Tes dernières volontés – Laura Lippman

Voilà un roman qui était proposé dans les offres de fin d’année K*ndle et je n’ai pas pu résister à l’attrait d’un polar annoncé comme « Meilleur suspens de l’année « (2014 ndlr).

Résumé : Eliza Benedict mène une existence heureuse près de Washington, avec ses deux enfants Izobel et Albie. Pourtant, lorsqu’Albie lui apporte un matin la lettre qu’il vient de trouver sous la porte, elle sait bien qu’elle ne leur a pas tout dit. Car cette lettre lui est adressée par Walter Bowman, un homme qui l’a kidnappée quand elle avait quinze ans, un prédateur qui avait déjà tué au moins une autre femme au moment où il a croisé son chemin. Aujourd’hui condamné pour les meurtres d’autres jeunes filles, il attend son exécution dans une prison de la côte Est. Mais avant de mourir, il a une dernière volonté : revoir Eliza pour lui faire d’ultimes révélations. Ecartelée entre le désir de protéger à tout prix sa nouvelle vie et la volonté de savoir enfin pourquoi elle a été la seule fille que Walter ait relâchée, Eliza va devoir affronter ses souvenirs. Même ceux qui dissimulent peut-être une vérité qu’elle n’aurait jamais voulu connaître… (Babelio)

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Mon avis : La construction est intéressante, on alterne le présent (principalement du point de vue d’Eliza) et ce qu’il s’est passé il y a vingt ans, en alternant les points de vue de Walter et Eliza. Le suspens monte graduellement et puis retombe.

Si l’ouvrage est intéressant pour la place qu’il laisse à la victime, son ressenti, son vécu, les mécanismes de survie, très vite, l’intérêt de l’intrigue s’effiloche jusqu’à disparaître. J’ai tourné la dernière page, l’esprit toujours plein de questions car les fameuses révélations ne se feront pas réellement.

Bref, une lecture un peu décevante au vu des attentes qu’elle avait suscitée chez moi.

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Un millón de gotas (Toutes les vagues de l’océan) – Víctor del Árbol

J’avais beaucoup aimé « La Tristeza del Samurai » de cet auteur, donc, quand je l’ai aperçu sur un stand de la Foire du Livre, je n’ai pas hésité longtemps. Et franchement, je n’ai pas été déçue, loin de là !

Résumé : Gonzalo Gil reçoit un message qui bouleverse son existence : sa soeur, de qui il est sans nouvelles depuis de nombreuses années, a mis fin à ses jours dans des circonstances tragiques. Et la police la soupçonne d’avoir auparavant assassiné un mafieux russe pour venger la mort de son jeune fils. Ce qui ne semble alors qu’ un sombre règlement de comptes ouvre une voie tortueuse sur les secrets de l’histoire familiale et de la figure mythique du père, nimbée de non-dits et de silences.
Cet homme idéaliste, parti servir la révolution dans la Russie stalinienne, a connu dans l’enfer de Nazino l’incarnation du mal absolu, avec l’implacable Igor, et de l’amour fou avec l’incandescente Irina. La violence des sentiments qui se font jour dans cette maudite “île aux cannibales” marque à jamais le destin des trois protagonistes et celui de leurs descendants. Révolution communiste, guerre civile espagnole, Seconde Guerre mondiale, c’est toujours du côté de la résistance, de la probité, de l’abnégation que ce parangon de vertu, mort à la fleur de l’âge, a traversé le siècle dernier. Sur fond de pression immobilière et de mafia russe, l’enquête qui s’ouvre aujourd’hui à Barcelone rebat les cartes du passé. La chance tant attendue, pour Gonzalo, d’ébranler la statue du commandeur, de connaître l’homme pour pouvoir enfin aimer le père.
Toutes les vagues de l’océan déferlent dans cette admirable fresque d’un xxe siècle dantesque porteur de toutes les utopies et de toutes les abjections humaines. (Babelio)

Mon avis : Comment dire, on est aspiré par l’intrigue, on tente de deviner où le passé finira par rejoindre le présent, quels sont les liens qui unissent, parfois à leur insu, les différents personnages et les secrets plus ou moins bien gardés de leur vie.

