ce n’est déjà pas courant. Ça l’est encore moins quand je suis sélectionnée pour les deux. Voici donc le deuxième roman reçu ces dernières semaines.

Résumé : Alia est une Parisienne des beaux quartiers, la cinquantaine, deux grands adolescents déjà embarqués dans la vie, un ex-mari pas trop dérangeant, un cercle d’amies qu’elle retrouve pour un dîner chaque premier lundi du mois, un boulot enthousiasmant, un tempérament optimiste. Que du bonheur.
Son souci, c’est Campniac, la grosse maison périgourdine familiale où personne ne va jamais et qui se dégrade. Pas d’autre solution que de la vendre.
Quand des examens médicaux décèlent chez Alia une grave maladie d’origine génétique, elle éprouve dès lors le besoin de se ressourcer au Périgord. Plus elle y passe de temps, plus elle s’attache à la maison et à la région. Elle se laisse rattraper par ses souvenirs, nombreux, qui rejaillissent. Et Alia comprend bientôt que derrière les murs de la bâtisse, sa famille ne dessine pas les contours qu’elle imaginait… (Babelio)

Mon avis : Si j’ai passé d’agréables moments en compagnie d’Alia, j’ai quand même ressenti un arrière-goût de trop peu…

Tous les ingrédients étant pourtant réunis : l’aube d’une nouvelle vie, d’un recentrage sur l’essentiel, un secret de famille, une vieille maison dans le Périgord à retaper et des liens d’amitié forts. Et pourtant, il m’a manqué de la profondeur, aller plus au fond d’émotions, d’histoires. J’aurais voulu découvrir la vie des personnages secondaires au-delà de la proximité immédiate d’Alia et pas juste quelques éléments glissés de ci de là, qui donnent envie d’en savoir plus, une soif qui ne pourra être comblée.

J’ai aussi trouvé la découpe de l’intrigue en douze chapitres, à l’instar des douze mois de l’année, artificielle et surtout inégale. Artificielle, car j’ai eu, à plusieurs reprises, la sensation que certains événements racontés dans un chapitre, dans un mois, se trouvaient à cheval sur deux mois, voire avaient eu lieu le mois passé. Inégale, parce que les chapitres sont loin d’avoir la même longueur, le plus court compte moins de 10 pages et le plus long, soixante. Et je n’ai pas l’impression que cela soit réellement justifié quand on suit l’évolution de l’intrigue. À moins que cette découpe ne soit calée sur le rythme et l’importance et le contenu des diners-copines, mais alors, je trouve que cela aurait pu être exploité un peu plus.

Cela étant, j’ai quand même passé un agréable moment et j’appréciais de retrouver Alia au creux des pages. Reste que j’aurais voulu en savoir plus, beaucoup plus sur tout un tas de chose…

Bref, une lecture plaisante mais sans plus, pour laquelle je remercie Babelio et les éditions « Presses de la Cité ».

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En attendant Doggo – Mark Mills

Ça faisait longtemps, mais revoila un roman reçu dans le cadre d’une opération Masse Critique de Babelio. Un Masse Critique « privilégié » auquel j’ai répondu sans très bien savoir si ce livre allait me plaire ou non.

Résumé : « Je te quitte. Je te confie le chien. Et surtout ne touche pas à ma petite sœur. »
Tel est en substance le contenu de la lettre que Clara vient de laisser à Dan, mettant fin à quatre années de vie commune. Une claque pour le jeune homme : sans boulot, sans copine, comment maintenir sa vie en équilibre ? Et, surtout, que faire de ce chien dont Clara s’était entichée quelques semaines plus tôt ?
Alors qu’il s’apprête à confier l’affreux toutou, mi-Pékinois, mi-épagneul, aux bons soins de la SPA, Dan est soudain pris d’angoisse lorsque la véto lui propose de le castrer. Hors de question de sacrifier la virilité du pauvre animal ! Dan assumera donc ce nouveau compagnon à poils. Et Doggo a plein d’atouts. À commencer par un immense capital sympathie qui se vérifie dans la nouvelle agence de pub où Dan vient d’être recruté. Doggo devient rapidement la mascotte du bureau. Et séduit même la jolie Edith… Au grand dam de Tristan, l’ambitieux collègue et amant de la belle, bien décidé à étouffer dans l’œuf cette complicité.
Nouveau job, nouvel amour… Et si la tornade Doggo se révélait le plus inattendu des porte-bonheur ? (Babelio)

Mon avis : Eh bien, alors que mes attentes n’étaient pas très élevées, j’ai été positivement surprise par ce roman, que j’ai d’ailleurs terminé en deux jours.

L’intrigue est prenante, pleine d’humour à l’anglaise et la romance, si elle est attendue, n’en est pas pour autant trop mièvre. Le personnage de Dan est plutôt attachant, un mec normal qui, bousculé par la vie, retrouve petit à petit ses marques et reprend sa vie en main. Sans oublier Doggo, personnage à part entière du roman, qui pourrait presque faire craquer une pro-chat comme moi (ce qui ne veut pas dire que je n’aime pas les chiens, mais je les préfère chez les autres).

Bref, une lecture plus qu’agréable dans le style comédie anglaise. Merci à Babelio et aux Éditions Belfont pour cette petite douceur.

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Figurante – Dominique Pascaud

Et voilà le tout dernier ouvrage arrivé dans ma boite aux lettres grâce à Babelio et ses opérations Masse Critique. Parmi les titres que j’avais sélectionné, il faisait partie du top 3, ce fut donc une bonne surprise de le recevoir.

Résumé  : Employée dans un hôtel de province, une jeune fille a le sentiment de ne pas exister. Face à un père qui ne lui parle de rien et des patrons qui la dégoûtent, Louise se réfugie dans ce qu’elle sait faire : servir les petits déjeuners, débarrasser les tables, récurer les chambres.

Pour se sentir un peu vivante, il y a les caresses de Marc et puis, pendant ses pauses, la fumée des cigarettes qui la remplit. Elle n’est pas de ceux qui s’épuisent à rêver leur vie, ou plutôt elle a des rêves modestes, des espoirs de chambres d’hôte, avoir un hôtel à soi près de la colline aux mimosas.

Mais un jour, une équipe de tournage s’installe à l’hôtel. Il se passe enfin quelque chose. Sans savoir pourquoi, Louise va plonger dans un rêve de gloire qui n’était pas le sien et sa vie va s’en trouver bouleversée. (Babelio)

Mon avis : C’est un récit court, une histoire qui se lit vite. L’intrigue en est assez simple et finalement, elle peut résonner en chacun de nous. Qui n’a pas un jour endossé un rêve, un espoir qui n’était pas le sien, poursuivi cette chimère et se rendre compte que, même, si il est à portée de main, il ne nous correspond pas.

C’est ce que Dominique Pascaud nous raconte à travers la voix de Louise et il le fait magnifiquement bien. L’écriture est belle et à la fois simple, le style délicat et ses mots ont souvent résonné en moi.

Un récit dans lequel il est agréable de se plonger et que je ne peux que vous conseiller ce plongeon…

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