La vuelta al mundo en 80 días

Lors de mon séjour madrilène, mon amie m’avait proposé d’aller au théâtre. Enthousiaste, je lui ai alors confié le choix de la pièce et, les critiques étant bonnes, celui-ci s’est porté sur La vuelta al mundo en 80 días.

Le pitch ? Préparez-vous à effectuer le tour du monde en 80 jours en à peine une heure et demie… et sans sortir du théâtre.

Un road-movie déjanté où cohabitent une princesse indienne en danger, un fumeur d’opium chinois, Jack le plus grand looseur de l’Ouest, l’inspecteur de police le plus nul de toutes les séries allemandes et bien d’autres personnages déjantés. À eux tous, ils forment un cocktail explosif qui a déjà fait rire plus d’un million de spectateurs.

C’est une aventure survoltée dans le plus pur style des Monty Python qui vous emmènera en Égypte, en Inde, en Chine et aux États-Unis. Cinq acteurs comiques et aux multiples facettes, de la compagnie Excentric, interprètent 39 personnages à un rythme à couper le souffle. Le tour du monde en 80…fous rires. (Adapté du résumé proposé par Atrápalo, pour les représentations données au Teatro Muñoz Seca)

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Mon avis ? J’ai trouvé l’univers extrêmement travaillé. Nous sommes arrivées avec un peu d’avance et à peine installées dans la salle, voilà que les acteurs se promenaient déjà sur scène…et dans la salle, discutant avec les spectateurs, posant des questions…, le tout bien dans leurs rôles. À l’entrée, nous avions aussi reçu un petit journal du jour pour entrer, déjà, dans cet univers déjanté.

Belle prouesse que celles de ces cinq acteurs qui changent, parfois très rapidement, de personnage et de costumes. Pas évident non plus d’éviter les fous rires sur scène. À de nombreux moments, on les sentait sur le point de craquer.

Nous avons passé un très bon moment avec cette adaptation un brin loufoque de ce grand classique qui nous plonge en 1872, tout en y mêlant l’actualité et un brin de critique de notre société actuelle.

Si j’en ai vue la version espagnole, ‘ »l’originale », en français, en est déjà à sa dixième saison, notamment à Paris. Bref, si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à aller voir cette pièce, fous rires garantis.

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Constellations

Cette pièce, je suis allée la voir parce qu’une amie, qui l’avait vue l’année passée, me l’avait conseillé. Et je n’ai pas été déçue du voyage.

Le pitch ? Une histoire d’amour, celle de Roland et Marianne. L’un apiculteur, l’autre physicienne… Là, déjà, vous imaginez plusieurs histoires, plusieurs scénarios, n’est-ce pas ? Vous ne croyez pas si bien imaginer !! La réalité parallèle, ça vous dit quelque chose ? Cette idée d’un nombre infini de versions de nous qui existent dans des lignes du temps différentes, hors du principe de l’action linéaire de tous nos actes ? Et bien, « Constellations » c’est ça !! Une histoire d’amour sur plusieurs lignes, plusieurs versions de la vie de ces deux êtres avec leurs moments d’intersections ! Nick Payne, l’auteur de cette pièce primée, nous propose cette aventure avec tendresse, drôlerie, fantaisie et un œil averti sur le genre humain. Et qui mieux que Marie-Paule Kumps et Bernard Cogniaux pour donner rythme et vie à ces personnages ?

Récompensée par le prestigieux Harold Pinter Award, et couronnée meilleure pièce de l’année par le London Evening Standard, «Constellations» a connu un véritable succès public et critique en Angleterre. Un spectacle à la fois léger et grave qui fait la part belle aux mystères de l’univers et qui laisse toute la place au jeu d’acteurs précis de Marie-Paule Kumps et Bernard Cogniaux. (Théâtre de Namur)

Mon avis ? J’ai adoré. Cette pièce tourne déjà depuis trois ans, je l’ai vue pour ma part il y a une dizaine de jours au théâtre Le Public à Bruxelles.

Si le début est un peu surprenant, avec cette espèce de scène qui se répète dans des variations différentes, une fois que le rythme de croisière est atteint, on se laisse emporter par cette histoire, ces histoires. Toutes ces histoires possibles à partir d’un même début. Ou presque.