Difficile d’en faire un compte-rendu fiable sans dévoiler certains ressorts de l’histoire tant celle-ci est dense. Le puzzle semble immense mais chaque pièce y trouve finalement sa place. Le suspens est parfaitement maîtrisé, les passages un peu gore n’y sont pas du tout présenté gratuitement et toujours dans une certaine retenue, une certaine pudeur.

On s’attache au personnage de Gonzalo, à cette croisade, pas tout à fait la sienne, dans laquelle il s’est lancé. On revit l’histoire, plutôt sombre, de son père et l’auteur nous amène à nous questionner sur la question du bien et du mal, de la nature humaine et de la survie dans des conditions historiques et de vie tout simplement extrêmes. L’horreur n’est jamais loin, elle plane, là, tout près, on la ressent sans jamais vraiment la voir en face.

Et puis, il ne faudrait pas oublier de saluer le travail de recherches de l’auteur : sur l’URSS, la période des purges, des déportations en Sibérie et de ce camp de Nazino, sur les camps de réfugiés espagnols en France après la Guerre Civile, bref sur une bonne tranche de l’histoire contemporaine européenne.

C’est donc un roman très riche à tout point de vue, dont le suspens vous coupera le souffle et qui est magnifiquement écrit. Un vrai coup de cœur que j’ajoute au Summer Challenge 2016 #club lectureMS dans la catégorie « Dolce farniente-un gros pavé (livre de 600-700 pages ou plus) ».

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Angor – Franck Thilliez

Encore un livre emprunté les yeux fermés et commencé sans avoir jeter un regard à la quatrième de couverture. Reste que face à ce grand nom du polar, le plaisir était quasi garanti…

Résumé : D’où vient ce cauchemar qui la hante depuis sa greffe du cœur ? Camille, gendarme à Villeneuve-d’Ascq, voit chaque nuit une femme enfermée l’appeler au secours. Un rêve aussi réel qu’un souvenir. Elle n’a dès lors plus qu’une obsession : retrouver l’identité de son donneur.
A une centaine de kilomètres de là, Sharko et Henebelle n’ont guère le temps de pouponner leurs jumeaux : une femme, victime d’une longue séquestration, les yeux presque blancs, dépourvus d’iris, a été découverte… sous un arbre.
Et leur enquête prend un tour plus curieux encore lorsque Franck comprend qu’à chaque nouvelle piste, il est devancé par une jeune femme, gendarme dans le Nord… (Babelio)

Mon avis : Je l’ai dévoré ! C’est mon premier Franck Thilliez et j’ai été particulièrement séduite par son talent à nous emmener dans son histoire mais aussi à y greffer tout un tas d’éléments qui apporte de la profondeur au récit. Ce n’est pas juste un polar, il y a du fond derrière et de la recherche. Il y aborde le thème du don d’organe, tant du point de vue de la famille du donneur, de ce choix qui peut-être difficile, que de l’impact de la greffe sur le receveur. Lié à cela, il nous emmène dans le sombre trafic d’organes international : de l’Argentine sous les dictatures à la guerre des Balkans et aux pays de l’Est actuellement, et va jusqu’à y glisser ce scandale qui a secoué l’Espagne il y a quelques années, celui des bébés volés, tout d’abord pendant la dictature mais qui a duré jusqu’à la fin des années 80.

Bref, c’est très riche mais les pièces du puzzle s’emboîtent parfaitement et l’on va de découvertes en découvertes. Bien que je n’ai pas lu ses précédents romans et que je découvrais donc ses personnages récurrents, je n’ai eu à aucun moment l’impression d’être perdue ou qu’il me manquait des éléments pour comprendre les relations entre ceux-ci. C’est aussi à souligner.

Quant à l’intrigue policière, je me suis laissée embarquer dans la traque, en retenant mon souffle à plusieurs reprises. Suspens et rebondissements parfaitement maîtrisés.

Un polar, et un auteur, que je ne peux que vous recommander !

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