Beaucoup d’émotions et un brin d’humour. Sans oublier la prouesse des acteurs. À voir sans hésiter si vous en avez l’occasion.

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Le microthéâtre : une belle découverte

Lors de mon séjour à Madrid, j’ai eu l’occasion d’assister à quelques représentations de microthéâtre, un concept plutôt en vogue et qui rencontre pas mal de succès.

Mais, le microthéâtre, c’est quoi ? Une pièce de théâtre de 15 minutes, une dizaine-quinzaine de spectateurs, de un à trois acteurs dans une toute petite salle (une salle de bain, plus ou moins). Bref, on voit les acteurs de très près, on est même parfois invités à participer lorsque la pièce le permet requiert. Ajoutez à cela que sur une période d’une heure et demie-deux heures le(s) acteur(s) (re)joue(nt) la même pièce six fois avec environ dix minutes d’intervalle entre chaque séance et que, en tout cas dans la « salle » où je suis allée, il y a cinq pièces plus ou moins en simultané.

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Il y a plusieurs lieux de microthéâtre à Madrid, du côté de Malasaña, je pense et nous, nous sommes allées au « Microteatro por dinero », du côté de Callao. J’ai eu l’occasion de voir trois pièces dont deux m’ont beaucoup plues mais elles ne sont déjà plus à l’affiche.

La première, Ciudadanos del presente, présente un futur à la Big Brother et c’est vraiment superbement joué.

La deuxième, Cena de vanidades, où, dans les premières à entrer dans la salle, nous avons dû nous asseoir à table, à côté des actrices et prendre part (un tout petit peu) à leur diner.

Franchement, une sortie que je vous recommande vivement… si vous parlez espagnol, bien évidemment.

Adresse :

Microteatro por dinero, Calle Loreto y Chicote 9 (métro Callao ou Gran Vía).

 

Le cri du huard, sur le lac, à la tombée du soir – Philippe Vauchel

Il y a quelques mois, ma Best m’avait parlé d’une pièce de théâtre qui se déroule dans un appart’. Théâtre moderne, concept différent, j’ai dit oui sans chercher à en savoir plus. Et vendredi soir, nous sommes donc aller au « théâtre ».

Ce qu’en dit le Théâtre de Namur :

On n’a pas l’habitude de regarder « chez soi » avec un peu de recul. Ce n’est pas souvent qu’on regarde son petit intérieur avec des jumelles
Dresser la topographie universelle de nos petits intérieurs,de nos coins et nos recoins, de nos petits exils domestiques.
Pourquoi ?
Pour y trouver notre vie seconde.
Pas une seconde vie, non…   La vie seconde.
Celle qui vient après toutes nos premières vies (amoureuses, familiales, professionnelles,…)
Celle qui crie, qui couine, qui brame,…
Qui appelle le Grand Tout, l’Univers, le Cosmos !
Qui dit «éh, les gars ! vous êtes là ? ouh-ouh… y a quelqu’un ? »

De la vacuité des repas entre amis à la solitude du huard, de nos WC refuges à l’axe cosmique de la gravité, de nos organes qui vivent dans le noir au monde vu comme un spéculoos, Philippe Vauchel réouvre les portes de son chez lui, de ses intranquillités, de ses burlesqueries, de ses silences qui vous pincent le cœur et des petits riens de l’existence qui finissent toujours par questionner l’universel.

De et pa
r
Philippe Vauchel Aide à l’écriture et mise en scène Jean-Michel Frère Production Théâtre de Namur /Centre dramatique et Théâtre Le Public

Mon avis : J’ai beaucoup aimé le cadre différent, la « surprise » à l’arrivée (je ne vous en dirais pas plus, pour garder la surprise si, par hasard, vous avez l’occasion de vous y rendre), l’ambiance intimiste et le texte. À mi-chemin entre humour, réflexions sur la vie, à la limite de la philosophie et plein d’émotions. Et puis, la chute finale, qui renverse les perspectives.

Bref, si vous n’avez pas peur de vous frotter aux codes du théâtre mis sans dessus dessous, c’est un spectacle à voir à Namur jusqu’à la fin du mois (apparemment, il reste encore quelques places pour les dernières dates).